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Jean-Christophe Le Toquin
ResMusica.com, August 2013

WEINBERG, M.: Piano Works (Complete), Vol. 1 (Brewster Franzetti) GP603
WEINBERG, M.: Piano Works (Complete), Vol. 2 (Brewster Franzetti) GP607
WEINBERG, M.: Piano Works (Complete), Vol. 3 (Brewster Franzetti) GP610
WEINBERG, M.: Piano Works (Complete), Vol. 4 (Brewster Franzetti) GP611

Mieczyslaw Weinberg disparaît dans l’indifférence en 1996 mais à l’approche du vingtième anniversaire de sa mort, on pourrait presque parler de Weinberg-mania. En quelques mois est ainsi parue la première intégrale de ses quatuors par les Danel (CPO), on a appris que l’intégrale de son œuvre symphonique va être menée à terme par le tandem Naxos-Chandos, et voilà que s’achève la publication en quatre volumes de son intégrale pour piano.

Weinberg était un excellent pianiste, mais sa carrière de compositeur a pris le pas il a finalement écrit relativement peu pour le piano et sur une période limitée, de 1933 (les Deux mazurkas) à 1960 (la Sonate n°6) si l’on s’en met à l’écart les pièces de circonstances de Can-Can dédiée à sa femme et les Deux fugues pour Ludmila Berlinskaïa écrites pour la fille de son ami Valentin Berlinsky à l’occasion d’un examen de composition. En 1960, il a achevé 8 de ses 17 quatuors mais n’a encore composé qu’un seul de ses 8 opéras, et 3 de ses 22 symphonies.

Les quatre heures de musique ainsi proposées frappent d’abord par leur homogénéité en terme de clarté, de sensibilité, où le fond dramatique de la vie de Weinberg, en particulier la fuite de Pologne pour échapper aux nazis et son arrestation en 1953 pour « nationalisme juif bourgeois », ne se devine guère sinon par un surcroît d’inspiration, dans la Partita (1953) et dans les Sonates, en particulier à partir de la Sonate n°3 de 1946. Les Carnets de notes pour enfants et les 21 Pièces faciles ne doivent pas être comprises comme s’adressant aux jeunes pianistes ni mêmes aux débutants, mais plutôt par leur brièveté et leur variété elles sont mieux susceptibles de retenir leur attention… ainsi que celle des adultes. En terme d’intérêt musical, les œuvres les plus substantielles se trouvent dans le volume 4, suivi de près par celles du volume 2 (Partita et Sonate n°4). Les pièces dites « faciles » réunies dans le volume 3 atteignent leur but, et elles complètent la connaissance d’un Weinberg plus accessible. Les œuvres de jeunesse du volume 1 s’apprécieront en fin de parcours, pour embrasser le parcours créateur de Weinberg.

Allison Brewster Franzetti, musicienne dont la carrière confirmée n’a pas encore dépassé les frontières nord-américaines, est saluée outre-Atlantique pour ses interprétations de la musique du XXème siècle, notamment de la Seconde école de Vienne. Elle accomplit avec Weinberg un travail de grande qualité, riche de nombreux inédits dont la superbe Partita. Son jeu équilibré, franc mais délicat, fuit le pathos et ne force jamais le trait, pour mieux rendre évocatrice cette musique claire et sensible. A l’écoute et à la réécoute, les heures passent et l’on se sent à la fois intérieurement plus dense et comme épuré.

Le tout jeune label Grand Piano lancé en 2012 et qui se positionne comme un label « premium » au sein de la galaxie Naxos, commence sa carrière avec une superbe réalisation sur le plan musical et interprétatif. © ResMusica.com




Gilles d’Heyres
ConcertoNet.com, May 2013

La remarquable série consacrée à l’édition intégrale de la musique pour piano de Mieczyslaw Weinberg (1919–1996) par Allison Brewster Franzetti touche à sa fin avec ce disque qui réunit trois Sonates parmi les plus obsédantes et qui donne tout son sens à l’entreprise du label Grand Piano. On s’était enthousiasmé du premier volume—contenant notamment les sculpturales deux premières Sonates dans une exécution de référence. On avait été profondément troublé par l’angoisse sourde de la Partita illuminant le deuxième volume. Et avec le troisième volume, on avait été durablement marqué par l’étonnante vitrine de personnages liés à l’enfance—dans les Carnets de notes pour enfants comme dans les Vingt-et-une Pièces faciles. Ce quatrième volume vient confirmer la richesse et l’importance du legs pianistique de Weinberg.

Il s’ouvre par une interprétation concentrée et impassible de la Troisième Sonate (1946), respirant le drame de l’histoire (fantomatique Allegro tranquillo) et la désespérance de l’homme (l’Adagio—«one of Weinberg’s most stoical musical laments, combining as it does something of the tortuous chromaticism of the second movement of Shostakovich’s Second Piano Sonata with the variation form of that same work’s finale», pour reprendre les termes de David Fanning). Une œuvre qui semble mener jusqu’aux bords de la folie—au fil de la fugue à trois voix du Moderato con moto—et qui fut composée en sept jours seulement!

La Cinquième Sonate (1956), la plus longue des compositions pour le piano de Weinberg—après la Quatrième élaborée l’année d’avant—est également l’une des plus marquantes. La passacaille initiale ne voile aucunement la densité du premier mouvement—Allegro au calme imperturbable mais faussement tranquille. L’Andante semble se faire le reflet d’un cadavre flottant, ses remous légers apparaissant comme des bulles à la surface de l’eau—dissimulant la noyade—alors que l’Allegretto avance lestement de ses rythmes subtils, s’achevant dans un déconcertant accord parfait.

Bien qu’il s’agisse de leur tout premier enregistrement et qu’on apprécie le talent de sa dédicataire (alors encore étudiante), les Deux Fugues pour Ludmila Berlinskaïa (1983) présentent un intérêt moindre. Les deux mouvements de la Sixième Sonate (1960) fascinent, en revanche, par la multiplicité des transformations rythmiques et des obsessions thématiques (notamment dans l’Adagio).

Sur un superbe Fazioli de concert, Allison Brewster Franzetti—une spécialiste des partitions du XXe siècle—s’impose dans ce répertoire qu’elle magnifie par un investissement total comme par un toucher d’une franchise manifeste. La pianiste new-yorkaise trouve le ton juste entre objectivité et engagement, entre lisibilité et violence, entre opulence du son et acuité des contrastes. Son intégrale de la musique pour piano seul de Mieczyslaw Weinberg mérite à coup sûr une large diffusion et—on l’espère—une mise sous coffret. Car, en quatre disques d’un peu plus de quatre heures—intelligemment enrichis par les notices signées David Fanning, l’un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre du compositeur—on tient là l’occasion rare de chasser l’image d’un succédané de Chostakovitch (dont Weinberg fut l’ami) qui colle encore à la peau de cette musique brûlante dont Allison Brewster Franzetti offre aperçu de choix. Une sélection impérative au sein de la pléthorique production d’un artiste au destin tragique à l’image de son siècle—décédé dans le dénuement et l’indifférence, un jour d’hiver à Moscou. © 2013 ConcertoNet.com





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