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Album Reviews



 
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Bruno Peeters
Crescendo (France), February 2017

Ce spectacle, enregistré en novembre 2015 à Opera Vlaanderen / Gand, avait fait l’objet d’une critique élogieuse dans nos colonnes, du moins au niveau musical. En voici les DVD, dont on admirera la captation claire et lisible, le bon sous-titrage, mais non l’absence de bonus ni surtout une notice indigente. La mise en scène de Mariame Clément ne nous enthousiasmera pas plus qu’il y a deux ans, et nous persistons à croire que la piste olympique et les costumes de footballeur que revêtent les choristes ne servent ni ne desservent l’intrigue. Le final de l’acte II (ballet se concluant par un tableau vivant kitschissime) s’apprécie peut-être, mais alors au second degré. Seul le premier tableau de l’acte III, relatant l’arrivée des deux chevaliers en vue de délivrer Rinaldo des bras d’Armide, reste heureux : ce décor sylvestre est du plus bel effet, et une douce lumière d’automne éclaire toute cette scène, jusqu’au ravissant choeur des nymphes « Qui tutto è calma », l’intervention sur scène du premier violon de l’orchestre, puis le remarquable trio des trois ténors « In quale aspetto » : voilà au point de vue visuel la plus belle partie du spectacle. Nous l’avions dit, le bonheur musical est grand. Et nous retrouvons avec plaisir les excellents chanteurs retenus pour cette production, à commencer par Carmen Romeu, Armida splendide d’engagement dramatique, et dont l’ampleur vocale force l’admiration. Son interprétation culmine dans la longue scène finale où l’amour fou et la rage se heurtent avec violence dans un coeur bouleversé. La chanteuse espagnole diversifie à la perfection la couleur de sa voix pour épouser toutes les nuances de ses sentiments meurtris, et sa maîtrise de l’écriture vocalisante renforce la tension dramatique : une grande performance ! Son Rinaldo a toutes les qualités : prestance physique, timbre solaire, aigus éclatants. Les deux autres ténors ne pâlissent pas auprès de leur confrère-croisé. Robert McPherson éblouit dans la grande scène de Gernando au premier acte, pour camper un parfait Ubaldo au dernier. De même, Dario Schmunck troque avec un égal bonheur les habits de Goffredo (Godefroid de Bouillon) pour ceux de Carlo (le chevalier danois de Lully et Gluck). Seul baryton de l’opéra, Leonard Bernad interprétait les rôles d’Idraote, oncle d’Armida, et d’Astarotte, le sorcier. Tous étaient non seulement entourés et accompagnés, mais avant tout soulevés par l’ardeur infatigable du vieux maestro Alberto Zedda (89 ans !), grandement applaudi lors des saluts au rideau. Y a-t-il moyen de mieux servir Rossini ? Musicalement non. Signalons que cette production est à l’affiche de l’Opéra de Montpellier du 26 février au 5 mars prochain, avec Karine Deshayes en Armida, le même Enea Scala en Rinaldo, sous la direction de Michele Gamba. © 2017 Crescendo (France)



Jean Cabourg
Avant Scène Opéra, February 2017

Du rôle des rôles conçu par Rossini à l’intention de Colbran et qui grâce à Callas initia la renaissance du compositeur serio, on se doute qu’après June Anderson, Renée Fleming ou la superlative Nelly Miricioiu (en concert), la jeune Carmen Romeu, native de Valencia, a bien du mérite à assumer les périls. A Pesaro en 2014, dans une production spectaculaire de Ronconi, cette séduisante mais inexperte artiste osait relever le défi, non sans essuyer une bruyante réprobation en début de soirée. Ce qu’elle nous offre ici n’est toujours pas à la hauteur des enjeux vocaux de l’ouvrage. Et pourtant le vétéran Zedda est à la proue de l’embarcation, visiblement aux anges devant cette musique qu’il chérit et connaît mieux que personne. On ne lui imputera pas les incertitudes du prélude avec cor naturel, l’ensemble des équilibres dynamiques du discours s’avérant ensuite parfaitement pondéré. Pas davantage ne peut-on lui reprocher les incertitudes d’intonation de son héroïne, ses aigus vilainement pointés ou l’application scolaire de sa coloratura. Le duo “Amor possente nome” pâtit de ses faiblesses, moins cependant que le célèbre “D’amor al dolce impero” dont la vocalisation scabreuse est rédhibitoire. Seule l’ardeur mise à affronter la scène finale réhausse les mérites de cette prestation. De la brochette de ténors modestement dotés émerge le Rinaldo d’Enea Scala, qui semble avoir fait grosse impression à la scène. Il nous semble pourtant que cette voix ample sera mieux en situation dans La Juive à venir qu’au cœur de cette partition dont certes il possède l’aplomb et respecte les abandons, mais sans la luminosité de timbre ni l’incandescence qu’on attend d’un rossinien pur jus.

De mise en scène point, sinon le parti-pris de faire évoluer les Croisés au visage ensanglanté sur un terrain de football, parabole sans doute de nos chevaliers des temps modernes, ici en chaleur devant une poupée gonflable, avant que d’installer le couple d’amoureux sur un canapé fleuri du plus pur kitsch. On allait oublier l’inévitable kalachnikov brandie par Idraote, le vieux musulman, coupable stupidité qui, dans le contexte actuel, paraît encore plus regrettable. Comme trop souvent, deux ou trois idées saugrenues auront tenu lieu de dramaturgie et de direction d’acteurs. Par bonheur reste un chef-d’œuvre d’invention musicale et l’aura du cher Alberto. © 2017 Avant-Scène Opéra





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