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Album Reviews



 
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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, February 2019

Il Trovatore, impossible à monter (et à montrer) ? Covent Garden relève le défi et le gagne, d’abord par un spectacle soigné qui évite le kitsch – les sombres décors de Patrick Banwart, nuit éternelle où se love un cauchemar que suggèrent des éclairages savants , y sont pour beaucoup – et aussi par la mise en scène au cordeau de David Bösch qui assume les invraisemblances romanesques des personnages.

Le campement des gitans a quelque chose d’irréel, l’idée d’une Azucena qui s’imagine brûlée vive par inflammation d’essence clouante. Spectacle fort, qui se regarde sans sourciller.

Et le chant ? Gregory Kunde fait assaut de style, soigne ses phrases, mais le timbre affadi n’est évidemment pas celui d’un Manrico, surtout face à l’opulence du timbre de sa Leonora, à ses envolés lyriques venues d’un autre temps : il y a comme un souvenir des splendeurs de Leontyne Price dans l’instrument d’or sombre que déploie Lianna Haroutounian, le contraire total de l’autre Leonora absolu du temps, Anja Harteros.

Grand style et beau chant un peu clair pour un Luna sans mordant, Vitaliy Bilyy ne dépare pas, mais peut-il lutter contre l’Azucena incendiaire et je l’écris, simplement géniale, d’Anita Rachvelishvili ? Voix immense, mots précis, aigus en oriflamme, graves de tombeau, quel instrument, quelle incarnation aussi, qui commande de voir et d’entendre ce Trovatore déjà historique ne serait-ce que pour elle. Direction parfaite, tenue mais urgente de Richard Farnes, qui comprend mieux que bien d’autres le vrai tactus dramatique de cet inaltérable chef-d’œuvre. © 2019 ARTAMAG’




Didier Van Moere
Diapason, November 2018

VERDI, G.: Trovatore (Il) [Opera] (Royal Opera House, 2017) (NTSC) OA1262D
VERDI, G.: Trovatore (Il) [Opera] (Royal Opera House, 2017) (Blu-ray, HD) OABD7238D

Un Trouvère baigné de pénombre, avec un char marqué «cLunac», un campement de gitans où Azucena tient une poupée dans ses bras et qui fera office de forteresse de Castellor. Il s’en faut de peu que la Bohémienne ne soit lynchée et brûlée à l’essence par une soldatesque sadique. A la fin, on verra se consumer un immense cœur de feu. Autant dire que David Bösch n’est pas allé chercher très loin, la pauvreté du propos ne trouvant guère de compensation dans une direction d’acteurs fort minimale.

Gregory Kunde domine le plateau vocal. Même si les années ont passé sur la voix, on entend peu de Manrico aussi bel cantistes, aussi raffinés, aussi douloureusement introvertis, à mille lieues de plus d’un stentor… mais capable, après un « Si bien mio » au galbe parfait, d’un « Di quella pira » magnifiquement tenu, aux doubles croches d’une impeccable précision—on comprend que Leonora brûle pour lui.

Authentique spinto, au souffle long et au style pur, Lianna Haroutounian déçoit malgré tout, dans un « D’amor sull’alic» à l’éventail dynamique réduit et pas assez éthéré, avant une cabalette sans reprise où la vocalise peut charbonner. Elle le cède ainsi à la Bohémiennec: superbe Azucena d’Anita Rachvelishvili, timbre d’or, voix généreuse sur tous les registres, chant d’école où les délires se subliment, où l’intensité de l’expression ne se dévoie jamais. Vitaliy Bilyy ne lâche pas non plus la bride à son Luna très noblement nuancé, plus épris que haineux, flanqué du Ferrando très scrupuleux d’Alexander Tsymbalyuk, qui donne un beau relief à son récit.

Le Trouvère opéra de chanteursc? Pas seulement icic: Richard Farnes déploie une imagination de chaque instant pour réinventer la partition à travers une pâte sonore et un éventail de couleurs magnifiques. C’est certes plus esthétisant qu’électrique, mais d’un raffinement auquel on ne résiste pas… et l’on entend Le Trouvère autrement. © 2018 Diapason





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