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Simon Corley
ConcertoNet.com, December 2013

Philip Glass (né en 1935), l’aîné de ces trois compositeurs américains, a, pour le moins, commencé par chercher à renouveler le genre—Einstein on the Beach en témoigne éloquemment—même s’il n’a pas craint ensuite de revenir à des formats plus traditionnels. C’est le cas de son vingt-cinquième opéra, The Perfect American, créé en janvier dernier au Théâtre Royal de Madrid (en coproduction avec l’Opéra national anglais)—le vingt-sixième, Spuren der Verirrten (The Lost), sur un livret inspiré de Peter Handke, a déjà été donné, quelques semaines plus tard à Linz, et il travaille actuellement au vingt-septième, sur Le Procès de Kafka.

Structuré en deux actes entourés d’un prologue et d’un épilogue, le livret de Rudolph Wurlitzer (né en 1937) est adapté du roman éponyme (2001)—quoique intitulé Le Roi de l’Amérique dans sa langue originale (allemand)—de Peter Stephan Jungk (né en 1952): ce «roi», cet «Américain parfait» que désigne le titre n’est autre que Walt Disney (1901–1966), mégalomane, bâtisseur d’empire, nationaliste et réactionnaire, passionné de trains, amoureux des animaux plus que des humains mais aussi et peut-être surtout conteur, personnage odieux et déplaisant mais dont la fin de vie finirait presque par attirer une certaine sympathie, quand il appelle son infirmière Blanche-Neige ou quand il se souvient de son enfance à Marceline (Missouri) avec son frère Roy (1893–1971).

Comme dans Hydrogen Jukebox, revoici donc Glass à l’assaut du versant obscur du rêve américain et de ses mythes—Lincoln, automate façon statue du commandeur, mais aussi Warhol font aussi des apparitions furtives. Ne se laissant pas aller excessivement à sa tendance des dix ou vingt dernières années à répéter des accords parfaits mineurs, il ne s’autoparodie pas trop: l’écriture vocale, volontiers lyrique, se teinte même de romantisme. Dans des décors et costumes à la Mad Men de Dan Potra, avec employés de bureau aux manches de lustrine, la mise en scène de Phelim McDermott, s’appuyant sur un savant jeu d’écrans, rideaux, voiles, lumières et vidéos (de Leo Warner), mêle habilement réalité et fiction, présent et passé.

Les deux frères, Walt et Roy, sont fort bien chantés par Christopher Purves et David Pittsinger, mais dans les voix de femmes, plutôt que l’infirmière campée par Janis Kelly, c’est Rosie Lomas qui se révèle dans le rôle (travesti) du jeune Josh, soigné dans la chambre d’hôpital voisine de celle de son idole, le père de Mickey. Dans la fosse, la partition est en d’excellentes mains avec Dennis Russell Davies, créateur—entre autres—d’Akhenaton et familier de longue date de l’œuvre de Glass. © 2013 ConcertoNet.com





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