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Jérémie Bigorie
ConcertoNet.com, May 2017

Née en 1919 et disparue en 2006, Galina Oustvolskaïa précède d’une génération les compositeurs Valentin Silvestrov (né en 1937) et Guia Kantcheli (né en 1935), qui partagent avec elle l’affiche de ce programme centré sur la formation piano et orchestre.

Première pièce jugée digne d’inaugurer son catalogue, le Concerto pour piano, orchestre à cordes et timbales (1946) vit le jour durant la dernière année d’Oustvolskaïa au Conservatoire de Leningrad, mais ne fut publié qu’en 1993 (avec une dédicace au pianiste Alexeï Lubimov). Il peut être tentant de voir en cette musique la marque du régime oppressif qui sévit en Russie durant cette période, mais la compositrice nous met en garde contre toute exégèse abusive et proclame son indépendance: «Je prie tous ceux qui aiment véritablement ma musique de renoncer à une analyse théorique». Et d’ajouter: «Mon œuvre n’a en aucune façon un lien quelconque avec un autre compositeur quel qu’il soit». Le Concerto se compose d’un mouvement unique, solidement ancré dans la tonalité d’ut mineur. Y perce ce qui sera une constante de son écriture pour l’instrument: les dynamiques extrêmes, où la force du poignet et des avant-bras est autant sollicitée que les doigts. Le début draine avec lui son pesant de tragique et de pathos. La cadence du soliste se fond dans les textures chambristes dispensées par les cordes avant un final déclamatoire en ut majeur qui, à l’instar des symphonies de Chostakovitch, dégage une dérangeante ambiguïté.

L’Ukrainien Silvestrov et le Géorgien Kantcheli cultivent quant à eux un style beaucoup plus méditatif, fait de séquences planantes et de motifs répétés à la manière d’une litanie. Ainsi des Quatre Postludes (2004) pour piano et cordes du premier, dont les mélodies délibérément nostalgiques, à la différence de ses vastes symphonies, se coulent dans des durées beaucoup plus ramassées (6 minutes au plus). «Je n’écris pas de la musique nouvelle. Ma musique est une réponse et un écho à ce qui existe déjà», confesse Silvestrov… non sans accents mahlériens. Chacun des quatre mouvements agit comme tapisserie délicate, où se mêlent textures dramatiques et émotionnelles. Nous en voudrait-il d’y entendre des passages que n’aurait pas désavoués Vangelis?

Sio (1998) reprend peu ou prou la même formation que le Concerto d’Oustvolskaïa, mais c’est pour mettre davantage en valeur la musique populaire dans laquelle Kantcheli a puisé son inspiration (cf. la mélodie plaintive liminaire, entonnée sul ponticello par le violon solo). Vers la fin, l’indication «pppp»—déjà dure à respecter—se meut progressivement vers « al niente »; règne alors le silence suprême de la nature.

Si le toucher d’Elisaveta Blumina restitue avec beaucoup de sensibilité les atmosphères ouatées de Kantcheli et Silvestrov (dont la partition est émaillée de «poco rubato»), on l’aurait souhaité plus sanguin dans le Concerto d’Oustvolskaïa, lequel apporte un éclairage non négligeable sur l’éclosion de son génie. Accompagnement impeccable de Thomas Sanderling à la tête de l’Orchestre de chambre de Stuttgart. © 2017 ConcertoNet.com





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