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Album Reviews



 
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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, November 2016

Olli Mustonen a probablement entendu l’enregistrement où Serge Prokofiev joue son Troisième Concerto sous la direction de Piero Coppola. Sans rien d’archéologique, il lui aura pris ce ton cassant, ce sens de la caractérisation, cette manière de faire du piano un personnage sur le clavier duquel tout se modèle y compris d’ailleurs l’orchestre.

Mais le génie d’accents, de traits, d’attaques, de phrasés qu’il y infuse, avec l’aplomb technique incroyable qu’on lui sait, transforme littéralement ce chef-d’œuvre que tant de pianistes ont pris l’habitude de jouer d’un trait, croyant pouvoir y égaler Martha Argerich.

Olli Mustonen prend le contrepied de cet abus, il donne tout à entendre d’une des partitions les plus fascinantes qui soient, modelant le son, le piquant avec ces phrasés dessinés au cordeau où brille son pianisme fulgurant et allusif, percutant lorsqu’il le faut, mais avec toujours ce rebond qui anime chaque phrase d’angles, de saillies, de contrepoints. Le premier mouvement sonne comme jamais vous ne l’avez entendu, les variations sont parcoures d’idées sciantes, le Finale est un incendie mais maîtrisé, construit comme un inexorable crescendo.

Il n’en fallait pas moins pour se rappeler qu’Olli Mustonen n’a rien abdiqué de ce qui faisait la singularité de son art alors qu’il était jeune homme, enregistrant sous étiquette Decca des disques qui giflaient les critiques avec impertinence et secouaient les mélomanes. On avait cru à un effet de mode, alors qu’un artiste s’y dessinait déjà tout entier.

Ce nouvel opus, premier volume d’une intégrale des Concertos de Prokofiev est un sacré soufflet, rappelle que ce que joue Mustonen, il le réinterprète drastiquement sans se soucier des traditions : il voit toute musique de chez lui, son génie pianistique est à l’égal de ceux des compositeurs. Écoutez comment il persifle le pastiche du Premier Concerto, qu’Hannu Lintu lui débute en faisant ronfler les contrebasses, singerie du premier mouvement du Concerto de Tchaïkovski, puis le piano s’échappe, caracole, rigole, s’esclaffe, véritable arlequin. Mais c’est simplement génial !

Le 4e, cet éternel sacrifié, danse littéralement, piano cubiste comme en équilibre instable, cela tangue et hurle, moderne, bruitiste, railleur, on croirait l’encre toute fraîche sur la partition. Le miracle reste que la vision si singulière, si aboutie voulue par le pianiste soit si parfaitement relayée, étayée, par Hannu Lintu et son orchestre. Je me demande bien ce qu’ils feront du Deuxième Concerto. En attendant, ce disque vous est indispensable. © 2016 ARTAMAG’



Jean-Baptiste Baronian
Crescendo (France), November 2016

La discographie du pianiste, chef d’orchestre et compositeur finlandais Olli Mustonen s’enrichit chaque année davantage depuis 1988 et couvre un spectre très large allant de Jean-Sébastien Bach à Rodion Chtchedrine et incluant aussi bien des œuvres symphoniques, des concertos que de la musique de chambre. Comme les cinq concertos pour piano de Serge Prokofiev sont désormais indissociables de l’histoire mondiale du clavier, Olli Mustonen se devait, tôt ou tard, de les interpréter à son tour et d’en livrer au public sa propre lecture. En l’occurrence, il en a choisi trois : le Concerto n° 1 en ré majeur, le Concerto n° 3 en do majeur et le Concerto n° 4 en si bémol majeur, que Serge Prokofiev a écrit en 1931 à la demande du soliste viennois Paul Wittgenstein, dont on sait qu’il avait perdu la main droite durant la Première Guerre mondiale.

D’une façon générale, Olli Mustonen a mis l’accent sur leur aspect percussif, mais sans doute un peu trop, ce qui apparaît surtout dans le Concerto n° 4, qu’on peut considérer comme un brillant exercice de style—d’ailleurs la raison principale pour laquelle Sviatoslav Richter, pourtant grand admirateur de Serge Prokofiev, n’a jamais voulu le jouer en concert. Sa version du célébrissime Concerto n° 3, peut-être le plus beau du genre au XXe siècle avec le Concerto en sol de Maurice Ravel, montre la qualité du jeu d’Olli Mustonen, mais elle n’a rien d’exceptionnel. Bien au contraire, elle est convenue, presque sage, alors que cette partition requiert une formidable dose d’énergie et de fougue, pour ne pas dire un grain de folie musicale. En somme, des exécutions en demi-teinte. © 2016 Crescendo (France)





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