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Album Reviews



 
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Dionys
Inactuelles, musiques singulières, March 2016

Le troisième disque que le pianiste Nicolas Horvath consacre à la musique de Philip Glass est sensationnel. Jamais on n’a joué Glass ainsi, jamais on n’en a débusqué avec un tel bonheur toutes les beautés !

Glassworlds 3 Metamorphosis confirme ce qui était déjà audible—et revendiqué nettement—dans les deux précédents disques : le pianiste explore « un univers dense, profond mais sensible et qui ne demande qu’à être découvert ». Sa démarche, c’est une approche en effet sensible, romantique, celle d’un homme libre qui s’aventure dans les partitions pour en extraire les beautés.

Nicolas Horvath plonge dans la forêt des notes, s’abandonne dans les allées du labyrinthe. Tout est plus mystérieux, plus varié, plus imprévu. On se souvient que Nicolas joue Liszt, on comprend que Nicolas transcende Glass, pour notre plus grand plaisir. Les contrastes sont puissants sans être jamais brutaux ou vulgaires, car l’interprétation reste constamment délicate, attentive, précise. On plonge à nouveau dans les mystères de la vie. Quelle lecture formidable, magistrale !

Inspiré d’un bout à l’autre, Nicolas Horvath nous fait découvrir pour notre plus grand bonheur un autre Philip Glass, plus humain, où la technique n’est plus qu’un chemin vers les grandes sources énigmatiques, mythiques et magiques, de la vie. Que nous réserve Nicolas Horvath pour la suite de ces mondes de Glass ? © 2016 Inactuelles, musiques singulières



Bertrand D
LesVeillesMusicales, February 2016

Si les poules avaient des dents. Si Ponce Pilate ne s’était pas lavé les mains. Si Christophe Colomb n’avait pas découvert l’Amérique. Si la gauche était au pouvoir. Si Elvis était mort…

Autant de potentialités qui tournent dans nos têtes quand nous n’avons rien d’autre à faire. L’uchronie a son charme et elle a produit quelques pièces maîtresses : relisez Le Maître Du Haut Château de Philip K. Dick. Les forces de l’Axe ont gagné la deuxième guerre mondiale et une partie des États-Unis est occupée par les Japonais. Un univers dans lequel un écrivain de science-fiction a écrit un roman où l’Allemagne nazie a perdu la guerre…Tout ceci semble n’avoir aucun rapport avec la sortie récente du troisième volume que le pianiste Nicolas Horvath consacre aux pièces pour piano de Philip Glass. D’abord les cinq Metamorphosis et puis, entre autres et dans le désordre, The Olympian (composé pour la cérémonie d’ouverture des 23èmes Jeux Olympiques d’été), la Trilogy Sonata en trois mouvements (des transcriptions réalisées par Paul Barnes à partir des opéras Einstein On The Beach, Satyagraha et Akhnaten) et la Coda issue de The Late, Great Johnny Ace (conçue comme une conclusion à la chanson de Paul Simon sur les morts du chanteur de rythm and blues Jonny Ace, de John Fitzgerald Kennedy et de John Lennon).

Les fans de Philip Glass y retrouveront ici tous les tics de langage du musicien américain : répétitions, arpèges et polyrythmies. Le plus : Nicolas Horvath traite tout ça comme de la musique de répertoire, avec un jeu quasi-romantique, là où ses premiers interprètes optaient pour une vision plus détachée et métronomique. Mais la gestion du temps, ce pianiste sait ce que ça veut dire : en 2012, il était à l’origine de la version de concert la plus longue à ce jour des Vexations d’Erik Satie, une petite pièce pour piano à répéter 840 fois. Avec Nicolas Horvath, cela dure 35 heures, tout seul au clavier. Avant Martine Aubry, aurait-il fait encore plus long ? Mais ce qui nous rapproche de notre introduction, c’est la pièce finale du disque : du Philip Glass d’avant Philip Glass, une sonatine pour piano de 1959, écrite sous l’influence de son professeur de l’époque, Darius Milhaud. C’était bien difficile à l’époque de prévoir ce qui suivrait. Si Philip Glass avait poursuivi dans cette voie, l’histoire de la musique américaine ne serait pas tout à fait la même. Si LesVeillesMusicales n’existaient pas, vous ne le sauriez peut-être pas. Si Christophe Colomb n’avait pas découvert l’Amérique, Kennedy serait peut-être encore vivant. © 2016 LesVeillesMusicales



Alain Lambert
Musicologie.org, February 2016

Voici donc le 3e disque de Nicolas Horvath consacré à l’intégrale pour piano du compositeur américain. Et déjà un parti pris de ralentir le jeu, pour le morceau titre, quand on compare celui enregistré par le compositeur, hormis le 3e moment, plus rapide ici. Autre différence notable, la lente apparition du 1er moment et la longue disparition du dernier. Mais c’est le rôle de l’interprète de recréer, et de ne pas chercher à reproduire ce qui a déjà été donné à entendre.

Un cédé riche et dense, pour redécouvrir l’œuvre (pour piano) de Philip Glass © 2016 Musicologie.org





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