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Christophe Huss
Le Devoir, December 2015

BACH, J.S.: Goldberg Variations / 14 Verschiedene Canones ALPHA014
BACH, J.S.: Goldberg Variations, BWV 988 (Vogt) ODE1273-2
BACH: GOLDBERG VARIATIONS 825646051779
BACH, J.S.: Goldberg Variations / BEETHOVEN, L. van: Diabelli Variations / RZEWSKI, F.: The People United will never be Defeated (Levit) 886444998178

Si l’on excepte l’enregistrement d’une certaine Lori Sims (2P Records) qui ne mérite aucun commentaire, et après avoir mentionné la réédition de l’une des trois plus grandes versions sur clavecin, celle de Céline Frisch (Alpha), comparons trois pianistes majeurs qui viennent de léguer leur version des Goldberg: Lars Vogt (Ondine), Alexandre Tharaud (Erato) et Igor Levit (Sony).

Là aussi, trois approches très différentes. Lars Vogt est quasiment mathématique, il déroule les lignes comme un ingénieur conçoit un pont : toutes les voix sont strictement équilibrées. Il martèle, et son piano est un clavecin amphétaminisé tant il utilise peu les nuances. L’objectivité est à son comble. Cette version mécanique est impressionnante, mais glaciale.

Alexandre Tharaud a pris neuf mois sabbatiques pour enfanter ses Goldberg, qui, comme chez Zhu Xiao-mei, sont un véritable parcours humain, plus accompli et convaincant que lorsque le pianiste français joua l’oeuvre à Montréal. Tharaud n’a pas le même parcours de vie que Zhu Xiao-mei, son message est donc différent. Mais il a réussi une version poétique et intensément chantante qui nous captive et, donc, compte.

Igor Levit, qui couple les Goldberg avec les Diabelli de Beethoven et The People United Will Never Be Defeated de Rzewski (trois siècles, trois cycles de variations), raconte davantage que Vogt, mais on ressent une forme de démonstrativité («Il est beau mon trille!» «Avez-vous vu comme j’ai compris l’ornementation chez Bach?») qui finit par apparaître un peu pédante. C’est justement ce que les gens aimaient chez Gould. Alors, il aura des adeptes. © 2015 Le Devoir



Gilles d’Heyres
ConcertoNet.com, December 2015

BACH: GOLDBERG VARIATIONS 825646051779
BACH, J.S.: Goldberg Variations, BWV 988 (Vogt) ODE1273-2
Bach: Goldberg Variations, BVW 988 C864141A

On doit approcher les cinq cents versions pour les Variations Goldberg (1740) de Jean-Sébastien Bach (1685–1750). Il faut dire que la partition—par la splendeur de sa forme, la puissance de son contenu et la liberté qu’elle offre aux interprètes pour en diversifier les nuances et les rythmes—est de celles qui donnent prise à une multitude d’interprétations. Ces trois enregistrements—réalisés par d’éminents pianistes (allemand, français et russe)—témoignent de cette diversité.

Lars Vogt (né en 1970) joue les cartes de la richesse dans les sonorités et du tonus dans les rythmiques. Ses Goldberg séduisent par l’unité du souffle et du toucher. L’équilibre entre la tenue de chaque partie et la logique du tout est très rarement pris en défaut. La Vingt-huitième variation est, à ce titre, un modèle de maîtrise du poignet—à faire écouter à tous les pianistes débutants. On aimerait peut-être davantage de fantaisie dans l’énoncé des thèmes et—plus rarement—moins de mollesse dans le tempo (comme dans les ralentis de la Trentième variation, par exemple). Une brutalité excessive pourrait aussi donner l’impression d’un propos trop «brut de décoffrage» par moments—à l’image d’une Huitième variation fort sèche. Mais l’essentiel de cette interprétation hautement recommandable (notamment pour une première approche) emporte l’adhésion.

