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Album Reviews



 
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Alfred Caron
Avant Scène Opéra, July 2019

GAVEAUX, P.: Léonore, ou L'amour conjugal [Opera] (Opera Lafayette, 2017) (NTSC) 2.110591
GAVEAUX, P.: Léonore, ou L'amour conjugal [Opera] (Opera Lafayette, 2017) (Blu-ray, HD) NBD0085V

On se demande, à l’écoute de cette Léonore ou l’amour conjugal de 1798, l’original de plusieurs remakes (Paer, Mayr et Beethoven), si, au-delà du livret de Bouilly dont celui de sa première Léonore est le fidèle reflet, Beethoven connaissait la partition de Pierre Gaveaux. Certes, le geste musical du ténor du Théâtre Feydeau n’a pas l’ampleur de celui du compositeur allemand. Ses airs nous renvoient encore, du moins ceux de Marceline, de Jacquino et de Roc au premier acte, à l’héritage des airs à couplets de l’opéra-comique d’Ancien Régime. Il y manque le célèbre quatuor et le grand air de Léonore est qualifié de romance mais, au-delà des structures imposées par le livret lui-même, les parentés sont frappantes dans l’inspiration musicale. La grande ouverture en trois mouvements tour à tour dramatique, lyrique et chantante, très évocatrice avec son solo de hautbois, le chœur des prisonniers et son introduction orchestrale, le prélude de la scène de la prison avec son récitatif accompagné, le trio du deuxième acte et le duo des retrouvailles, tout cela dénote dans la construction plus élaborée l’influence de l’opéra préromantique et semble comme une prémonition du chef-d’œuvre beethovenien. Toute la partie légère est pleine de charme et le second acte dramatique réussit à captiver et à émouvoir. Surtout, les deux possèdent une homogénéité qui manque au chef-d’œuvre de Beethoven. Si le finale hésite entre vaudeville moral et chœur de célébration dans le style de l’opéra seria, on ne peut nier au compositeur une agréable veine mélodique, de belles intuitions dramatiques et une science de l’orchestration très accomplie.

La réalisation de l’Opéra Lafayette est modeste en termes de moyens scéniques : le décor et les costumes sont réduits à quelques éléments suggestifs mais, alliés à un joli travail sur la lumière, ils suffisent à donner un cadre suggestif à une action bien conduite. La réussite de l’ensemble doit beaucoup à la direction inspirée et toute en nuances de Ryan Brown. À la tête de son orchestre sur instruments d’époque aux vents et aux bois subtilement colorés, il insuffle beaucoup de vie à cette partition aussi célèbre que méconnue, bien servie par une distribution de chanteurs canadiens francophones d’excellent niveau qui évidemment apportent un soin tout particulier aux dialogues parlés. Sans aller jusqu’à parler de révélation, cette production est un apport important à notre connaissance de l’opéra de la période révolutionnaire et dépasse par ses qualités intrinsèques la simple curiosité musicologique. On s’étonne un peu qu’une telle découverte ait dû nous venir de Washington. © 2019 Avant Scène Opéra




Louis Bilodeau
Classica, June 2019

GAVEAUX, P.: Léonore, ou L’amour conjugal [Opera] (Opera Lafayette, 2017) (NTSC) 2.110591
GAVEAUX, P.: Léonore, ou L’amour conjugal [Opera] (Opera Lafayette, 2017) (Blu-ray, HD) NBD0085V

Passionné de musique française, Ryan Brown a eu cent fois raison de monter cette Léonore, donnée en 1798 au théâtre Feydeau et dont le sujet inspira Fidelio. Plus brève et d’une puissance dramatique évidemment moins torrentielle que le chefd’oeuvre de Beethoven, la partition n’en possède pas moins d’éminentes qualités, fort bien mises en valeur dans cette version. Sous la direction souple et sensible de leur fondateur, les membres de la compagnie offrent une très belle interprétation. On souhaiterait un choeur plus fourni, mais c’est là un péché véniel en regard de la réussite globale et de l’excellent niveau des solistes, à la diction impeccable. Dans le rôle-titre, la soprano Kimy Mc Laren fait entendre une splendide voix d’une grande agilité et parfaitement homogène sur tout le registre. Sa touchante romance « Qu’il m’a fallu depuis deux ans / De courage et de patience ! », précédée d’un solo de cor, est admirable de tenue. Avec des moyens plus modestes, Jean-Michel Richer campe un Florestan émouvant, tandis que Pascale Beaudin est délicieuse en Marceline. Bien que peu sollicités, les autres solistes se coulent avec naturel dans la mise en scène minimaliste mais d’une sobriété efficace d’Oriol Tomas. © 2019 Classica




Emmanuel Dupuy
Diapason, June 2019

On connaissait la Leonora de Paër (révélée par Peter Maag chez Decca), L’amore conjugale deMayr (Christopher Franklin, Naxos), voici désormais la Léonore du Français PierreGaveaux. Tous s’inspirent d’un livret de Jean-Nicolas Bouilly, comme Beethoven un peu plus tard pour son unique ouvrage lyrique (Leonore, devenue Fidelio). Célèbre ténor et compositeur prolifique, c’est Gaveaux qui tira le premier, dans un pays encore bouleversé par la tourmente révolutionnaire : cet opéra comique de formatmodeste (quatre-vingtsminutes) fut créé en 1798. Le cri de liberté qui émane de cette histoire célèbre s’opposait- il à l’absolutisme de l’Ancien régime ou aux excès de la Terreur ? La question reste ouverte…

La compagnie américaine Opera Lafayette, à qui l’on doit cette résurrection, livre un spectacle des plusminimalistes : pour seul décor, une légère structure de bois soutenant des câbles métalliques, qui symbolisent sans doute les barreaux de la prison. Les personnage évoluent en costumes d’époque, et la direction d’acteurs se cantonne à un premier degré qui n’aide guère à susciter l’intérêt.

Car la musique de Gaveaux, il faut bien l’avouer, est d’une platitude à peu près constante, bien loin de l’inspiration dont Paër etMayr feront preuve – et à des années-lumière, évidemment, des abîmes mystiques ouverts par Beethoven. L’ardeur que Ryan Brown communique à son orchestre d’instruments anciens n’y peut rien, pas plus qu’une troupe de chanteurs sans maillon faible (il est vrai que l’écriture vocale ne pose aucun problème particulier) et parfaitement francophone (un atout dans les nombreux dialogues parlés). L’intérêt de cette publication est donc surtout documentaire – elle permettra, accessoirement, demesurer ce qui fait la différence entre le génie et un honnête métier de compositeur. © 2019 Diapason





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