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Sébastien Gauthier
ConcertoNet.com, May 2017

Aussi connu pour ses talents de compositeur (signalons entre autres les créations françaises de Con brio ou de Teufel Amor) que de clarinettiste (tant dans des œuvres contemporaines de Mark Andre que dans des «classiques» comme Messiaen), Jörg Widmann (né en 1973) est une figure importante de la scène musicale mondiale. Ce disque allie les diverses cordes à son arc au travers tout d’abord de deux œuvres-phares du répertoire pour clarinette avec le Concerto de Mozart et le Premier Concerto de Weber. Après tant et tant de gravures, peut-on renouveler son approche du célébrissime Concerto K. 622? A ce véritable défi, certains répondront par un jeu classique mais terriblement bien fait où l’orchestre s’allège et le jeu charme du début à la fin: c’est l’optique relativement récente de Patrick Messina sous la baguette de Riccardo Muti. D’autres, et c’est le cas de Widmann en l’espèce, préfèreront revisiter ce discours classique par quelques apports personnels: avouons tout de suite que l’ensemble, bien fait, s’avère néanmoins parfois artificiel et globalement maniéré. Cette affectation s’impose dès les premières interventions de la clarinette, légèrement tenues, avec un goût prononcé pour un léger prolongement des notes et quelque maniérisme dans l’interprétation (le tempo à 6’40, des appogiatures à notre sens inutiles à 11’05…). Widmann développe une technique certes infaillible mais ses pianissimi sont tellement susurrés dans l’Adagio qu’ils confinent au ridicule. En dépit de liaisons à la limite de la faute de goût (à 7’30), le Rondo: Allegro termine cette version, enregistrée en public à la Philharmonie de Berlin, sur une note des plus jubilatoires. Dans le Premier Concerto de Weber, Widmann adopte au contraire un jeu très classique, fort bien fait, où domine là encore un troisième mouvement (de nouveau un Rondo: Allegro) coloré et entraînant. Dans les Trois Danses de l’ombre, Widmann allie ses talents de compositeur et d’interprète. Les atmosphères sont très différentes selon la pièce considérée: le jeu porte dans la première sur les sonorités et sur le souffle (y compris le bruit du souffle dans le corps de l’instrument), dans la deuxième sur les trilles (peut-être s’agit-il d’ailleurs du mouvement le plus réussi, parce que le plus mélodique?), dans le troisième sur les surprises et son caractère iconoclaste, à l’image de la toute fin. Widmann dévoile ici aussi un jeu coloré et impliqué qui fera peut-être la valeur de ce disque, les références habituelles des concertos de Mozart et de Weber n’étant pour leur part guère bouleversées.© 2017 ConcertoNet.com





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