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Alfred Caron
Avant Scène Opéra, September 2015

Des opéras de Mayr que nous a récemment révélés le disque, La Lodoiska semble le plus ancré dans les codes et le langage lyriques du XVIIIe siècle finissant. Cela s’explique sans doute par sa date de composition (1796) et par sa place dans l’œuvre du compositeur. Il s’agit de son deuxième opéra, composé à l’âge de 33 ans. Non seulement on y retrouve, comme dans L’Amore coniugale, quelques citations littérales des opéras de Mozart (La Flûte enchantée, Les Noces de Figaro et Don Giovanni), mais l’inspiration mélodique, la forme de certains airs, les ensembles surtout et le style orchestral nous renvoient souvent à l’opéra allemand de la fin du XVIIIe siècle. Créée à Venise puis révisée pour Milan trois ans plus tard—de façon plutôt radicale si l’on en juge par les différences entre les deux livrets—, l’œuvre s’inspire des mêmes sources que l’opéra homonyme de Cherubini et, malgré quelques modifications dans le nom des personnages, elle offre le même synopsis. Mais l’opéra lui-même relève plutôt du Singspiel mâtiné d’opéra séria, comme L’Enlèvement au sérail, que du pur opéra à sauvetage révolutionnaire. Il est difficile d’en juger a priori mais les modifications pour la version milanaise de 1799 (enregistrée ici) visaient d’évidence à rapprocher l’œuvre des standards de l’opéra italien “à la mode” : passage à deux actes au lieu de trois et introduction de nombreux airs de bravoure où les interventions du chœur servent essentiellement de contrepoint aux virtuosités des protagonistes. C’est le cas notamment pour ceux du méchant de l’histoire, Boleslao qui, pour ces reprises, fut assuré par Giovanni David, et dont la vocalité nous entraîne du côté des grands ténors rossiniens de la période napolitaine. C’est à n’en pas douter sa richesse musicale et la variété des styles qui fait toute la séduction de cet opéra atypique et toujours plein de surprises.

L’équipe réunie par George Petrou, à la tête des forces avec lesquelles il avait déjà réalisé une excellente Ginevra di Scozia, se révèle remarquablement adaptée à cette musique au style intermédiaire. Dans un rôle qui n’est pas sans évoquer la Constance mozartienne, Anna Maria Panzarella séduit par sa belle expressivité malgré un grave un peu limité pour cette tessiture de grand lyrique. Elena Belfiore n’a certes pas la profondeur d’un mezzo-contralto de premier plan mais sa musicalité irréprochable y supplée largement. Quant à Jeremy Ovenden, son timbre brillant de ténor mozartien au style et à la vocalisation impeccables en font un des éléments les plus remarquables de cet enregistrement et il donne à son personnage une admirable profondeur psychologique. Les petits rôles sont tenus avec compétence—avec une petite réserve sur le Narseno faiblard d’Ines Reinhardt. Une grande partie des récitatifs a été coupée sans que la cohérence en souffre mais on regrette, en revanche, une présentation un peu succincte, là où l’intérêt de l’œuvre et son histoire complexe auraient justifié une documentation plus développée. L’enregistrement lui-même apporte en tous cas au portrait d’un compositeur injustement oublié une facette supplémentaire du plus grand intérêt. © 2015 Avant Scène Opéra





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