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Olivier Brunel
ConcertoNet.com, September 2015

HOLMES, A.-M.: Corsaire (Le) (English National Ballet, 2014) (NTSC) OA1147D
HOLMES, A.-M.: Corsaire (Le) (English National Ballet, 2014) (Blu-ray, HD) OABD7153D

On assiste à une véritable renaissance sur les scènes occidentales du Corsaire ballet à grand spectacle créé en 1856 à l’Opéra de Paris, alors Théâtre Imperial, qui, ayant délaissé le répertoire des compagnies occidentales, était réduit à son Pas de deux, immortalisé à jamais par Rudolf Noureev et Margot Fonteyn, exercice obligé de tous les concours et galas de danse classique.

On a salué ici la sortie du DVD de la chorégraphie qu’en avait réalisé en 2013 le chorégraphe et danseur étoile du Ballet de l’Opéra de Paris Kader Belarbi, alors nouvellement nommé à la tête du Ballet du Capitole de Toulouse. Elle a le mérite de simplifier, clarifier, dépoussiérer une action passablement embrouillée, avec l’aide du chef d’orchestre britannique David Coleman, spécialisé dans le ballet, à qui Belarbi avait commandé une nouvelle partition.

Le Corsaire de l’English National Ballet que publie le même éditeur Opus Arte revient au contraire aux sources de l’original. Anna-Marie Holmes, qui en signe chorégraphie et mise en scène, revendique comme influence autant la version de Marius Petipa que celles qu’elle a réalisées pour les compagnies américaines Boston Ballet (1997) et American Ballet Theater (1998), elles-mêmes inspirées de la chorégraphie de Constantin Sergeïev (1974) pour la troupe du Kirov. L’ensemble peut paraître un peu long et la fin un peu abrupte mais contient de grands moments. Le célèbre Pas de deux est ici remplacé par un Pas de trois beaucoup plus élaboré. L’ensemble est très théâtral et a parfois des réminiscences de cinéma muet.

L’English National Ballet est une troupe itinérante dont la direction artistique a été reprise en 2012 par la danseuse espagnole du Royal Ballet Tamara Rojo qui, succédant à Wayne Eagling, a voulu refondre complètement son répertoire. Elle a pour cela engagé de nouveaux solistes de premier plan, bénéficiant de l’éviction dans des circonstances pas très glorieuses du Royal Ballet de l’étoile roumaine Alina Cojocaru. Les décors et costumes signés par Bob Ringwood, célèbre décorateur américain de théâtre et de films (notamment Batman, Alien 3, Star Trek, Nemesis et Troy), revendiquent leur influence tant de l’orientalisme du XIXe siècle que de Hollywood. Ils sont très réussis et assurent au ballet son caractère spectaculaire.

Partout où il a été présenté, ce Corsaire a remporté un triomphe. La chorégraphie est parfaitement réglée, la compagnie magnifique autant dans son corps que par les multiples seconds rôles et silhouettes qui le composent. Le film a été réalisé en janvier 2014 lors des représentations au London Coliseum. La distribution était celle d’origine avec dans les deux rôles principaux de Medora et Conrad, Alina Cojocaru et le Russe Vadim Muntagirov. Très bien appariés, ils sont exemplaires techniquement, d’élégance et pour la crédibilité de leurs personnages. Le rôle de Birbanto, perfide second de Conrad, est tenu par le jeune Yonah Acosta, très alerte et bon comédien même si sa pantomime est parfois un peu triviale. Le rôle du Pacha, cocasse dans ses rêves d’opium, est parfaitement tenu par Michael Coleman tout comme celui de Lankendem, le marchand d’esclaves, par Dmitri Gruzdyev. Superbe aussi les danseuses du trio d’odalisques Shiori Kase, Alison Mc Whinney et Lauretta Summerscales. Gavin Sutherland dirige avec beaucoup de subtilité cette partition patchwork qui combine la musique de pas moins de neuf compositeurs.

Une version de référence qui comble un vide dans la vidéographie de ce fascinant ballet. © 2015 ConcertoNet.com





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