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Louis Bilodeau
Avant Scène Opéra, January 2017

Après un premier coffret consacré entre autres à L’Opéra de quat’sous et au Lac d’argent (lire ici), Capriccio complète avec ce second volume sa réédition des enregistrements de Kurt Weill réalisés par Jan Latham-König entre 1984 et 1994. Ardent défenseur du compositeur, le chef britannique a contribué à mieux faire connaître une œuvre protéiforme dont des pans entiers demeurent encore aujourd’hui injustement négligés. Ainsi en est-il de l’opérette Le Maquignonnage (Der Kuhhandel), créée au Savoy Theatre de Londres en 1935 sous le titre A Kingdom for a Cow et qui, en plus de présenter une critique virulente du militarisme, regorge de numéros plus savoureux les uns que les autres. Latham-König s’est intéressé à la version en langue allemande de l’ouvrage, dont il a créé des extraits à Dusseldorf, en 1990. C’est l’écho de ce concert que l’on retrouve ici et qui constitue sans nul doute le principal intérêt de la présente compilation. Alors que le chef manque trop souvent de nerf et de mordant dans ses interprétations de Weill, il est ici galvanisé par une partition jubilatoire où sont convoquées avec bonheur des réminiscences d’Offenbach, Strauss et Lehár. Dès son triomphal et irrésistible chant d’entrée, le général Conchas d’Oskar Hillebrandt entraîne toute la distribution dans une intrigue riche en rebondissements due à l’imagination fertile du librettiste Robert Vambery. Devant la réussite évidente de l’entreprise, on se demande cependant pourquoi Latham-König n’a pas enregistré l’intégrale et a pu supprimer un passage aussi important que la Ballade du pharaon. Pour avoir accès à l’œuvre complète, il faut se tourner vers le DVD enregistré en 2007 au Volksoper de Vienne, sous la direction énergique de Christoph Eberle.

Outre ce Kuhhandel mémorable, on saura gré à Latham-König d’avoir enregistré la seule version disponible à ce jour du Tsar se fait photographier, opéra-bouffe créé à Leipzig en 1927 et dont il offre une lecture un brin trop sage. Si la même remarque s’applique à la comédie Happy End (1929), où l’on retrouve les fameuses chansons de Bilbao et «Surabaya-Johnny», c’est la vision très «grand opéra» de Mahagonny (1930) qui suscite les réserves les plus sérieuses. Sans contester la légitimité d’une telle approche qui peut être préférée à une version plus «cabaret berlinois», il faut reconnaître que le chef édulcore le côté grinçant de l’œuvre en voulant faire à tout prix du beau son et qu’il adopte des tempi d’une lenteur souvent excessive. Wilhelm Brückner-Rüggeberg avait atteint un bien meilleur équilibre en 1956 (CBS), de même que, plus près de nous, James Conlon dans le DVD enregistré à Los Angeles en 2007 (EuroArts). Le choix des chanteurs concourt lui aussi à nous faire nettement préférer les deux autres versions. Face à la Jenny anthologique de Lotte Lenya, créatrice du rôle à Berlin en 1931, ou à celle de la formidable Audra McDonald, Anja Silja ne peut opposer qu’un chant solide mais désincarné et comme étranger à l’univers de Brecht et Weill. La Leokadja Begbick d’Anny Schlemm souffre d’un vibrato effroyable, tandis que le Jim de Wolfgang Neumann a la voix bien fatiguée. De même que le précédent volume, dans lequel L’Opéra de quat’sous représente le maillon faible, ce coffret met d’abord en évidence les talents de défricheur de Latham-König, ce qui est déjà fort appréciable. © 2017 Avant-Scène Opéra





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