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Album Reviews



 

MOSOLOV, A.: Piano Works (Complete)


Grand Piano GP703-04

   Diapason, September 2016
   Classica, June 2016

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Bertrand Boissard
Diapason, September 2016

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Michel Fleury
Classica, June 2016

Mossolov fut dans les années 1920 l’un des promoteurs du futurisme russe dédié aux machines et aux usines: rythmes motoristes, dissonances polytonales ou atonales et lignes mélodiques anguleuses transposaient ainsi en musique le climat des lugubres banlieues industrielles. L’attrait du jeune compositeur pour la pénombre se reflète dans la sombre facture d’une écriture mêlant le dernier Scriabine à une pianistique tour à tour massive ou percussive héritée de Moussorgski. Ainsi les Nocturnes sont-ils empreints d’une curieuse poésie urbaine «sur fond d’usines cubistes» à la Fernand Léger. Les sonates cultivent ce style à une plus vaste échelle. Elles déploient il le technique éblouissante dans le sillage de Scriabine, mais avec l’ironie démoniaque d’ un Prokofiev qui se serait adonné au culte de Satan. Des plages statiques, contemplatives et irréelles. aux émanations énigmatiques et envoûtantes comme une drogue, alternent avec des accès de frénésie ou de torrentueux déferlements sur lesquels jouent des reflets contrastés, sombres et maléfiques ou mystérieusement scintillants. Rappelé à l’ordre pour ces audaces contraires au réalisme prolétarien, Mossolov a tempéré ses ardeurs modernistes, les infusant de mélismes empruntés au folklore oriental du Turkménistan. Il se rapproche alors de Khatchatourian, comme dans les évocatrices Nuits turkmètles (1928), hantées de sauvages et frénétiques girations de derviches.

Olga Andryushchenko propose la première véritable intégrale de ces pièces. Elle adjoint aux indispensables doigts d’acier une certaine souplesse lui permettant de traduire ces extrêmes contrastes de tempo et de dynamique. Réussissant l’improbable synthèse de rigueur et de folie prescrite par l’auteur, elle nous initie à ces grandes messes noires de l’ivoire sans toutefois retrouver le délire contagieux de Russudan Khuntsaria (Melodiya), Herbert Henck (ECM) ou Geoffrey Douglas Madge (Dante). © 2016 Classica





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