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Album Reviews



 
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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, August 2016

Le temps des pétrisseurs d’ivoire, de ces virtuoses aux mains gigantesques qui ébrouaient leurs claviers semblait résolu,Cziffra,Horowitz en furent les derniers astres.Gleb Ivanov ne l’entend pas de cette oreille, qui se lance avec un chic insensé dans une ébouriffante Soirée de Vienne oùGrünfeld métamorphose les thèmes de La Chauve-souris.

Ce piano tonnant et allègre, cette science d’un clavier plein et volatile, ressuscitent tout un art perdu. Le jeune Russe, fêté d’abord à Paris—l’Auditorium du Louvre l’invita plusieurs fois—puis à New York, signe un premier album audacieux, atypique, confrontant le pur brio de pièces de bravoure ou de transcriptions (leGrieg revu parGinzburg est en soi anthologique) et la musicalité exigeante des Mazurkas Op. 41 deChopin ou de la « petite » Sonate en la majeur deSchubert : son piano s’y fait harpe éolienne. Et quelle merveille que ce rare Notturno deRespighi !

Toucher magnifique, musicalité innée, un sens du style affuté qui lui permet dans quatre Lieder de faire entendre autantSchubert queLiszt—son Erlkönig impérieux rappelle celui deBerman, pas moins—des couleurs maîtrisées par une science de la pédale harmonique surprenant, un art de chanter dans le clavier hérité probablement de son père le barytonVladimir Ivanov, voilà qui suffit pour en faire d’emblée un grand de sa génération. Il faudra le suivre pas à pas. © 2016 ARTAMAG’



Agnès Simon
ResMusica.com, June 2016

Pour son premier disque chez Delos, le pianiste russe Gleb Ivanov choisit le répertoire romantique, particulièrement celui des transcriptions pour piano. Celles-ci sont autant de démonstrations de virtuosité, mais aussi des occasions de lyrisme.

Ivanov commence avec brio par une « Soirée de Vienne », variations pianistiques sur la Chauve-souris de Strauss inventées par le pianiste viennois Alfred Grünfeld (staccatos, attaques efficaces, effets de rubatos à l’appui) et se clôt sur une transcription, par le pianiste russe Ginzburg, d’un extrait de Peer Gynt. Il se place ainsi dans une tradition de figures romantiques et virtuoses du piano (Liszt, Rachmaninov, Ginzburg…), avec talent, mais parfois avec le risque de glisser vers une musique efficace et sans grande profondeur. Son jeu énergique et vivant est très convaincant et convient aussi tout à fait aux Mazurkas de Chopin et aux pièces de Rachmaninov, en particulier l’Humoresque, dont il transmet très bien le caractère fantasque et dynamique.

Le pianiste aime faire ressortir la ligne claire d’une mélodie, avec un lyrisme propice aux transcriptions de Liszt. Ces dernières, loin d’être des réductions, sont plutôt des développements de la partie d’accompagnement pour piano. Die Lorelei est, à cet égard, réussie : Ivanov y fait preuve d’une belle variété de toucher et des intentions (douceur du thème principal, légèreté des passages vifs…). Cependant, dans les lieder de Schubert, il valorise le chant d’une façon qui peut sembler presque démonstrative (Lieberbotschaft), et distingue les plans sonores et les thèmes mélodiques de manière un peu trop dramatique et lourde dans Erlkönig. En revanche, la mélodie sait se faire rêveuse et délicate, comme dans ce très beau nocturne de Respighi, ou dans Mélodie de Rachmaninov, deux pièces relativement rares que nous sommes heureux de trouver ici. Enfin, Ivanov intercale une Sonate de Schubert beaucoup plus limpide que ce qu »un de ses concerts à Paris a pu laisser entendre en 2012.

Remarqué des publics français et américain, Gleb Ivanov a, très jeune, collectionné les prix (Classical Legacy de Moscou, Vladimir Horowitz à Kiev, Yong Concert Artist à New York, notamment). Ce premier disque rassemble le meilleur de lui-même, lyrique, romantique et virtuose. © 2016 ResMusica.com





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