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Album Reviews



 
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Sébastien Gauthier
ConcertoNet.com, July 2017

De son côté, la cheffe australienne Simone Young (né en 1961) clôt son intégrale brucknérienne avec la redoutable Cinquième, dont la structure interne des mouvements pairs a mis en échec plus d’une baguette, y compris parmi les plus prestigieuses. Comme dans les précédents volumes, l’orchestre brille de bout en bout: cuivres puissants, bois d’une grande finesse, et cordes à l’ampleur bienvenue. La coda du dernier mouvement illustre particulièrement la grandeur de cette phalange qui, c’est indéniable, rivalise ici avec les meilleures. La réussite incombe bien entendu en premier lieu à Simone Young, qui parvient à ne jamais relâcher la tension (le premier mouvement revêt toute la grandeur nécessaire, comme en témoigne par exemple le formidable choral de cuivres à partir de 13’45), notamment dans l’Adagio. Sehr langsam, le mouvement ne semblant donc jamais s’étirer et trouvant pleinement sa cohérence musicale. Le Scherzo, molto vivace (schnell). Trio est très réussi, Young adoptant un tempo léger, voire frivole qui dénote avec beaucoup de conviction avec le climat plus pesant des deuxième et quatrième mouvements. On aura compris que voilà donc une Cinquième des plus recommandables. © 2017 ConcertoNet.com



Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, November 2015

BRUCKNER, A.: Symphony No. 5 (Hamburg Philharmonic, Young) OC689
BRUCKNER, A.: Symphony No. 6 (ed. L. Nowak) (Hamburg Philharmonic, Simone Young) OC687
BRUCKNER, A.: Symphony No. 7 (Hamburg Philharmonic, Young) OC688
BRUCKNER, A.: Symphony No. 9 (original 1894 version, ed. L. Nowak) (Hamburg Philharmonic, S. Young) OC693

Simone Young est parvenue au terme de son aventure Bruckner. La parution de son intégrale des symphonies, enregistrée en concert, a laissé la critique française assez froide. En la réécoutant rétrospectivement à la faveur des ultimes quatre volumes, j’ai bien dû me résoudre à cette réalité : avec Herbert Blomstedt et Stanisław Skrowaczewski, Simone Young est la grande brucknérienne d’aujourd’hui.

La différence d’âge entre ces deux apôtres et la jeune femme ne s’entend pas dans le naturel et le caractère d’évidence qu’elle met à son Bruckner, plus proche d’ailleurs des équilibres et de l’émotion de celui du suédois que de la furia implacable qu’y déploie le polonais. Ce n’est pas le moindre de ses paradoxes.

Depuis la drastique relecture des Symphonies par Günter Wand à Cologne, l’orchestre de Bruckner s’est hérissé d’accents et a retrouvé un métronome rigoureux. Pas chez Simone Young dont le geste s’appuie sur la respiration, non plus un tempo, mais un tactus, où les phrasés modèlent l’espace, où l’harmonie paraît dans les altérations des couleurs, où la fluidité du geste rappelle derrière l’orchestre la magie de l’orgue.

Au sommet de cette ultime livraison, une Septième dont l’Adagio est un rêve éveillé et une Neuvième sans effet, d’une sérénité absolue, sans une once de terreur, qui progresse dans d’invraisemblables paysages arcadiens avec une variété de perspectives, des sfumatos, une poésie de chaque instant. La Sixième évite tout furioso, rapide sans précipitation, modelée dans ses moindres polyphonies, et la Cinquième fait des Philharmoniker Hamburg rien moins qu’un orgue : fusion des timbres, phrasés immenses dont s’élève une cathédrale de lumière. Jadis, Eugen Jochum ne faisait pas autrement pour faire naître le secret de cet art : l’émotion. © 2015 ARTAMAG’





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