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Alfred Caron
Avant Scène Opéra, September 2016

Créé en 1850 au Teatro Nuovo de Naples, Don Checco appartient au genre très vivace de l’opéra bouffe napolitain, caractérisé par l’indispensable présence d’un personnage dialectal incarnant l’esprit populaire et de dialogues parlés, largement improvisés, qui sont l’héritage de la commedia dell'arte dont il découle en droite ligne. Ecrit pour Raffaele Casaccia, le dernier descendant d’une longue dynastie de « comico caricato » locale et pour le père duquel Rossini avait composé le Don Pomponio de La gazzetta en 1816, le rôle-titre, un pauvre hère impécunieux, fait son entrée à la fin du premier acte, poursuivi par ses créanciers, tremblant de froid et de peur dans une cavatine balbutiante remarquablement caractérisée. Il sera, suite à un quiproquo, le moteur involontaire d’une intrigue assez sommaire mettant en scène un couple d’amoureux dont le père de la jeune fille, un aubergiste, veut empêcher le mariage ; le dénouement viendra d’un deux ex machina, personnage omniprésent dans l’intrigue mais quasiment muet.

Les influences sont multiples dans cette partition qui fut le plus grand succès de Nicola De Giosa (1819–1885), compositeur né à Bari qui devait finir sa carrière à Naples après être passé comme chef d’orchestre et directeur d’opéra par Venise, Le Caire et Buenos Aires. Celle de Donizetti est patente notamment dans le duo des amoureux—Carletto, tenore di grazia, et Fiorina, soprano lyrique-léger -, mais la cavatine de Bortolaccio—le père aubergiste, basse bouffe au chant syllabique virtuose—rappelle à s’y méprendre le Don Magnifico de La Cenerentola. On perçoit, dans les chœurs d’hommes à l’écriture raffinée, celle du Verdi de Rigoletto, et le livret lui-même évoque largement les grands titres de l’opéra semiseria contemporain. Peu de développements dans cette partition qui, à côté de belles trouvailles mélodiques et d’une orchestration hautement colorée largement basée sur les vents et conférant à l’œuvre sa saveur plébéienne, offre quelques résolutions un peu sommaires, troussées à la va-vite par une cabalette enlevée. En résulte une œuvre brève (1h40) et séduisante mais qui laisse parfois l’auditeur sur sa faim.

Il faut, pour faire vivre ce répertoire, un plateau parfaitement idiomatique et apte à caractériser les personnages. C’est le cas dans cette production du Festival de la Valle d’Itria, où l’on retrouve l’excellent Domenico Colaianni dans le rôle-titre, opposé au truculent Bortolaccio de Carmine Monaco. Le brillant ténor de Francesco Castoro fait un couple crédible avec la Fiorina un rien pincée dans le suraigu de Carolina Lippo. La direction énergique et parfois un peu bruyante de Matteo Beltrami donne une lecture coruscante d’un opéra qui, sans être un absolu chef d’œuvre, possède assez d’originalité pour mériter un détour. © 2016 Avant-Scène Opéra





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