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Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, September 2016

Si la figure de Simon Mayr (1763–1845) reste encore méconnue, les efforts conjugués de Naxos (voir le récent disque consacré à son premier opéra Saffo) et de quelques éditeurs audacieux, tel Dynamic, sont à saluer. Témoignant d’une représentation donnée au quarante-et-unième festival de la Vallée d’Itria (Pouilles), le présent enregistrement s’intéresse à l’un des plus grands succès de la carrière de Mayr, sa Médée, créée à Naples en 1813. Un sujet déjà été traité par son contemporain Cherubini en 1797—année où Mayr avait précisément mis en musique un autre livret du Florentin, sa Lodoïska de 1791. Souvent enregistré, Médée à Corinthe annonce Rossini en maints endroits par la vivacité du soutien orchestral et le recours important aux vents, sans pour autant se départir d’une joliesse décorative et souvent naïve. Si l’inspiration mélodique pèche quelque peu, Mayr a pour lui le savoir-faire d’une orchestration raffinée et variée, doublé d’un instinct théâtral qui lui permet d’effleurer le doucereux pour rapidement embrasser des contrastes bienvenus.

Le plateau vocal bénéficie de la présence d’un Michael Spyres toujours insolent d’aisance vocale et admirablement porté sur la compréhension du texte. Mais on est plus encore charmé par la Médée au timbre cuivré de Davinia Rodríguez, impériale dans les graves, parfois en difficulté dans les accélérations aiguës. Il n’en reste pas moins que son interprétation vibrante n’est pas pour rien dans la crédibilité de son personnage. A ses côtés, Roberto Lorenzi (Creonte) impressionne grandement lui aussi par sa diction articulée, fondée sur une projection puissante. Avec sa robe au décolleté plongeant qui ne cache pas grand-chose de ses formes avantageuses, Mihaela Marcu (Creusa) déçoit quelque peu par un timbre ingrat et un vibrato malvenu, tandis que les autres chanteurs s’en sortent correctement.

On passera rapidement sur la mise en scène désuète mais plutôt efficace de Benedetto Sicca, qui s’inspire de David McVicar par l’épure de sa scénographie et ses surprenants costumes antiques modernisés. Les longs drapés des personnages masculins, androgynes et maquillés, rappellent ainsi l’univers visuel développé dans le Satyricon de Fellini. On a là manifestement peu de moyens mais utilisés astucieusement autour des éclairages rouges sombres de Marco Giusti, tandis que Fabio Luisi enflamme la fosse de son attention aux détails, achevant de nous convaincre de la réussite globale de cette production. © 2016 ConcertoNet.com



Alfred Caron
Avant Scène Opéra, August 2016

Plusieurs fois reprise au XXe siècle pour de grandes personnalités vocales comme Leyla Gencer, Jane Eaglen et plus récemment Nadja Michael, la Medea in Corinto de Giovanni Simone Mayr appartient au meilleur de la production du compositeur. Créée en 1813 au San Carlo de Naples par cette compagnie de chant pour laquelle Rossini devait, à partir de 1815, concevoir ses grands opéras seria expérimentaux (Isabella Colbran, Andrea Nozzari, Manuel García, pour ne citer que les plus célèbres), elle offre une étrange physionomie stylistique. Juxtaposition plus que synthèse de deux écoles : celle héritée de l’opéra français, caractérisée par le récitatif orchestré, la construction en scènes et l’importance de la déclamation—pour tout ce qui concerne Médée—et celle de l’opéra seria à numéros, typique de la génération précédente—dès qu’il s’agit des personnages secondaires comme Créüse ou Egée, à qui la partition confie plusieurs airs da capo, assez beaux mais de peu d’intérêt sur le plan dramatique. De façon significative, le livret de Romani réintroduit le personnage du roi d’Athènes, Egée, tout à la fois amoureux déçu de Créüse et allié objectif de Médée, dont l’intervention à la fin de l’opéra apporte une sorte de point de vue moral sur le drame et en réduit la portée tragique. L’œuvre laisse une impression de discontinuité qui entraîne une difficulté à l’unifier théâtralement et à lui trouver un ton.

La production de Martina Franca reste finalement à un niveau assez décoratif et joue la carte d’un exotisme très sophistiqué dans les décors et costumes, accentuant les aspects sinistres de l’histoire par un très beau travail sur les lumières et explicitant en quelque sorte les arrière-plans de l’intrigue par l’omniprésence de danseurs qui tour à tour semblent « doubler » les personnages et évoquer leurs sentiments, ou incarner les enfants de Médée et Jason. Selon les moments, les chorégraphies sont plus ou moins pertinentes et finissent par devenir un peu envahissantes quand elles parasitent l’action au lieu de l’éclairer ou de la renforcer. L’ensemble très élaboré devait sûrement avoir plus d’impact sur place que ce que l’image est capable de restituer.

Forte personnalité, Davinia Rodriguez, malgré un grave artificiel et des sons tubés qui font penser à la Callas des années soixante, incarne le rôle-titre avec toute la puissance, l’âpreté et la pénétration voulues, dans un personnage toutefois moins riche en nuances psychologiques que celui de Cherubini. Autour d’elle la distribution est d’excellent niveau dans des rôles finalement peu caractérisés, mis à part la Creusa de Mihaela Marcu où l’on retrouve la fragilité du personnage équivalent dans l’opéra français. Excellents les deux ténors—le Giasone barytonant de Michael Spyres et l’Egeo plus aigu d’Enea Scala—mais un peu légère la basse de Roberto Lorenzi qui ne confère à Creonte qu’une autorité limitée. Les chœurs tout comme l’Orchestre international d’Italie donnent le meilleur d’eux mêmes sous la direction distinguée de Fabio Luisi, mais l’ensemble n’arrive pas vraiment à hisser la production au dessus de l’anecdote et laisse transparaître les limites d’une œuvre certes intéressante mais essentiellement de transition. © 2016 Avant-Scène Opéra





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