Alexandre Tharaud (né en 1968) a pris son temps pour livrer sa vision de la partition, comme il l’expose, de façon un tantinet impudique, au début du film (réalisé avec subtilité par Stéphan Aubé) offert en DVD bonus. Le pianiste français déploie plus d’autonomie dans les lignes; plus de liberté rhapsodique aussi. Un toucher d’une exceptionnelle clarté permet notamment d’exalter la grâce de la Sixième variation et de remplir d’évidence la Dix-neuvième (d’une vivacité sculpturale). S’y ajoute une recherche permanente de l’originalité dans le flux dynamique comme dans l’ornementation du propos—à l’image des Dixième, Onzième, Treizième, toutes pleines de trouvailles. Et pourtant, le résultat ne convainc pas pleinement—confiné dans une demi-mesure permanente qui se révèle plutôt fade. Il donne in fine le sentiment d’un discours heurté—comme dans l’ostentation de la Quatrième variation ou dans le surplace de la Neuvième—et qui manque de corps (on pense aux gazouillis de la Septième, qui confondent Couperin et Bach). Peu probant.

Vingt ans après son magistral enregistrement des Goldberg (un disque Denon que tous les amateurs de l’œuvre se doivent de posséder), Konstantin Lifschitz (né en 1976) remet l’ouvrage sur le métier. Si ce disque n’occulte pas de menues imperfections inhérentes au live (un concert bavarois de 2012), il impressionne par la prise de risques autant que par la hauteur de vue d’une interprétation sans concession et sans fadeur. Et il réjouit par le souffle polyphonique de l’ensemble: accélérant sans haleter, sachant prendre des respirations profondes sans assécher le timbre ni la voix.

Un maître est à la manœuvre—prenant des libertés et assumant les audaces. Par son instabilité même, l’Aria dessine d’ailleurs moins un cadre qu’elle ne trace une perspective: celle de l’espoir mais également de l’angoisse. A tel point que les Quatrième ou Septième variations suintent l’effort pour mieux représenter le malaise de l’humanité. De même, la mise en valeur des voix secondaires dans la Neuvième et l’étonnant caractère martial de la Vingt-sixième ne manquent pas de troubler. L’animation des passages les plus virtuoses se fait pourtant sans répit aucun.

On admire plus encore le soin apporté aux transitions. La rhapsodie élégiaque chantée par la Douzième variation s’enchaîne miraculeusement avec une Treizième coulant de source, exécutée à un rythme qui se transforme imperceptiblement en une angoisse sourde, avant d’exploser au milieu d’une Quatorzième qui jaillit pour se faire cure de jouvence (faisant écho aux rythmes implacables de la Vingtième). La même transfiguration est à l’œuvre dans la Vingt-et-unième, qui s’achève dans la poésie de la Vingt-deuxième (comme dans les notes finales de l’œuvre).

On espérait que ce «remake» ressemblât à celui de Glenn Gould: si cet espoir n’est pas entièrement comblé, ce disque n’en reste pas moins épatant et mérite l’oreille de tous les amoureux de Bach. Un disque certes exigeant, plus naturellement destiné aux oreilles déjà coutumi& egrave;res du recueil. Mais un disque qui déborde d’intelligence et d’humanité. © 2015 ConcertoNet.com



Philippe Adelfang
Musique pour tous, August 2015

Avec un regard humble, un sentiment dépuré et un discours dépourvu de tout maniérisme superflu, Lars Vogt nous dévoile en disque sa vision des variations Goldberg de Bach.

Même si, comme il nous le dit, un de ses points de départ soit la version de Gould, à l’écoute de ce disque on se rend compte qu’on est en présence d’un autre type de musicien. Pour Vogt le sentiment n’est pas un véhicule du discours musical, mais plutôt une frontière à ne pas dépasser. Cette “approche” intelligente, fait en sorte que sont jeux soit toujours clair et transparent, sans aucun élément externe à la musique qui puisse le déranger.

Version moderne et attendue, elle aura surement une place de choix dans la discographie, en tout cas dans la mienne. © 2015 Musique pour tous





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