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Album Reviews



 
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Jean-Baptiste Baronian
Crescendo (France), November 2017

Les deux œuvres d’Alexander von Zemlinsky de ce disque ne sont pas… d’Alexander von Zemlinsky. Clairement dit, ce sont des arrangements réalisés en 2013 par Richard Dünser, un compositeur autrichien, qui est né à Bregenz en 1959 et qui a eu la chance d’étudier avec Hans Werner Henze à Cologne. Les arrangements, Richard Dünser en a du reste fait une de ses grandes spécialités, puisqu’il est aussi attaqué à Franz Schubert, à Arnold Schoenberg, à Alban Berg et à Anton Webern, un peu comme s’il s’était donné pour tache de remodeler leurs musiques, selon ses propres critères. On doit toutefois reconnaître que son travail possède de réelles qualités d’écriture et qu’en l’occurrence, il serait impropre de parler de trahison, et encore moins de plagiat. Tout se passe, au contraire, comme si Richard Dünser avait ranimé les deux œuvres d’Alexander von Zemlinsky en question, c’est-à-dire les Sieben Lieder von Nacht und Traum (Sept mélodies de la nuit et du rêve) et le Quatuor à cordes n° 2, sur lequel est basé sa longue Chamber Symphony en cinq mouvements, et les avait enrichies grâce à une palette orchestrale des plus étincelantes. L’idéal eût été que l’éditeur les couple avec les versions originales datant respectivement de 1934 et de 1915, afin qu’on ait la possibilité de porter un jugement objectif. Encore que la notion de jugement objectif, en musique comme en d’autres matières, soit extrêmement aléatoire. © 2017 Crescendo (France)



Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, May 2016

ZEMLINSKY, A.: 7 Lieder von Nacht und Traum / Chamber Symphony (Carlstedt, Lapland Chamber Orchestra, Storgårds) ODE1272-2
ZEMLINSKY, A.: Seejungfrau (Die) / Sinfonietta (Helsinki Philharmonic, Storgårds) ODE1237-5

Coup sur coup, John Storgårds publie deux albums dévolus à Zemlinsky, largement envisagé sous l’angle de la transcription. Non pas d’une transcription qui réduirait son orchestre opulent à quelques instruments, mais au contraire qui élargit la palette—décor comme expression—d’un cycle de chant du piano à l’orchestre ou d’un quatuor à un vaste ensemble de chambre.

Les Sieben Lieder von Nacht und Traum ne constituent pas l’opus vocal le plus couru de Zemlinsky, et d’ailleurs ce cycle n’existe que grâce à son transcripteur, Richard Dünser, qui y assemble des lieder écrits pour voix médiane par le jeune compositeur entre 1896 et 1901 : l’omniprésence de l’influence de Mahler dans les touches populaires comme dans un lyrisme ombreux est encore rehaussée par ce petit orchestre à la fois profus et évocateur. Jenny Carlstedt se débrouille de cette parure parfois un rien trop entêtante, n’oubliant jamais de faire sonner le texte.

La proposition est autrement stupéfiante pour le vaste Deuxième Quatuor à cordes qui, revisité par un orchestre de chambre assez étendu, sonne soudain comme une nouvelle Kammersymphonie, plus proche de celles imaginées par Arnold Schoenberg que du modèle posé par Franz Schreker. John Storgårds lui donne un élan dramatique certain, s’en fait si bien l’avocat qu’elle devrait trouver les chemins du concert.

Après ces élargissements, comment faire aussi grand avec du plus petit ? Roland Freisitzer n’a pas froid aux yeux en s’attaquant à un des chefs-d’œuvre de la maturité de Zemlinsky, sa Sinfonietta qui sera crée à Prague en 1935 et enthousiasmera Schoenberg lorsqu’il entendra la radiodiffusion d’un concert du New York Philharmonic dirigé par Dimitri Mitropoulos le 29 décembre 1940. En réduisant le nombre d’instrumentistes, Freisitzer aiguise encore les prodigieuses symphonies de timbres que Zemlinsky resserra dans une écriture à la pointe sèche, John Storgårds choisissant l’option, admise par le transcripteur, d’employer tout le quatuor d’orchestre.

Mais la vraie surprise de ces deux disques assez somptueux reste la gravure en première mondiale de la version originale de Die Seejungfrau, œuvre manifeste de sa jeunesse, rétablissant les deux vastes sections que Zemlinsky avait coupées probablement sur les conseils de Schoenberg. Le visage de l’œuvre en est changé, elle devient l’alter ego du Pelleas und Melisande de l’auteur de Verklärte Nacht, et Storgårds en offre une lecture fascinante, sombre, expressionniste, prouvant qu’il doit poursuivre dans ce tropisme viennois déjà illustré par deux splendides albums Korngold. Et si demain, il nous proposait la Lyrische Symphonie ? © 2016 ARTAMAG’



Christophe Huss
Le Devoir, January 2016

Zemlinsky fut de ces compositeurs qui firent face à la problématique de l’évolution de la musique après Gustav Mahler. Les chemins séparèrent Zemlinsky et son beau-frère, élève et ami Arnold Schönberg. Si ce dernier brassa les cartes harmoniques, Zemlinsky continua toute sa vie de cultiver la tension harmonique et l’expressionnisme musical. De fait, peu de choses différencient l’univers de La nuit transfigurée de Schönberg (1899) et celui du magistral 2eQuatuor de Zemlinsky (1913–15) qui lui est dédié. L’originalité de ce CD est de nous révéler deux adaptations pour orchestre de chambre (avec vents) de Richard Dünser, compositeur né en 1959. Pour les mélodies, il a puisé dans cinq opus pour créer un cycle autour de la nuit et du rêve. L’ensemble est original et très convaincant. Au passage : l’un des professeurs d’harmonie de Zemlinsky fut… Robert Fuchs ! © 2016 Le Devoir





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