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Patrice Lieberman
Crescendo (France), July 2020

Son : 10
Livret : 10
Répertoire : 10
Interprétation : 9

C’est un très bel enregistrement des concertos de Haydn que nous livrent ici la violoncelliste britannique Natalie Clein et cet orchestre de chambre au nom à rallonge dont les membres, extraits de l’Orchestre Symphonique de Graz, sont placés sous la direction d’un chef qu’on a pu apprécier à Bruxelles lors de demi-finales du Concours Reine Élisabeth il y a quelques années déjà et qu’on retrouve ici avec plaisir. 

Il est vraiment agréable de constater l’unité de pensée de la soliste et d’un chef qui dirige avec beaucoup d’élégance un ensemble aussi enthousiaste que précis. C’est un Haydn invariablement spontané et imaginatif que nous avons la chance d’entendre dans ces interprétations captées sur le vif lors du festival Styriarte à Graz en 2017. 

Ce qui captive ici, c’est la fraîcheur d’interprétations où rien ne sent la routine et qui, bien au contraire, dégagent une rayonnante joie de vivre et un plaisir presque palpable dans la (re)découverte de ces oeuvres dont l’audition-comme si souvent chez ce compositeur—laisse admiratif devant la créativité et l’invention toujours jaillissantes de leur auteur.

Dans l’intéressant livret qui accompagne le cd, Natalie Clein explique qu’elle avait décidé lors de ces concerts de monter son superbe Guadagnini de 1777 avec des cordes en boyau et d’utiliser un archet plus léger que de coutume dans le but de se rapprocher de l’univers de Haydn, ainsi que-toujours dans l’esprit de l’époque—d’utiliser ses propres cadences, l’une d’entre elles (on ne précise pas laquelle) ayant réellement été improvisée comme c’était alors la coutume.

Dès les premières mesures du 2e Concerto en ré qui ouvre cette gravure, on est conquis par le naturel, l’énergie, le sens du chant et la sûreté stylistique de la soliste (articulation, usage modéré du vibrato) ainsi que par la riche palette de sonorités qu’elle tire de son bel instrument. L’Adagio central est finement senti sans épanchements superflus, et suivi d’un Rondo plein d’entrain et d’esprit. 

Les mêmes remarques valent pour le 1er Concerto en ut où, d’un bout à l’autre de l’oeuvre, on est conquis par ces interprétations franches et pleines de vie d’une soliste et d’un orchestre qui mordent à pleines dents dans cette irrésistible musique. Natalie Clein fait preuve de beaucoup de subtilité dans l’Adagio, marqué par de fines nuances dynamiques et agogiques qui n’ont jamais rien de gratuit ou de maniéré. Le Finale-enlevé avec élan et générosité par une soliste qui se donne vraiment à fond—est salué par des applaudissements enthousiastes et mérités.

A titre d’inattendu complément de programme, Natalie Clein nous offre le mouvement lent (Adagio cantabile) de la Symphonie No. 13 de Haydn, soit neuf minutes d’une très belle cantilène où le violoncelle solo est accompagné par les seules cordes de l’orchestre.

Si cette version des concertos pour violoncelle de Haydn-par ailleurs superbement enregistrée—ne bouleverse pas la discographie, elle s’installe certainement parmi les meilleures et ne déparera aucune discothèque. © 2020 Crescendo (France)





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