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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, May 2016

Pour Das Buch mit sieben Siegeln, je croyais l’affaire entendue depuis la transcendante version qu’en grava Nikolaus Harnoncourt à Vienne, puis Kristjan Järvi vint bousculer mes certitudes avec sa lecture visionnaire. Cette œuvre si singulière auquel Franz Schmidt mit le point final le 23 février 1937—entre oratorio et passion—a d’ailleurs toujours attiré des interprètes d’exception dont Dimitri Mitropoulos qui la reprit à Salzbourg en 1958 avec une distribution éblouissante où Fritz Wunderlich faisait ses débuts au Festpielhaus non pas en Johannes, mais dans le ténor du quatuor.

Mais je cherchais le ton désespéré, les sonorités étranges avec lesquelles j’avais débuté mon approche de l’œuvre lorsque j’étais adolescent et que je passais sans cesse les quatre faces du coffret Amadeo, fasciné par cette musique étrange : Anton Lippe dirigeait le Chœur de la Cathédrale de Graz et l’Orchestre Philharmonique de Munich, son Johannes était un incroyable Julius Patzak, la « distribution » alignait Otto Wiener, Hanny Steffek, Hertha Töpper, Erik Majkut et Frederick Guthrie.

Le ton étrange, mortifère de cette version, je ne l’ai jamais retrouvé ni jadis chez Alois Hochstrasser, qui avait pour lui Dermota pourtant (mais qui était bien plus en voix pour Mitropoulos), ni hier chez Fabio Luisi, Lothar Zagrosek ou Horst Stein, mais le revoici dans ce concert donné avec le Philharmoniker Hamburg et Simone Young.

Une nudité du geste, quelque chose de très pur et de très inquiet qui faisaient défaut à Harnoncourt, à Mitropoulos, à Kristjan Järvi eux-mêmes, tous dirigeant d’abord un drame alors que Simone Young choisit la parabole, aborde l’œuvre avec un ton de prophétie.

Elle a en outre un chœur nombreux et ductile et un orchestre dont elle joue comme d’un orgue, une équipe de chanteurs incroyable, à commencer par le Johannes de Klaus Florian Vogt dont le haut ténor retrouve le son si clair que possédait jadis Karl Erb : un évangéliste, un vrai, qui transfigure à lui seul cette partition ardente, mais Georg Zeppenfeld n’est pas en reste, ni Inga Kalna qui égale presque Dorothea Röschmann chez Harnoncourt. © 2016 ARTAMAG’





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