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Olivier Brunel
ConcertoNet.com, May 2015

TALBOT, J.: Winter's Tale (The) (Royal Ballet, 2014) (Special Edition) (NTSC) OA1159SE
TALBOT, J.: Winter's Tale (The) (Royal Ballet, 2014) (Blu-ray, HD) OABD7157D

Autant que pour les compositeurs de théâtre lyrique, l’inépuisable vivier des pièces de William Shakespeare est une grande source d’inspiration pour les chorégraphes. Leur dramaturgie impeccable, la force de leurs personnages et la qualité littéraire en font un substrat idéal. Le Conte d’hiver ne fait pas exception, qui mêle avec une science quasi alchimique tragédie, comédie, pastorale et romance, joue avec temps et espace et se joue de la vraisemblance. Ce triomphe de l’imagination—«The Winter’s Tale is yin and yang» selon Christopher Wheeldon (qui a signé la chorégraphie d’Un Américain à Paris cette année au Châtelet, pour laquelle il est nommé douze fois aux Tony Awards)—lui a inspiré, quinze ans après Polyphonia, son premier succès dans la foulée de ses Aventures d’Alice au pays des merveilles créées par le Royal Ballet en 2011, une autre réussite incontestable. Pour Le Conte d’hiver, qui, sauf erreur, n’avait inspiré auparavant aucun chorégraphe, il a fait appel à la même équipe: Joby Talbot pour la musique, Bob Crowley pour la partie décorative et Natasha Katz pour les éclairages.

La présente publication témoigne de la création du ballet, coproduit avec le Ballet national du Canada. Esthétiquement, c’est un ravissement avec de magnifiques décors (l’arbre au centre au deuxième acte rappelle celui du Tristan de Ponnelle à Bayreuth), des costumes parfaits et des astuces très réussies pour la mise en scène, complexe avec ses différents lieux (Sicile, Bohème et la mer surtout, omniprésente) qui se succèdent rapidement. La chorégraphie de Wheeldon, à qui l’on pourrait parfois reprocher un peu de monotonie dans le vocabulaire, est cependant très efficace, toujours juste et particulièrement claire et explicative dans cette pièce aux nombreux personnages et à l’intrigue assez embrouillée. La construction du ballet emprunte la forme très classique qui intercale entre deux actes particulièrement denses, ici tragiques, un acte plus léger beaucoup plus voué à la danse pure.

Les danseurs des rôles principaux sont magnifiques de sobriété et d’intensité, autant les deux rois Léonte de Sicile (Edward Watson) et Polyxène de Bohème (Federico Bonelli) que les grands rôles féminins, Hermione, la reine de Sicile (Lauren Cuthbertson), et sa suivante Paulina, la magnifique Zenaida Yanowsky, grande figure de la compagnie qui trouve ici un rôle à sa mesure, et surtout la très fraîche Perdita, princesse de Sicile. Légère réserve pour son amoureux Florizel, prince de Bohème, dansé par un Steven McRae un peu emprunté.

La musique de Joby Talbot, à qui rend justice l’Orchestre de l’Opéra royal dirigé par Peter Manning, est d’une constante invention, utilisant une très riche instrumentation et va toujours dans le sens de la danse.

On souhaite que cette chorégraphie, qui, grâce au cinéma, a été diffusée dans le monde entier, ait une longue carrière hors du Royal Ballet et qu’elle bénéficie bientôt d’autres interprétations. © 2015 ConcertoNet.com





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