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Album Reviews



 
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Sébastien Gauthier
ConcertoNet.com, December 2016

ELGAR, E.: Symphony No. 1 (Berlin Staatskapelle, Barenboim) 00028947893547
ELGAR, E.: Symphony No. 1 / In the South Overture, "Alassio" (Santa Cecilia Academy Orchestra, Pappano) ICAC5138

Ce n’est pas un hasard si Arthur Nikisch qualifia la Première Symphonie d’Edward Elgar (1857–1934) de «Cinquième symphonie de Brahms» tant l’ancrage germanique de celle-ci se fait sentir, tout spécialement dans le magnifique Adagio. L’ayant déjà enregistrée en 1974 à la tête de l’Orchestre philharmonique de Londres, Daniel Barenboim récidive ici, deux ans après la Deuxième, avec son Orchestre de la Staatskapelle de Berlin, confirmant ainsi son goût pour la musique du compositeur anglais dont il a également récemment donné le rare Falstaff.

La vision de Barenboim se caractérise avant tout par une certaine lenteur mais qui ne dépare pas dans le paysage discographique (citons pour mémoire la version en 55’18 dirigée par Giuseppe Sinopoli à la tête de l’Orchestre Philharmonia en 1992, Deutsche Grammophon, ou celle qui dure 55’08 sous la baguette de Sir Colin Davis avec l’Orchestre symphonique de Londres en octobre 2001, LSO Live). Bénéficiant d’un superbe orchestre, opulent à souhait (le dernier mouvement), doté de pupitres irréprochables du point de vue technique (les cors dans le premier mouvement, la dextérité des cordes dans le deuxième à partir de 1’23), Barenboim alterne les climats avec une vraie cohérence, solennel au début du premier mouvement, contemplatif sans jamais être statique dans le troisième. Si l’on aurait parfois pu souhaiter davantage d’implication (le premier mouvement n’étant pas assez haletant à 3’30, là où l’on aimerait peut-être ressentir cette course à l’abîme que certains ont su si bien traduire), on se laisse emporter par la diversité des couleurs de l’orchestre qui font de cette symphonie une œuvre à part entière, loin d’être la mièvrerie que l’on croit parfois entendre à côté de la plus sophistiquée Deuxième Symphonie.

Avec un orchestre également de grande qualité dont il est le chef titulaire depuis 2005, Antonio Pappano livre une version assez différente. Si l’on entend davantage de clarté chez Barenboim (un comble pourrait-on dire tant on a l’image d’un orchestre italien aux couleurs plus pastel que chez une formation germanique), Pappano accentue davantage les richesses d’une partition qui n’en manque pas et qui peuvent facilement tourner aux effets de manche si, comme c’est malheureusement le cas ici, le chef anglais n’a pas de vraie vision de l’œuvre. La cohérence du premier mouvement par exemple lui échappe en partie, celui-ci ayant un peu tendance à se résumer à une (belle) succession d’épisodes assez disparates. Même si l’on se laisse convaincre par les accents quasi mahlériens du premier mouvement (à partir de 15’53!) et surtout par un Lento - Allegro conclusif de toute beauté, cette version nous semble finalement plus banale, encore que le banal à ce niveau soit des plus appréciables… Le grand atout de ce disque est en vérité le complément In the South, ouverture de concert d’une vingtaine de minutes jouée en technicolor: à nous les grands espaces et les vallons verdoyants! En dépit parfois de quelques lourdeurs, Pappano s’y sent visiblement très à l’aise et nous emporte sans difficulté avec lui, l’orchestre y déployant des trésors de musicalité et d’énergie qu’on aurait bien aimé trouver dès la Première Symphonie.

Même si, en l’occurrence, la version Pappano n’a pas à rougir, on lui préfèrera la version Barenboim au sein d’une discographie dominée à notre sens par trois Sir, à savoir respectivement Sir Georg Solti (Decca), Sir John Barbirolli (EMI) et Sir Colin Davis avec la Staatskapelle de Dresde (Hänssler). © 2016 ConcertoNet.com



Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, November 2016

Pour les orchestres anglais, les symphonies d’Elgar sont le pain quotidien, ils les jouent les yeux fermés. Mais ailleurs, les formations symphoniques sont comme vierges lorsqu’elles les découvrent : leurs polyphonies sombres, leurs discours lyriques, leur conception si particulière du temps musical les laissent souvent désarmées. Ce n’est absolument pas le cas de la formation romaine, cet Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia qui avait connu ses heures de gloires sous la direction de Vittorio de Sabata et qu’Antonio Pappano a littéralement réinventé.

