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Alfred Caron
Avant Scène Opéra, August 2016

Peu connus en France, les frères Ricci (Luigi et Federico) totalisent ensemble et séparément une cinquantaine d’opéras (seria et buffa) dont Crispino e la Comare, créé en 1850 au Teatro San Benedetto de Venise, est le seul à être passé à la postérité, au moins en Italie où il est encore donné de temps en temps. Le livret de Francesco Maria Piave s’inspire d’une comédie vénitienne de 1825 (Il medico e la morte) et met en scène un pauvre savetier au bord de la ruine qui fait un pacte avec une « commère » (en fait, l’incarnation de la Mort) lui proposant de faire de lui un médecin riche et renommé—en se contentant d’apparaître au chevet des malades promis à la mort… qu’il pourra dans ce cas renoncer à soigner. Le succès montant à la tête du médecin improvisé, la Mort l’entraîne dans son royaume pour le ramener à de meilleurs sentiments. Une fable morale assez naïve, donc, mais teintée d’un climat d’étrangeté morbide qui, mêlée au ton léger de la comédie, confère une certaine originalité à cet opéra, survivance de la tradition bouffe italienne postérieure au Don Pasquale de Donizetti censé y avoir mis un terme. S’il manque quelques ressorts dramatiques à l’histoire, l’œuvre se révèle musicalement d’un bon niveau sans être géniale, utilisant à propos des thèmes populaires et de danse, avec deux ensembles remarquablement réussis et quelques airs qui se gravent dans la mémoire, dont le fameux « Io non son più l’Annetta », passé à la postérité dans le répertoire des sopranos légers et coloratures.

Sans prétention excessive et avec des moyens réduits, la production de Martina Franca 2013 se révèle plutôt fonctionnelle. Elle transpose l’intrigue dans une Venise contemporaine où la Mort, dont chaque apparition se fait avec un grand déploiement de néons, prend des allures de chanteuse de cabaret et sort d’un puits comme la Vérité. Si la charge contre les médecins n’est pas très efficace et si l’intrigue d’arrière-plan—une histoire amoureuse de pupille et de comte qui fait singulièrement penser au Barbier—peine à captiver, c’est que l’ensemble paraît un peu juxtaposé et a du mal à s’imbriquer. Très fiable vocalement, Domenico Colaianni compose avec beaucoup de justesse son personnage de miséreux puis de parvenu avec un timbre de baryton clair et un chant élégant. Si Stefania Bonfadelli—ancien espoir du chant italien—a nettement perdu sa rondeur de timbre, elle forme avec lui un couple bien caractérisé et trouve encore quelques moments de grâce dans ses airs dont les aspects colorature sont encore à sa portée. Au delà de la Comare un peu caricaturale de Romina Boscolo, aux graves grossis mais d’un comique efficace, le meilleur est à trouver dans les petits rôles, notamment les deux médecins, Matteo Olivieri, un jeune baryton très prometteur, et Alessandro Spina dont la basse distinguée s’impose dans le rôle de Mirabolano. Le Contino de Fabrizio Paesano paraît quant à lui encore un peu vert mais son ténor est joliment timbré. Bien dirigée par Jader Bignamini à la tête d’un orchestre inégal, cette production mérite le détour, même si elle ne nous fera pas oublier celle de la Fenice de Venise, mise en scène par Roberto de Simone, dans laquelle nous avions découvert l’œuvre au Théâtre des Champs Elysées (en 1986 !). © 2016 Avant-Scène Opéra





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