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Olivier Brunel
ConcertoNet.com, August 2015

Ce coffret réunit trois joyaux du répertoire du Royal Ballet, dans des interprétations désormais de référence avec des interprètes de années 2000, un cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année. Chacun des trois ballets avait déjà paru et est disponible séparément en DVD.

Coppélia, dans la chorégraphie de 1954 par Ninette de Valois d’après Ivanov et Cecchetti (elle avait dansé Swanilda au Théâtre Mariinsky), est certainement le plus intéressant et le mieux dansé de ces trois films. La soirée filmée en 2000 à la réouverture après travaux de Covent Garden, près de cinquante ans après la création de cette production légendaire, était historiquement la deuxième retransmission télévisée d’un spectacle du Royal Ballet après le Casse-Noisette de Noureev. Légendaire elle l’est à plus d’un titre. D’abord par la qualité de ses décors signés par Sir Osbert Lancaster (1908–1986), dessinateur né sous Edouard VII ayant fait une grande carrière journalistique. Un des bonus du DVD lui est consacré. Et car elle est le reflet d’une époque du Royal Ballet, sous la direction d’Anthony Dowell, où la danse était à la fois millimétrée à la perfection et empreinte d’une grâce infinie.

On conseille vivement au spectateur qui ne connaîtrait que la version en deux actes que Patrice Bart a réalisée pour le Ballet de l’Opéra national de Paris (Opus Arte) de découvrir celle en trois actes de Ninette de Valois. Le troisième acte n’apporte certes rien à l’histoire, adaptée de L’Homme de sable d’E. T. A. Hoffmann, qui est conclue à la fin du deuxième, mais est prétexte à des scènes de genre très savoureuses et surtout à un spectaculaire pas de deux entre Swanilda et Franz, dont les deux interprètes sont formidables. Swanilda est dansée par Leanne Benjamin, danseuse un peu maigre aux ports de bras exceptionnels dont on nous explique qu’elle effectuait ce soir-là un remplacement de dernière heure, avec une grâce exquise et une technique superlative. Franz était le Cubain Carlos Acosta, dans les débuts de sa collaboration avec la compagnie et tout à fait au sommet de ses moyens techniques vertigineux, mince, élancé et plein d’une énergie confondante. Le Dr. Coppélius est tenu avec énormément de spiritualité par Luke Heynon et Coppélia par Leana Palmer. Tous les danseurs de la compagnie, principalement les automates du deuxième acte, sont impeccables. Nicolae Moldoveanu dirige le luxueux Orchestre de la Royal Opera House avec beaucoup de classe. Trois bonus non sous-titrés ajoutent à l’intérêt de ce DVD: celui sur Osbert Lancaster, un autre («The Ballet moves») sur le déménagement des locaux du Royal Ballet après les grands travaux de Covent Garden en 2000 et l’introduction assez savoureuse de la retransmission télévisée.

Giselle, dans la chorégraphie de Marius Petipa révisée en 1985 par Peter Wright, est d’un traditionalisme absolu. Les décors et costumes de John Macfarlane ne s’éloignent pas d’une virgule de ce que l’on attend de cet univers romantique autant à l’acte de la chaumière qu’à celui de la forêt. La star de la soirée est la danseuse roumaine Alina Cojocaru, qui a fait les beaux soirs de Covent Garden. Sa Giselle, son meilleur rôle de l’avis général, est parfaite, dans tous les registres, irréprochable techniquement, d’une grâce, d’une légèreté et d’une fragilité inimitables au I. Il lui manque peut être une dimension supplémentaire pour l’être au II, où elle reste plus proche du sol que fantomatique. Le reste de la distribution est parfait, de jeunes danseurs, dont le Danois Johan Kobborg (Albrecht) et Martin Harvey (Hilarion), sont idéalement appariés et la Reine des Willis de Marianela Nunez tout à fait impérieuse, régnant sur une troupe impeccable de ballerines blanches. L’ensemble est parfaitement filmé et la direction musicale de Boris Gruzin très poétique. C’est évidemment un document à confronter à celui de 2014 paru chez le même éditeur avec Natalia Osipova et Carlos Acosta, les actuels titulaires de Giselle sur cette même scène.

De ce coffret, La Fille mal gardée est certainement le ballet le plus rare. Il s’agit d’une charmante comédie dont le scénario d’un amour contrarié pour un mariage de raison est vieux comme le monde. Frederick Ashton a reconstitué en 1960 pour le Royal Ballet cette chorégraphie du XVIIIe siècle dont l’historique très compliqué est parfaitement raconté par David Vaughan dans le livret d’accompagnement. C’est la version de référence car de nombreux théâtres l’ont utilisée dont le Ballet de l’Opéra de Paris qui le présente très régulièrement. L’arrangement de la partition squelettique de Ferdinand Hérold est de John Lanchbery, qui y a interpolé nombre d’emprunts à Donizetti, Rossini, Ignace Pleyel... La chorégraphie comporte quelques numéros très célèbres, dont le Pas de deux au ruban ou encore la Danse des sabots.

Pour cet enregistrement réalisé en février 2005, le couple d’amoureux est dansé par Marianela Nunez (Lise) et le danseur principal Carlos Acosta (Colas), un des piliers du Royal Ballet. Ils sont à un stade évolué de leurs carrières respectives et ni l’un ni l’autre n’a la fraîcheur pour un rôle qui convient mieux à de premiers danseurs ou de très jeunes danseurs étoiles. Leur performance technique est impeccable—cette chorégraphie ne comporte aucun numéro vraiment périlleux—mais il manque, outre la fraîcheur des personnages, un peu de charme et de joie de danser. Le personnage de la veuve Simone est tenu par William Tuckett avec toute la truculence possible mais il ne joue pas assez sur le fait qu’il s’agit d’un homme qui danse un rôle de femme, comme le faisait si fabuleusement avec cocasserie Stéphane Phavorin à l’Opéra de Paris. En revanche, Jonathan Howells est parfait dans le rôle du fiancé niais et évincé. Il y met toute la fausse maladresse et l’ironie qui rendent le personnage sympathique. Les danseurs du Royal Ballet sont impeccables dans les nombreux rôles de paysans, villageois et autres animaux qui peuplent cette charmante histoire. Anthony Twiner dirige avec charme le toujours luxueux Orchestre de la Royal Opera House. © 2015 ConcertoNet.com





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