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Christine Labroche
ConcertoNet.com, May 2015

Georges Enesco (1881–1955) était un tout jeune homme de vingt ans à la carrière professionnelle déjà riche quand il entreprit la composition de la Symphonie concertante (1901) et, quatre ans plus tard, celle de la Première Symphonie. Malgré la grande qualité de l’écriture, les deux œuvres, surprenantes de la part d’un si jeune et brillant violoniste, sont restées longtemps à l’ombre de la saveur populaire des deux Rhapsodies roumaines contemporaines mais, sans aucun doute, elles ont bien davantage contribué à la maturation de son style personnel tout autant fertile que structuré. Enesco ne se départ pas encore pleinement des influences d’un Brahms ou d’un Fauré, mais l’envergure et la richesse de l’inspiration sont déjà notables. Frappé par le génie particulier de Georges Enesco encore trop peu souvent à l’affiche, Hannu Lintu le célèbre ici une troisième fois, avec un programme conçu, comme chacun des deux précédents, autour de l’une des trois symphonies achevées, les trois enregistrées à Tampere en 2012 et en 2013.

Un impressionnant accord orchestral lance la Symphonie concertante. De cet accord surgit l’énoncé thématique au violoncelle avant que ne s’installe l’équilibre entre soliste et orchestre, qui se maintient tout au long de l’unique mouvement («Assez lent»), divisible en trois parties de caractère différent. La vibrante présence du violoncelle se fait sentir à tout instant mais l’orchestre est un partenaire plus qu’un simple écrin et les lignes développées des différents groupes instrumentaux se mêlent avec bel effet à celle du soliste en arabesques, jaillissements ou strettes. Le violoncelle de Truls Mørk, chaleureux, lyrique, acrobatique et expressif, et la direction de Hannu Lintu, ciselée, aérée, ardente et intense, gardent de part et d’autre un caractère propre très marqué au-delà de leur parfait accord, et le relief particulier de la partition s’en trouve sublimé. La belle prestation énergique et généreuse de Mørk, allié à un Orchestre philharmonique de Tampere concentré et expressif, mérite d’être qualifiée de version de référence.

C’est un unisson de cors et de trompettes qui lance de manière assez originale la Première Symphonie. Dédiée à Alfredo Casella, elle est en trois mouvements classiques (vif, lent vif), rigoureusement structurée et conduite avec une maîtrise formelle et harmonique étonnante qui s’explique par la polyvalence des dons d’Enesco, certes, mais d’abord par le fait qu’il n’en était pas à son coup d’essai: il avait déjà écrit et finalement abandonné quatre symphonies dites «d’école» entre 1895 et 1898. Hannu Lintu préserve toute la clarté nécessaire à la complexité polyphonique des textures, les musiciens de Tampere manifestement sensibles aux fines couleurs qui éclatent et chatoient, se tissent et s’affirment. L’atmosphère des deux mouvements extérieurs est épique, celle du mouvement central toute empreinte de la douce intériorité mystérieuse d’une mélodie latente. A chaque instant les événements multiples fusent à plusieurs niveaux, rythmiques, héroïques ou lyriques, les crescendos menant à d’éloquentes explosions orchestrales.

De nouveau la direction incisive de Lintu souligne le modernisme aéré des riches polyphonies dynamiques des orchestrations d’Enesco, la musicalité de son orchestre dégageant sans emphase la puissance d’émotion toujours inhérente aux partitions du maître roumain. La densité opulente plus massive et plus romantique de certaines prestations telles, par exemple, celles de Guennadi Rojdestvenski se défend peut-être, mais on peut leur préférer la riche clarté finlandaise, fidèle et haute en saveur. © 2015 ConcertoNet.com




Stéphane Friédérich
Classica, April 2015

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