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Jacques Schmitt
ResMusica.com, June 2016

En décembre 2006, la scène du Covent Garden de Londres résonnait des accents d’une production de la metteure en scène Francesca Zambello de Carmen de Bizet qui allait susciter l’enthousiasme du public. Une production qui voyait la mezzo-soprano italienne Anna Caterina Antonacci dans le rôle-titre donner la réplique au ténor vedette Jonas Kaufmann qui faisait ses débuts sur la scène londonienne.

C’est la reprise de ces mémorables soirées, en octobre 2009, qui fait aujourd’hui l’objet de ce DVD. La mise en scène de Francesca Zambello est inégale. Si certaines scènes sont particulièrement réussies (les enfants de la garde montante, l’arrivée d’Escamillo), d’autres scènes frisent la caricature (le ballet chez Lillas Pastia au deuxième acte). Parfois spectaculaire, sa direction d’acteurs montre son idée de faire de sa Carmen une femme plus qu’une allumeuse. L’idée se défend sauf qu’à certains moments, on retrouve une Carmen aguicheuse plus fille de joie qu’icône de féminité.

La distribution vocale est sensiblement différente de celle qui a fait le succès des représentations de 2006. Dans le rôle-titre la mezzo Christine Rice offre une prestation plus qu’honnête quand bien même elle ne touche pas aux sommets de l’interprétation du rôle. La voix est belle, investie mais sans génie. Suivant les indications de mise en scène avec sérieux et conscience, si sa Carmen n’est pas la vamp si souvent caricaturée dans l’œuvre de Bizet, elle reste néanmoins beaucoup trop sage pour qu’on croie à son personnage.

A ses côtés, le ténor Bryan Hymel (Don José) jouit d’une voix quelque peu fruste, souvent engorgée mais fait preuve d’une belle vaillance. Il termine mieux qu’il n’avait commencé et peut-être que sa gaucherie théâtrale le dessert au point de lui trouver de plus grands défauts vocaux qu’il n’en a en réalité. La soprano lituanienne Maija Kovalevska (Micaëla), scéniquement peu crédible, est une honnête interprète mais sans grand charme. Quant au bariton grec Aris Agiris (Escamillo), il est un très beau torréador et ses interventions sont extrêmement rafraîchissantes dans la grisaille vocale de cette production.

Au pupitre, le chef Constantinos Carydis prend des tempo de sénateur qui ne conviennent pas du tout à l’esprit de cette oeuvre si dynamique. En résumé, le marché du DVD offre un grand nombre de versions de loin meilleures que celle-ci. Carmen, encore et encore ! Mais pour qui ? Peut-être qu’ici les amateurs “télévisuels” lui donneront la préférence en raison de la version en 3D qu’on trouve dans l’édition Blu-Ray ! © 2016 ResMusica.com



Louis Bilodeau
Avant Scène Opéra, May 2016

Cette production de Carmen est déjà bien connue des aficionados de Jonas Kaufmann et Anna Caterina Antonacci, puisqu’il s’agit du spectacle que Francesca Zambello avait monté à Covent Garden en 2006 pour ces deux interprètes. Si Opus Arte semble faire grand cas de l’effet 3D que procure le Blu-Ray de cette nouvelle captation enregistrée en 2010, on peut légitimement se demander comment le Royal Opera House a pu commercialiser une version à ce point tronquée. Couper la reprise du chœur des gamins au premier acte porte peu à conséquence, mais il est inadmissible que le chœur « À deux cuartos » et les trois entractes passent à la trappe pour ensuite servir uniquement de fond sonore pendant le générique. Les saluts des artistes ont eux aussi été victimes de cet esprit d’économie puisque le montage ne leur accorde qu’une apparition bien fugitive et coupe purement et simplement le chef d’orchestre…Sans être mémorable, la direction de Constantinos Carydis ne mérite certes pas un tel traitement. Il est vrai que le prélude et une bonne partie du premier acte laissent craindre le pire : manque affligeant de subtilité, tempi inutilement rapides, orchestre un peu brouillon et presque pompier. Fort heureusement, le chef se ressaisit par la suite et offre une lecture plus nuancée, à l’exception du duo final, où il pèche à nouveau par excès de précipitation.

Réservant une large place à des espagnolades assez convenues et à l’expression d’une sensualité on ne peut plus explicite, Zambello doit composer avec un décor vaguement abstrait qu’elle encombre d’animaux (cheval, âne, poulets) et d’une agitation souvent agaçante. Tout comme en 2006, le rôle de Lillas Pastia est curieusement tenu par une femme…Succéder à Antonacci et Kaufmann qui réussissaient à transcender une mise en scène plus ou moins inspirée représente un défi redoutable que Christine Rice et Bryan Hymel relèvent de façon plus qu’honorable. La Carmen de Rice est particulièrement intéressante et justifie amplement l’acquisition de ce DVD. Actrice douée, la mezzo britannique donne beaucoup de caractère à sa Bohémienne qui bénéficie en prime d’un timbre magnifique et d’un français très acceptable. Moins à l’aise sur scène, Bryan Hymel campe néanmoins un Don José intense et à l’endurance vocale impressionnante. Son Air de la fleur se termine sur un superbe pianissimo suivi…d’un crescendo moins heureux. Maija Kovalevska est un nom à retenir : Micaëla trouve chez cette soprano lettonne (ancienne élève de Mirella Freni) une interprète de grande classe aux éminentes qualités vocales. Très convaincant en toréador imbu de lui-même, Aris Argiris fait entendre une voix bien sonore mais dont la justesse n’est pas toujours irréprochable. Parmi les comprimari, on note Nicolas Courjal, Zuniga plein de morgue et à la diction parfaite. Les autres solistes et les chœurs font un travail honnête, sans plus. Ce sont donc d’abord Christine Rice, Maija Kovalevska et, à un moindre degré, Bryan Hymel qui valent le prix de cette Carmen malencontreusement amputée. © 2016 Avant-Scène Opéra





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