Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

Email Password  
Not a subscriber yet?  
Keyword Search
 in   
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...

Simon Corley
ConcertoNet.com, March 2015

La nouvelle de la disparition, le 8 août dernier à Sydney, de Peter Sculthorpe (1929–2014) est passée complètement inaperçue sous nos latitudes. Il était pourtant incontestablement le compositeur australien le plus important de sa génération, ayant ouvert la voie, dans une vie culturelle alors encore sous forte influence britannique, à une musique à la fois moderne et nationale, enracinée dans la géographie de ce pays-continent au voisinage de l’Asie, dans sa nature à la fois immense et fragile et dans la culture de sa population précoloniale. De fait, bien que formé en partie en Angleterre (par Rubbra et Wellesz), Sculthorpe, très tôt, a placé au cœur de son œuvre les musiques de l’Asie et du Pacifique (gagaku et kabuki japonais, gamelan balinais, rythmes indonésiens, rites aztèques), un regard critique sur l’histoire coloniale, l’exaltation de la nature (jusqu’à l’imitation de chants d’oiseaux)—celle de sa Tasmanie natale comme celle des parcs naturels subtropicaux des Territoires du Nord—et les instruments traditionnels, à commencer par le didgeridoo, sans doute l’un des plus anciens inventés par l’homme. Pratiqué par les Aborigènes, il consiste en une longue colonne de bois dans laquelle le souffle produit une note de base (bourdon) que le joueur peut enrichir de légères variations de hauteur, d’harmoniques, de chants et de bruitages divers, notamment des cris d’animaux. Parmi le corpus de dix-huit Quatuors à cordes que Sculthorpe a commencé à édifier dès l’âge de seize ans, quatre incluent un didgeridoo ad libitum. Pour deux d’entre eux—le Douzième «From Ubirr» (1994/2001), fondé sur la pièce pour orchestre L’Appel de la Terre (1986), et le Quatorzième «Quamby» (2000/2004)—la partie a été ajoutée après coup, tandis que les deux autres—le Seizième (2005/2006), inspiré par des lettres de demandeurs d’asile placés dans des centres de rétention australiens, et l’ultime Dix-huitième (2010), réflexion sur le changement climatique et l’avenir de la planète—ont été d’emblée été conçus à cette fin. Le Quatuor Del Sol (San Francisco), avec Stephen Kent au didgeridoo, les réunit en un double album (pour moitié au format audio Blu-ray) qui a le mérite de compléter l’intégrale des Goldner et les contributions des Brodsky ou des Kronos. Mais il offre aussi et surtout des versions tout à fait fidèles et inspirées de ces pages à la fois éminemment poétiques et tout à fait typiques des thématiques et du style du compositeur, qui, par ses préoccupations écologiques comme par son goût pour la répétition de petites cellules rythmiques alternant avec de longues phrases lyriques, a quelque chose d’un Janáček. © 2015 ConcertoNet.com





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group