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Album Reviews



 
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Jean-Marie André
Crescendo (France), August 2017

Asrael est la seconde (et dernière) symphonie écrite par Josef Suk. Elle fut créée en février 1907 et est dédiée à la mémoire émue d’Anton Dvořak et de sa fille, mon épouse Otilie. Dvořak, le beau-père de Josef Suk est mort début mai 1904 et sa fille Otilie en juillet 1905. Azraël (ou Asrael) est l’ange de la mort dans certaines traditions hébraïques et musulmanes. Suk rappelait lui-même : L’ange terrifiant de la mort vient de frapper une deuxième fois avec sa faux. Un tel malheur détruit un homme ou lui révèle toutes ses capacités cachées. La Musique m’a sauvé et après un an j’ai commencé la seconde partie de cette symphonie qui débute par une tendre adagio, portrait d’Otilie. La référence à l’ange de la mort, Azraël et un motif du Requiem de Dvorak établissent clairement le caractère funèbre de cette symphonie en cinq mouvements qui appartient à la dernière manière de Josef Suk : un développement fonctionnel des motifs, l’abandon de figures régulières pour des strophes libres, une richesse harmonique et contrapuntique. Il est intéressant de comparer la symphonie de Suk à une autre contemporaine : la 2e Symphonie “Résurrection” de Gustav Mahler écrite dans la même tonalité de do mineur. Cette dernière se conclut par un éclatant choral. Rien de chanté chez Suk, mais, Azraël, l’ange de la mort, rôde dans toutes les portées des cinq mouvements de cette partition. C’est une symphonie élégiaque qui ne révèle toutes ses subtilités qu’à la suite d’une écoute attentive.

Les grands chefs tchèques, comme Václav Talich, Václav Neumann, Jiři Bělohlávek ont donné des versions d’anthologie de cette symphonie avec l’Orchestre Philharmonique Tchèque (de même que Charles Mackerras formé à l’école de Talich). Même si l’Essener Philharmoniker n’est pas le Philharmonique tchèque, le jeune Tomáš Netopil—il est né en 1975—se place d’emblée dans la grande tradition de ses prédécesseurs. En particulier, sa gestion des vents, mis à rude épreuve tout au long de cette partition, est impressionnante. Suite aux multiples avatars des éditions successives, Netopil peut, de plus, se targuer de donner la première version critique de la symphonie qui vient d’être publiée chez l’éditeur Bärenreiter.

Une belle découverte donc d’une symphonie peu enregistrée et rarement programmée au concert. © 2017 Crescendo (France)



Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, May 2017

Au chapitre Asraël, je croyais l’affaire réglée. Malgré Neumann, Pešek, Petrenko, Mackerras, Bělohlávek, Svetlanov, Václav Talich dominait, imparable, fantasque, cruel. Seul Rafael Kubelík en concert avec ses chers Bavarois avaient pu en proposer une toute autre vision.

Pourtant, voici une nouvelle proposition avec laquelle il faudra compter. Tomáš Netopil, avec une formation aussi modeste qu’excellente, enregistre en première mondiale la nouvelle édition réalisée par Jonáš Hájek, pour Barenreiter.

Elle donne à entendre des harmonies plus âpres, des registres de nuances piano plus affinés, ici et là une composition de l’orchestre plus transparente (particulièrement dans l’Adagio), une vêture tirant plutôt vers Janáček qu’évoquant Dvořák. Tomáš Netopil y ajoute des phrasés amples, sostenuto, dont le parfum est assez mahlérien, une façon de réinscrire l’opus majeur de Josef Suk dans le paysage sonore de son époque (1905) et de sa géographie.

Sans renoncer au verbe définitif proclamé par Václav Talich ou au lyrisme irrésistible de Rafael Kubelík, qui veut mieux connaître le texte d’Asraël pourra venir entendre ici, et découvrir un bel orchestre trop peu présent au disque. © 2017 ARTAMAG’





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