Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

Email Password  
Not a subscriber yet?  
Keyword Search
 in   
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...

Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, April 2017

Deux récitals pour Deutsche Grammophon, que l’Europe n’aura jamais connus—un récital Liszt, puis un album russe où déjà figurait Pétrouchka—m’avaient signalé le talent de Christopher Park—vingt-neuf ans, pianiste allemand partagé entre école germanique et russe.

Ce grand son plein de caractère, ce brio, ce sens si particulier du tactus musical comme inféodé à une narration, ne s’oubliaient plus. Le voici signant chez le meilleur éditeur de piano allemand, Oehms, recrue de choix. Il ouvre son nouveau récital avec une Fantaisie de Schumann si dite, si emportée, si volontaire jusque dans la diction rythmique qui est une de ses signatures, qu’elle en fera grincer plus d’un.

Pas moi, j’admire le geste, les moyens considérables, une sorte de folie et ses couleurs insensées qui peinent parfois à se laisser capturer par les micros. Les couleurs, vives, chamarrées, débordent sa lecture spectaculaire de Pétrouchka, comme si l’orchestre entrait d’un seul geste dans le piano, expérience fascinante qui montre à quel point sa virtuosité incendiaire se plie à l’art de la suggestion, sait créer des paysages mais aussi du pur théâtre. Génial, pas si loin, que cela du geste démiurgique qu’y imprimait le cher Shura Cherkassky.

L’opus de Neuwirth, écho sonore plein de gamelans et de tablas à la gigantesque statue d’Anish Kappoor dévoilée par la Tate Gallery en 2003, n’ajoute rien de plus mais fait toujours admirer cet art des timbres, ce piano orchestre.

C’est bien, mais pour une suite, j’aimerai un album monographique. Les grands cycles de Variations de Brahms ? Au Klavier-Festival Ruhr 2016, Christopher Park avait donné une version d’anthologie des Haendel. © 2017 ARTAMAG’



Florence Michel
ResMusica.com, November 2016

Pour son quatrième enregistrement, le Rising Start Echo 2016/2017, Christopher Park, juxtapose trois compositeurs de trois siècles différents. Avec fluidité, le pianiste trouve son langage propre pour chacun des répertoires joués. L’instrument est envisagé au maximum de ses possibilités harmoniques et polyphoniques.

Ce disque débute par une magnifique version de la Fantaisie de Schumann. C’est la simplicité de moyens qui prime au travers de cette lecture romantique, caractérisée avec passion, sans accentuer l’aspect intériorisé de certains passages. Porté par un phrasé aéré, le toucher libère un son plein ainsi qu’une musicalité exaltée dans le premier mouvement. Une tonalité joyeuse domine l’épisode central, pris à un tempo retenu, loin des versions massives qu’on entend parfois. La poésie épidermique du Final offre un beau moment suspendu et instaure des plages intimistes parfois empreintes de recueillement.

On retrouve ensuite les Trois Mouvements de Petrouchka de Stravinsky que Christopher Park avait déjà gravés pour Deutsche Grammophon en 2009 dans un disque destiné au marché asiatique. Des idées intéressantes émergent de cette transcription de trois scènes de son ballet. Elle met en lumière le côté percussif du piano et joue avec la rythmique pour mieux orienter la narration des différentes pièces. Le toucher est parfois martelé dans la Danse Russe alors que Chez Pétrouchka révèle des sonorités colorées, parfois avec ce regard émerveillé de l’enfant. Dans la Semaine Grasse, la conduite du propos est menée sans forcer le trait virtuose. La maîtrise rythmique, et surtout harmonique, fait la différence et insuffle une dimension orchestrale. Le pianiste grossit ce trait festif « bon enfant » pour mieux le déconstruire par la suite.

La dernière pièce de ce disque, Marsyas, a été composée par l’Autrichienne Olag Neuwirth. Crée par Thomas Larcher en 2004, c’est le premier enregistrement de cette oeuvre d’expression tonale. Elle est inspirée par le mythe de Marsyas, le maître de l’aulos dans la mythologie grecque, et la gigantesque sculpture de ce même personnage réalisée par Anish Kapoor, puis exposée en 2002/03 à la Tate Gallery à Londres. Moins immédiat que le reste du programme, le pianiste parvient cependant à créer une atmosphère mystérieuse mêlée d’effroi. Le tableau sonore est agité avec ces silences lourds de sens, ces spirales aux effets extrêmes—notamment des cascades de trait saisissantes—et des séquences obsessionnelles aux notes répétitives dans le haut du clavier.

Voici un disque intéressant qui nous permet de découvrir le jeu de Christopher Park et qui le place comme outsider au milieu des versions de référence dans la Fantaisie et Petrouchka. © 2016 ResMusica.com





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group