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Christophe Huss
Le Devoir, December 2014

L’ultime opéra de Britten, sur la nouvelle de Thomas Mann, est gâté, avec le DVD Dynamic du spectacle de Pier-Luigi Pizzi, sublimement esthétisant et plus encore, désormais, ce nouveau tour de force de Deborah Warner, restituant tout son dramatisme. Un DVD pour amateurs expérimentés, mais une grande production qui augmente la portée de l’oeuvre. © 2014 Le Devoir




Olivier Brunel
ConcertoNet.com, June 2014

BRITTEN, B.: Death in Venice (ENO, 2013) (NTSC) OA1130D
BRITTEN, B.: Death in Venice (ENO, 2013) (Blu-ray, HD) OABD7141D

Enfin sorti d’un purgatoire et d’une réputation d’œuvre ennuyeuse, Mort à Venise, dernier opéra de Benjamin Britten, créé à Aldeburgh en 1973, est moins rarement joué et bénéficie de quelques enregistrements vidéo. La version de référence reste la première parue, la production du Glyndebourne Touring Opera de 1989 avec Robert Tear et Michael Chance (Arthaus Musik) que n’a approché du point de vue vocal que celle chantée en 1994 par Philip Langridge et Michael Chance à l’English National Opera (Arthaus). Entretemps sont parues deux versions: une signée Pier Luigi Pizzi (Genève 2000, filmée à Milan en 2008) avec dans le rôle d’Aschenbach l’excellent Marlin Miller, et un film de Tony Palmer réalisé dans le décor naturel de Venise en 1980 avec Robert Gard (Aschenbach), John Shirley-Quirk (rôles de baryton), James Bowman (Apollon). On peut regretter que l’incarnation de Ian Bostridge dans la production qui nous intéresse n’ait pas été filmée mais il était jeune pour le rôle qu’il reprendra peut être, comme l’est aussi John Graham-Hall qui lui succède. Sur toutes ces versions, plane l’ombre du créateur Peter Pears, malheureusement jamais filmé mais audible dans l’enregistrement de studio princeps de 1974 (Decca) avec James Bowman et John Shirley-Quirk, dirigé par Steuart Bedford, le compositeur étant trop malade pour le faire lui-même comme pour les autres premières au disque de ses opéras.

Au moment de sa composition, Peter Pears écrivait «Ben is writing an evil opera, and it’s killing him». On peut imaginer que Deborah Warner, qui a réalisé en 2007 cette coproduction pour l’English National Opera et le Théâtre royal de La Monnaie de Bruxelles, filmée à Londres en 2013, avait cette phrase en tête. Si son Lido minimaliste en blanc et bleu avec un magnifique soleil couchant pour illuminer les scènes finales est un cadre plutôt séduisant (décors ingénieux coulissants et aériens de Tom Pye et éclairages très poétiques de Jean Kalman), la direction d’acteurs telle que la filme Ross MacGibbon, montre avec une précision assez terrifiante la lente décomposition mentale d’Aschenbach sous l’influence du spectre de la beauté. La rivalité entre Apollon et Dionysos apparaît aussi brutale qu’une lutte entre ange et démon et l’univers mercantile de Venise est montré cruauté.

On a vu débuter en 1985 à Glyndebourne le ténor britannique John Graham-Hall dans le rôle d’Albert Herring et suivi avec beaucoup d’intérêt son itinéraire dans l’œuvre de Britten; très acclamé pour ses récentes incarnations de Grimes et Aschenbach à la Scala, il n’est pourtant pas vocalement le plus séduisant des ténors britténiens. Mais sa présence scénique et un jeu très intériorisé en font un formidable interprète du rôle de l’écrivain Gustav von Aschenbach, dont il campe avec beaucoup de dignité la décomposition physique et mentale. Avec beaucoup de finesse et de diversité, le baryton Andrew Shore réussit un magnifique parcours dans les sept rôles qui incarnent symboliquement la Mort rodant autour d’Aschenbach. Magnifique Tim Mead dans le rôle très ambigu vocalement d’Apollon. Silhouettes exemplaires de l’entourage de Tadzio. Mais, concernant ce dernier, on a plus l’impression que Sam Zaldivar est un comédien qui excelle en gymnastique qu’un danseur comme le veut le rôle. Et si peu séducteur ni narcissique…A tout prendre, et compte tenu de la clarté de la chorégraphie de Kim Brandstrup, Marcio Teixeira, qui joue Jaschiu, son ami, aurait d’avantage convenu pour danser le rôle.

La direction d’orchestre d’Edward Gardner (English National Opera) est parfaite de clarté et transparence, mais moins incisive instrumentalement que celle de l’enregistrement princeps et même que celle de Graeme Jenkins dans la vidéo de Glyndebourne. Une excellente version cependant qui rejoint en intérêt, sauf pour le rôle-titre pour lequel Robert Tear est de santé vocale supérieurement séduisante, plus intense, plus mature et intellectuel, et pour celui d’Apollon dans lequel Michael Chance est vocalement éclatant de beauté, la version de Glyndebourne de 1989 malgré son austérité un peu trop appuyée. Ajoutons, concernant l’interprétation du rôle d’Aschenbach, que Pears reste inapprochable malgré et certainement en raison d’une certaine fragilité vocale qui confère à son personnage une ambivalence idéale. © 2014 ConcertoNet.com





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