Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

 
Keyword Search
 
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...

Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, September 2020

Nouvelle donne : en 1961, un tournant se prenait à Bayreuth, Wieland laissait le Ring à Wolfgang, Rudolf Kempe imposait son orchestre marmoréen, objectif, presque froid, loin des humanités de Knappertsbuch et de Keiberth et refusant aussi la lumineuse incandescence si futuriste de Clemens Krauss (Pierre Boulez lui ne l’oubliera pas), les équipes changeaient, le règne de Nilsson commençait, Windgassen échangeait Siegfried contre Siegmund.

En 1961, plus encore que durant l’été précédent, c’est l’empreinte de Rudolf Kempe qui s’imprime partout, temps long dès le Rheingold, maîtrise de l’architecture, glacis d’un orchestre par strates ; depuis son Ring de Covent Garden 1957, il avait imposé sa battue imperturbable, mais quelques nouveaux venus le bousculent : la Fricka furibonde de Regina Resnik qui incendie sa scène au Rheingold, la sensualité dorée de la Sieglinde de Crespin (sa plus belle car sa plus libre), le Wotan âpre et noble de Jerome Hines qui ose plus encore qu’en 1960 imposer ses récits libres.

La méthode Kempe parvient à ses fins dans un Götterdämmerung d’une noirceur radicale où le diamant brut de Birgit Nilsson semble épuiser par sa perfection tous les défis de Wagner, mais la Brünnhilde de Walküre est plus insensée encore, et c’est Astrid Varnay qui l’enflamme : il faut l’entendre à l’Acte III face à Jerome Hines : simplement immense d’humanité.

Une merveille dans ce Ring, et qu’il faut saisir ici : dans Siegfried, le Wanderer de James Milligan, baryton-basse canadien, voix sublime, acteur génial. Quelques mois plus tard, son cœur lâchait, nous privant de son Wotan que Bayreuth espérait. © 2020 ARTAMAG'



Ayrton Desimpelaere
Crescendo (France), April 2017

Voilà un coffret qui devrait ravir les passionnés de la musique wagnérienne et plus particulièrement Der Ring des Nibelungen, quatre opéras réunis en un seul grand cycle composés entre 1849 et 1876 : Das Rheingold (L’Or du Rhin), Die Walküre (La Walkyrie), Siegfried et Götterdämmerung (Le Crépuscule des dieux). Ainsi, le label Orfeo a à cœur depuis 2003, en collaboration avec le Festival de Bayreuth, d’éditer quelques productions qui, par l’excellence des distributions, des directions musicales ou encore des mises en scène (bien que non visibles ici), ont marqué les esprits tant des critiques que du public et mélomanes. Pour le présent enregistrement, c’est le Ring donné entre le 26 et le 30 juillet 1961 qu’ont choisi de restaurer, de ce point de vue particulièrement réussi, les différents acteurs de cette réédition. La distribution a aussi de quoi impressionner : Régine Crespin, Jerome Hines, Regina Resnik, Thomas Stewart, Fritz Uhl… le tout dirigé par la baguette aiguisée de Rudolf Kempe. Une prouesse tant technique que musicale que l’Orchester der Bayreuther Festpiele élève au plus haut point, nous poussant par la même occasion à réfléchir sur l’évolution des interprétations et des choix esthétiques. Un Ring captivant qui rend justice au génie wagnérien quoi qu’en ait pu penser la critique à l’époque : « Où est donc passé la magie de Bayreuth ? Si le miracle économique et la curiosité des mélomanes étrangers suffisent encore à remplir la salle, la parte de substance spirituelle et artistique est devenue si manifeste que le scepticisme commence à gagner même les festivaliers les moins initiés. Force est de constater que Bayreuth ne nourrit plus, en l’état actuel des choses, de réflexion conséquente et approfondie sur la problématique wagnérienne ». Pourtant derrière cette phrase amère se dégage à l’écoute un profond respect du style et du genre : un chef qui accompagne soigneusement son équipe, un orchestre tout aussi attentif dont la balance générale aboutie résulte d’une expertise sans précédent, et des voix qui triomphent sur plusieurs aspects essentiels : beauté des timbres, intelligibilité du texte, justesse de ton et dialogue permanent. Un témoignage d’une richesse incontestable qui mérite largement sa place dans une bonne discothèque. © 2017 Crescendo (France )





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group