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Alfred Caron
Avant Scène Opéra, August 2016

Seul opéra bouffe composé par Rossini pour Naples, La gazzetta (1816) a connu bien des vicissitudes depuis les débuts de la Rossini-Renaissance. De la première tentative en 2001 dans l’impossible mise en scène de Dario Fo à celle particulièrement réussie de Mario Carniti en 2015, toutes les deux à Pesaro, sa résurrection a demandé quelques ajustements et une approche plus confiante de ses qualités intrinsèques. La production de l’Opéra royal de Wallonie en juin 2014 en a constitué une des étapes car elle fut la première à faire entendre le quintette perdu du premier acte, alors tout juste retrouvé dans les archives du Conservatoire de Palerme. Mais surtout, joyeuse et bon enfant, truffée de gags burlesques bien dosés et gérée avec beaucoup d’intelligence théâtrale, elle réussit à faire de cet opéra au scénario improbable et qui n’est en grande partie qu’un « centone » d’opéras précédents (notamment du Turco in Italia, de La Pietra del paragone et de Torvaldo e Dorliska) une œuvre originale à part entière. Tout juste peut-on regretter une tendance à appuyer sur le burlesque qui frôle parfois une certaine vulgarité. En prenant le livret au premier degré, en installant l’action dans un hôtel de luxe (qui semble dissimuler un hôtel de passe), Stefano Mazzonis de Palafrera justifie pleinement la rencontre de personnages hétéroclites que seul leur genre « branché », suggéré par des costumes extravagants, semble réunir, et crée les conditions d’une intrigue cohérente, susceptible de parler au spectateur. La musique toujours aussi séduisante de Rossini, qu’elle soit nouvelle ou réutilisée, fait le reste.

Sans être absolument idéal, le plateau se révèle d’une belle homogénéité. On y distinguera particulièrement le splendide Alberto d’Edgardo Rocha, ténor que sa virtuosité et sa belle musicalité classent parmi les grands interprètes rossiniens du moment. Cinzia Forte, qui fut de la production par Dario Fo reprise à Barcelone en 2005 (DVD Opus Arte), a certes perdu un peu de fraîcheur vocale mais, malgré un aigu un rien pincé, elle réussit grâce à un bel engagement à convaincre pleinement dans son air parodique de folie du deuxième acte. Dans le difficile rôle dialectal de Don Pomponio qu’il caractérise sans excès d’histrionisme, Enrico Marabelli se révèle un interprète subtil et bien chantant. De même que l’ensemble des rôles secondaires. Sans briller au même niveau, Laurent Kubla et Julie Bailly, deux interprètes maison, ne déméritent pas. Le premier, malgré un certain manque de souplesse, se tire plutôt bien de son difficile air du deuxième acte. L’ensemble, sous la direction efficace de Jan Schultsz, emporte toute réserve sur l’œuvre et sa cohérence et sur les quelques limites du plateau ou d’un orchestre qui n’est pas toujours de la plus grande finesse. © 2016 Avant-Scène Opéra





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