Sa longue fréquentation des orchestres anglais et de leur répertoire l’aura poussé à importer au bord du Tibre la Première Symphonie d’Elgar qui n’y avait plus paru depuis des lustres, si subtile dans ses ellipses, où il faut savoir composer des textures orchestrales aussi fuligineuses que celles qu’on voit sous le pinceau de Turner.

Miracle, tout l’orchestre rentre dans ces tableaux sonores, aussi bien dans les gris colorés du premier mouvement que dans les fusées de l’Allegro molto. Même le souvenir du Général Gordon résistant et mourant à Khartoum sous la sauvagerie des Derviches y paraît. Le sommet reste pourtant l’eau trouble de l’Adagio où les cordes sonnent ici inspirées comme seuls Sir John Barbirolli puis Sir Colin Davis avec la Staatskapelle de Dresde ont su les susciter.

In the South a une carrure plus romaine que napolitaine, mais quelle présence ! Je suis bien curieux de savoir ce qu’ils feront du grand numéro d’orchestre qu’est la Seconde Symphonie. © 2016 ARTAMAG’




Pierre-Jean Tribot
Crescendo (France), October 2016

ELGAR, E.: Symphony No. 1 / In the South Overture, “Alassio” (Santa Cecilia Academy Orchestra, Pappano) ICAC5138
SCHUMANN, R.: Symphonies Nos. 2 and 4 (Santa Cecilia Academy Orchestra, Pappano) ICAC5139

Bien qu’enregistré par Warner Classics et Deutsche Grammophon, l’Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia de Rome et son directeur musical Antonio Pappano se lancent, avec le soutien d’ICA Classics, dans l‘aventure d’un label autoproduit ! L’orchestre romain suit ainsi le mouvement des grandes phalanges amorcé, il y a plus de 15 ans, par le London Symphony Orchestra.

Au fil des concerts et des tournées, force est de constater que le tandem entre le maestro Pappano et son orchestre est devenu l’une des associations artistiques majeures de notre époque comme celle entre Mariss Jansons et son orchestre de la Radio Bavaroise. Les performances atteignent un degré exceptionnel de maturité artistique et musicale, portées par une envie de jouer ensemble si rare au concert. Quant à l’orchestre en lui-même, fort d’une très riche histoire, il est l’une des phalanges les plus aiguisées de la scène actuelle.

L’un de ces deux albums est intégralement dédié aux œuvres « italiennes » d’Edward Elgar, car en parties composées sous le soleil de la Péninsule. Captée en concert, en 2012, lors de la saison inaugurale du mandat de directorat d’Antonio Pappano, cette lecture, portée à l’enthousiasme, met en valeur la qualité technique exceptionnelle de la formation symphonique italienne, autant dans ses ensembles que dans ses individualités. Cette nouvelle lecture est une référence incontestable dans la discographie de cette symphonie qui ne cesse d’inspirer les chefs comme en témoignent les gravures récentes de Vassily Petrenko à Liverpool (Onyx), Daniel Barenboïm à Berlin (Decca) ou Sakari Oramo à Stockholm (Bis), l’ouverte In The South, proposée en complément est également arrachée à l’énergie épique par le chef et ses musiciens.

L’album Schumann est également caractérisé par cette communion mutuelle autour du souffle dramaturgique de ces œuvres. Antonio Pappano aime ces œuvres qu’il emmène régulièrement en tournées à travers le monde et auxquelles il injecte une dose de joie et de positivisme. Loin des affres torturées et noires de l’âme romantique, ce Schumann italien, lumineux et quasi-lyrique enivre dans une danse jubilatoire. C’est quelque part inattendu, mais foncièrement convaincant ! © 2016 Crescendo (France)





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