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Gilles d’Heyres
ConcertoNet.com, May 2013

Autrement plus essentiel est le disque consacré au pianiste hongrois—trop tôt disparu—Géza Anda (1921–1976), dans des œuvres concertantes—un répertoire où il excelle—enregistrées dans les années cinquante avec l’Orchestre symphonique de la Radio de Cologne. Remastérisation d’une bande déjà publiée, le Second Concerto de Brahms avec Otto Klemperer (1885–1973) respire un parfum d’évidence et d’inéluctabilité. Malgré un orchestre assez raide (y compris le violoncelle de l’Andante), Klemperer parvient à y concilier densité et lisibilité—dans les cordes notamment—grâce à des tempos rapides et souples. Quant à Anda, il désépaissit un propos à la fois nerveux et clair, solide mais pas rocailleux—avec une poigne d’un brio sensationnel et une indescriptible capacité à délivrer un message expressif et touchant. Dans la notice, Bryce Morrison souligne ainsi, à juste titre, que «nous sommes aujourd’hui peut-être plus que jamais en quête de musiciens qui se distinguent par leur individualité. Ce terme n’est pas synonyme d’une approche résolument “différente” ou idiosyncratique qui placerait l’artiste au-dessus du compositeur; il s’agit plutôt d’un équilibre subtil entre création et recréation. En ce sens, Géza Anda, dont la mort prématurée priva le monde d’une voix et d’une présence hors du commun, fut toujours fidèle aux partitions, tant dans l’esprit que dans la lettre, mais en ajoutant systématiquement à ses interprétations une touche personnelle».

Le vrai «coup de cœur» de cette parution se niche néanmoins dans un Premier Concerto de Tchaïkovski où Anda fait équipe avec son compatriote Georg Solti (1912–1997). Un enregistrement placardé (sur la couverture de l’album) d’un «electrifying» qui peine à décrire la foudre qui s’abat sur l’auditeur…Dans un son métallique et plutôt opaque (quoique parfaitement homogène) et malgré un orchestre sans grand charme, la baguette vif-argent de Georg Solti—tendue comme un fil de fer—respire à peine mais s’emballe franchement, sans jamais haleter. L’Allegro non troppo e molto maestoso est conçu comme une folle cavalcade—aux déchaînements dignes du Lac des cygnes. Les pas-de-deux de l’Andantino semplice déploient une verve raffinée, alors que l’Allegro con fuoco assume pleinement sa musculature galbée. Au centre de ce ballet symphonique—à l’exaltation électrique et franchement contagieuse—le soliste hongrois s’investit tel le Prince Siegfried, tour à tour gracieux et combattif, viril et tendre, empressé et placide. Du grand piano, capable des emballements les plus soudains (à 7’30 dans le premier mouvement!), de la puissance la plus déchaînée (c’est dans ces moments-là que Solti donne toute la mesure de son génie) comme de la finesse la plus mozartienne. Si délicat à enchaîner à celui qui précède, le passionnant deuxième mouvement dévoile l’absolue concentration d’un pianiste capable de s’investir dans un style subitement très différent—sans rien perdre en vivacité ou en éloquence. Et dans l’Allegretto grazioso, le poignet garde une solidité à toute épreuve: l’investissement épate, la justesse de la sonorité impressionne, les coups de patte assomment. Bref, un témoignage majeur de l’art de Géza Anda comme de celui de Georg Solti. © 2013 ConcertoNet.com





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