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Album Reviews



 
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S├ębastien Foucart
ConcertoNet.com, September 2016

PUCCINI, G.: Rondine (La) (Deutsche Oper Berlin, 2015) (NTSC) DV7010
PUCCINI, G.: Rondine (La) (Deutsche Oper Berlin, 2015) (Blu-ray, HD) DV7011

Rolando Villazón met en scène une Rondine (1917) à son image: sympathique. Cette production très soignée de l’Opéra allemand de Berlin (2015) respecte l’esprit de cet ouvrage à part dans l’œuvre de Puccini, mélodrame évoquant l’opérette viennoise, surtout au deuxième acte. Le ténor le transpose au début des années 1920, dans un décor esthétique et léger, avec de beaux costumes. Malgré la justesse de la caractérisation des personnages, le jeu scénique demeure stéréotypé, ce spectacle de bon aloi se déroulant sans irriter ni passionner. Il comporte son lot d’idées, comme des références picturales, notamment à Magritte, et la présence de figurants masqués qui ressemblent à des mannequins. Dinara Alieva et Charles Castronovo forment un couple parfait, même s’ils se séparent à la fin. Le ténor français compense la puissance limitée de sa voix par un chant élégant et un style orthodoxe. Originaire d’Azerbaïdjan, sa partenaire exploite avec aisance un instrument plus charnu, le chant épousant la psychologie du personnage. De bons chanteurs se chargent des rôles secondaires. Le Prunier un peu trop cabotin d’Alvaro Zambrano manque juste de chair et la Lisette d’Alexandre Hutton de souplesse; impeccable Rambaldo, en revanche, de Stephen Bronk. Sous la direction précise et subtile de Roberto Rizzi Brignoli, l’orchestre restitue beaucoup du charme de cette musique, bien qu’il manque parfois de nerf, surtout au deuxième acte, qui rappelle le café Momus dans La Bohème. © 2016 ConcertoNet.com



Pierre Degott
ResMusica.com, June 2016

Pour sa première mise en scène berlinoise, Rolando Villazón s’attaque à un ouvrage rare de Puccini, La Rondine. L’engagement de tous finit par remporter l’adhésion.

Auteur de mises en scène depuis 2010, le protéiforme Rolando Villazón n’a pas choisi la facilité en se mesurant à un ouvrage pour le moins hybride, souvent présenté comme un impossible croisement entre La Bohème, La Traviata, Le Chevalier à la rose et La Chauve-souris. De fait, le mélange des genres inhérent à cet opéra peu connu de Puccini réussit assez bien au bouillonnant ténor, qui semble n’avoir aucun mal à traiter conjointement les éléments comiques et mélodramatiques d’une œuvre injustement négligée par les grandes maisons d’opéra.

Les idées ne manquent pas, à commencer par le choix plutôt pertinent de situer l’intrigue de l’ouvrage dans le Paris des années 20, en plein milieu du courant surréaliste. Mixité sociale, libertés vestimentaires, mœurs sexuelles, comportements transgenres, postures et attitudes frôlant l’obscénité, tous ces éléments caractérisent un petit monde artistique parisien manifestement en perte de repères et de valeurs. Curieusement, c’est un gigantesque portrait Renaissance qui domine le plateau au premier acte, pour réapparaître en version « Magritte » au troisième. Cette toile emblématique semble à la fois « encadrer » les faits et gestes des uns et des autres, au sens littéral du terme, mais elle se lit aussi comme une véritable mise en abyme de l’action. Tout au long de l’opéra trois personnages privés de visage suivent les allées et venues de Magda, symbolisant sans doute la chimère après laquelle court cette héroïne touchante, mais vue finalement comme étant volage et davantage éprise de liberté que d’amour. Sans être fracassante, la lecture de l’œuvre est cohérente de bout en bout, et elle correspond en tout point aux non-dits et aux sous-textes de l’opéra de Puccini.

Le plateau ne contient aucune faiblesse particulière, les petits rôles étant tous excellemment tenus. En Lisette et en Prunier Alexandra Hutton et Alvaro Zambrano forment un couple tout à fait attachant, au jeu infiniment varié et convaincant même si leur chant n’est pas forcément du meilleur niveau. Élégant d’allure comme de style, Charles Castronovo confirme qu’il est un ténor sur qui il faut désormais compter, car sa voix a su, d’année en année, gagner en volume et en couleurs. En Magda, la jeune Azerbaïdjanaise Dinara Alieva est une véritable révélation. Dotée d’un soprano crémeux à souhait, aux sublimes aigus émis pianissimo comme il se doit, elle se montre également une actrice convaincante et investie, parfaitement à l’aise sur un plateau relativement encombré. Chœurs, orchestre et chef se montrent tous à la hauteur de la situation. © 2016 Resmusica.com





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