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Album Reviews



 
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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, May 2016

ZEMLINSKY, A.: 7 Lieder von Nacht und Traum / Chamber Symphony (Carlstedt, Lapland Chamber Orchestra, Storgårds) ODE1272-2
ZEMLINSKY, A.: Seejungfrau (Die) / Sinfonietta (Helsinki Philharmonic, Storgårds) ODE1237-5

Coup sur coup, John Storgårds publie deux albums dévolus à Zemlinsky, largement envisagé sous l’angle de la transcription. Non pas d’une transcription qui réduirait son orchestre opulent à quelques instruments, mais au contraire qui élargit la palette—décor comme expression—d’un cycle de chant du piano à l’orchestre ou d’un quatuor à un vaste ensemble de chambre.

Les Sieben Lieder von Nacht und Traum ne constituent pas l’opus vocal le plus couru de Zemlinsky, et d’ailleurs ce cycle n’existe que grâce à son transcripteur, Richard Dünser, qui y assemble des lieder écrits pour voix médiane par le jeune compositeur entre 1896 et 1901 : l’omniprésence de l’influence de Mahler dans les touches populaires comme dans un lyrisme ombreux est encore rehaussée par ce petit orchestre à la fois profus et évocateur. Jenny Carlstedt se débrouille de cette parure parfois un rien trop entêtante, n’oubliant jamais de faire sonner le texte.

La proposition est autrement stupéfiante pour le vaste Deuxième Quatuor à cordes qui, revisité par un orchestre de chambre assez étendu, sonne soudain comme une nouvelle Kammersymphonie, plus proche de celles imaginées par Arnold Schoenberg que du modèle posé par Franz Schreker. John Storgårds lui donne un élan dramatique certain, s’en fait si bien l’avocat qu’elle devrait trouver les chemins du concert.

Après ces élargissements, comment faire aussi grand avec du plus petit ? Roland Freisitzer n’a pas froid aux yeux en s’attaquant à un des chefs-d’œuvre de la maturité de Zemlinsky, sa Sinfonietta qui sera crée à Prague en 1935 et enthousiasmera Schoenberg lorsqu’il entendra la radiodiffusion d’un concert du New York Philharmonic dirigé par Dimitri Mitropoulos le 29 décembre 1940. En réduisant le nombre d’instrumentistes, Freisitzer aiguise encore les prodigieuses symphonies de timbres que Zemlinsky resserra dans une écriture à la pointe sèche, John Storgårds choisissant l’option, admise par le transcripteur, d’employer tout le quatuor d’orchestre.

Mais la vraie surprise de ces deux disques assez somptueux reste la gravure en première mondiale de la version originale de Die Seejungfrau, œuvre manifeste de sa jeunesse, rétablissant les deux vastes sections que Zemlinsky avait coupées probablement sur les conseils de Schoenberg. Le visage de l’œuvre en est changé, elle devient l’alter ego du Pelleas und Melisande de l’auteur de Verklärte Nacht, et Storgårds en offre une lecture fascinante, sombre, expressionniste, prouvant qu’il doit poursuivre dans ce tropisme viennois déjà illustré par deux splendides albums Korngold. Et si demain, il nous proposait la Lyrische Symphonie ? © 2016 ARTAMAG’




Maxime Lawrence
Classica, June 2015

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Florent Coudeyrat
ConcertoNet.com, May 2015

Encore méconnue de la plupart des mélomanes, la fantaisie pour orchestre La Petite Sirène de Zemlinsky a connu ces dernières années un regain d’intérêt au concert grâce au chef d’orchestre russe Andrey Boreyko, défenseur de l’œuvre sur le vieux continent et aux Etats-Unis. Suite à la dispersion de la partition entre plusieurs détenteurs, l’œuvre avait dû attendre son heure avant sa redécouverte par le musicologue et chef d’orchestre allemand Peter Gülke. Celui-ci en assura la recréation en 1984, près de 80 ans après la création en 1905—grand succès auprès des critiques de l’époque qui purent entendre cette œuvre concomitamment avec le Pelléas et Mélisande de Schoenberg. Maeterlinck contre Andersen, un match déjà inégal, aggravé par la sentence sévère d’Alma Mahler: «D’abord le professeur de Schoenberg, Zemlinsky en devint plus tard l’élève».

On perçoit immédiatement à l’écoute de cette Petite Sirène combien l’inspiration créatrice des deux hommes prend déjà des chemins bien différents. Dans la lignée de la première période de Zemlinsky, marquée par deux symphonies «de jeunesse» (1893 et 1897) aujourd’hui peu jouées, cette fantaisie symphonique ne cache pas ses influences postromantiques. Le début mystérieux et un peu fuyant fait ainsi penser aux atmosphères entêtantes du Rachmaninov de L’Ile des morts, avant de saisir par sa puissance évocatrice—même si son sens mélodique reste toujours en deçà du grand maître russe. Zemlinsky impressionne surtout par ses climats évocateurs, riches et variés, portés par une luxuriance orchestrale superbe. Seul Strauss ou Schreker iront plus loin encore dans l’exubérance des timbres enchevêtrés. Contrairement à sa Symphonie lyrique (1924) plus connue, Zemlinsky évite de surcharger les parties de cuivres, proposant un entrelacs de couleurs enivrant. John Storgårds dirige un superlatif Orchestre philharmonique d’Helsinki, de surcroît magnifiquement capté, embrassant d’un grand geste romantique cette partition par l’opposition saisissante des groupes d’instruments. Très narrative, sa direction est passionnante de bout en bout.

Si le disque précise fièrement en couverture les «premières mondiales» des œuvres ici regroupées, il s’agit seulement pour La Petite Sirène d’un ajout de cinq minutes de musique coupées par Zemlinsky pour équilibrer la structure du deuxième mouvement. L’innovation la plus radicale est l’arrangement de la Sinfonietta, composée en 1934, pour un orchestre de chambre. Réalisée en 2013 par Roland Freisitzer, un ancien élève d’Alfred Schnittke, cette adaptation offre un visage encore plus moderniste à cette œuvre marquée du sceau de l’influence de Hindemith. Tout en laissant une place à l’expression du violon solo, John Storgårds offre des délices de transparence en contraste aux courts motifs tour à tour narquois et sautillants, respectant toujours le subtil équilibre des différents dialogues entremêlés. Une œuvre maîtresse idéalement interprétée—complément opportun pour bien saisir les différentes phases créatrices du maître viennois. © 2015 ConcertoNet.com





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