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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, March 2017

9 juin 1932 : Karol Szymanowski met un point final à sa Quatrième Symphonie. Une symphonie, vraiment ? Même en l’intitulant Symphonie concertante, et malgré ses trois mouvements, c’est un poème de sons, où le piano est à égalité avec l’orchestre, et la partition la plus radicale de son auteur, qui, à l’égal du Deuxième Concerto pour violon et d’Harnasie, parle un idiome musical acide, en couleurs vives, tout entier formé dans les mélodies populaire des Tatras : jamais Szymanowski n’aura été aussi prêt de Bartók.

Championnée par Rubinstein, qui en a laissé une gravure passionnante mais desservie par un orchestre brouillon, l’œuvre a connu une dizaine de versions au disque dont jamais aucune ne m’a convaincue. Ewa Kupiec y revient—elle en avait laissé en 1999 la meilleure lecture à ce jour, avec les Bamberger Symphoniker et James Judd pour Koch Schwann—et cette fois le chef-d’œuvre s’incarne, sauvage, abrupt, et soudain d’une étrange et désarmante tendresse : écoutez seulement la mélodie de berger qui ouvre l’Andante. Jamais son clavier ne se réduit à la percussion, tout en timbres, et Karl-Heins Steffens lui donne le temps nécessaire pour sculpter et polir l’opus le plus ardu et probablement le plus fragile de Szymanowski : on n’a que le choix pour le trahir, en l’affadissant ou en le brutalisant.

Pour la Symphonie concertante, la messe est dite. Mais tout l’album, cinqième épisode de l’épatante série “Modern Times” conçue par Steffens et sa Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz, est du même niveau : rageuse Ouverture de concert, étonnante translation à l’orchestre du Nocturne et Tarentelle selon Fitelberg (si rarement enregistré d’ailleurs), que domine une lecture évocatrice du cycle de cinq mélodies sur des poèmes de Julian Tuwin, Slopiewnie, un opus trop délaissé qui mériterait de figurer à côté des Altenberg-Lieder de Berg et des Maeterlinck de Zemlinsky. Marisol Montalvo y met un caractère qui me rappelle, de timbres, de fantaisie nostalgique, Cathy Berberian. © 2017 ARTAMAG’





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