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Pierre Flinois
Classica, February 2020

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Jean-Charles Hoffelé
Avant Scène Opéra, July 2019

Heureuse Petite renarde, chaque théâtre la veut, on préfère son naturalisme même malgré la mort de la Renarde, aux huis clos de Katia Kabanova ou de Jenufa. Cette parabole du destin humain par translation anthropomorphique sera finalement devenue pour le XXIe siècle l’œuvre favorite de Janacek, comme si son panthéisme subtil se trouvait en parfaite harmonie avec la conscience écologique de notre ère.

L’Allemagne n’a jamais été avare en productions, la belle traduction de Max Brod lui assurant une seconde patrie, mais même les théâtres d’outre-Rhin préfèrent aujourd’hui l’original en langue tchèque. L’Opéra de Francfort y assemble une distribution internationale si consciente des particularismes de l’idiome tchèque que cela suffirait à prouver le rayonnement de l’univers Janacek sur tous les opéras du globe, mais il y a plus ici.

La fraîcheur piquante de la direction de Johannes Debus, si vive, si franche de couleurs, évoque le panthéisme radieux qu’y déployait Neumann, la forêt est divine, poétique en diable, les noces éclatantes (et soudain l’orchestre opulent, un vrai orphéon), le village délicieusement croqué, sans aucune charge mais avec de vrais trognes (Beau Gibson, Instituteur inénarrable), rien ne vient interrompre l’émerveillement du conte et la mort elle-même, ultime bravade, se poétisera dans le grand monologue du Garde-Chasse, admirablement mené par le baryton sombre de Simon Neal, épitaphe de la Renarde célébrée dans l’exaltation de la Nature.

Le ton tragique qui ouvre le IIIe acte avec son clairon menaçant, sa timbale âpre, fait de la chanson de Harasta (Sebastian Geyer, rogue, amer), instrument du destin, une terrible mise en garde : le piège est disposé, le destin va frapper à l’aveuglette et pourtant juste ; Fine-oreille va périr après le festin de ses enfants, génialement caractérisé par les petits francfortois, et sa mort sera douce. Foudroyée, elle poudroie encore un léger rire, ultime élégance d’une lecture qui n’aura pas fait entendre un seul coup de feu. Puis l’orchestre s’envolera dans un rai de ce soleil d’automne que Janacek aura su si parfaitement capturer.

La scène avive tout cela, quitte à faire le poulailler un peu désordonné avant et après l’exorde de Bystrouska—qui est de gauche, et plutôt anar—peu importe, c’est la vie même, et quel grain fruité que celui du soprano de Louise Alder où passe le souvenir des diaprures de Lucia Popp.

Magnifique version sans apprêt, rugueuse, savoureuse, une immersion dans la forêt morave, qui s’ajoute sans trembler à une discographie relevée. © 2019 Avant Scène Opéra




Nicolas Derny
Diapason, June 2019

Ce live, malgré ses limites, offre une belle carte de visite à Johannes Debus, qui insuffle la vie dans la fosse comme sur la scène (irrésistible choeur des Renardeaux !). Malgré des transitions toutes éloquentes, le résultat reste évidemment loin des splendeurs viennoises de Mackerras (Decca) et de l’irremplaçable poésie de Neumann I et II (Supraphon). Il n’empêche que le maestro aiguillonne chaque pupitre pour peindre une nature en pleine montée de sève, avec un sens consommé du théâtre.

Effrontée quand il le faut, la Renarde de Louise Alder a du chien. Mais bien qu’elle fasse un poignant récit au II, sa prestation ne risque pas de chambouler la discographie. Si l’Echine-d’Or de Jenny Carlstedt offre une gamme de couleurs parfaitement complémentaire à la palette de Finoreille, on regrette que la mezzo savonne chaque fois que le débit s’accélère. Beaucoup plus attentif au verbe, le Garde Forestier de Simon Neal manque quant à lui de rugosité pour peser comme il devrait dans le plateau. L’Instituteur de Beau Gibson et le Curé campé par Magnus Baldvinsson se réservent chacun pour leur monologue au détriment de la scène de la taverne. Rien d’indigne dans le bestiaire inégal, mais une question légitime : fallait- il immortaliser cette production au disque ? © 2019 Diapason





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