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Album Reviews



 
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Cécile Chéraqui
Classica, February 2019

Pour sa première incursion dans la musique romantique, Aapo Häkkinen, spécialiste du répertoire baroque, choisit de mettre en lumière un Schumann peu connu. Adventlied, oeuvre spirituelle, reflet de ses recherches tant sur le plan littéraire que musical, s’ouvre délicatement sur un orchestre léger qui soutient la voix de Carolyn Sampson et le choeur de femmes, avant d’éclater subitement au son des cuivres et du choeur d’hommes. Ce contraste entre douceur et brillance structure toute l’oeuvre. Le souci d’exactitude historique a poussé Häkkinen à adopter la même disposition que celle du Gewandhaus de Leipzig en 1844, divisant ainsi le choeur sans inquiéter la précision ni la cohésion. Ballade vom Pagen und der Königstochter fait entendre un Schumann tardif, composant avec une plus grande économie de moyens. L’équilibre entre toutes les parties est parfait et permet d’admirer jusqu’au son de la harpe. Les solistes s’intègrent à merveille à l’ensemble, mais Benno Schachtner multiplie les effets vocaux sans véritable raison. La Cantate BWV 105 revue par Schumann convainc moins. Le tempo rapide du début ne permet pas de ressentir les dissonances des chromatismes mouvants et, au-delà de l’utilisation de la clarinette pour remplacer le hautbois, on se demande ce qu’apporte cette réorchestration. © 2019 Classica




Jean-Philippe Grosperrin
Diapason, November 2018

Il existe encore des œuvres de Schumann inédites au disque. Tel cet imposant Chant de l’Avent avec orchestre qui date des années dresdoises, comme la révision de la BWVW105 (une première aussi, sauf erreur). Et l’Opus 140, révélé en 1986 par l’intégrale Emi des grandes ballades avec chœur gravée à Düsseldorf, est ici joué d’après un manuscrit autographe, sans les altérations de la partition imprimée.

Il n’est pas bien assuré que le style adopté (le chef et claveciniste excelle dans Bach, on le sait) et l’emploi d’un contre-ténor conviennent à la cantate de 1849, et l’air sublime du soprano («kWie zittern und wankenk»), dont le hautbois obligé est remplacé par une clarinette, offre plus de clarté plastique que de chair pensive. La résonance existentielle que cette musique pouvait avoir pour Schumann ne se sent guère. Mais on goûte dans l’Adventlied (plus d’un quart d’heure en sept sections enchaînées) la texture des instruments anciens, la beauté unitive du chœur, le recueillement (voix féminines notamment), la ductilité et la respiration du tout, sans assécher ni tonitruer. L’âme de Schumann s’entend de part en part, y compris dans le passage en choral—une réussite.

La pièce maîtresse reste la Ballade du page et de la fille du roi, sur des vers de Geibel modulant en quatre parties une histoire analogue à celle du Klagendes Lied de Mahler. Aapo Häkkinen en offre une lecture bien plus attentive aux configurations rythmiques et aux arêtes du récit que la version citée de Bernhard Klee. La beauté évocatrice des timbres saisit d’entrée, comme la maîtrise des sinuosités, et l’ondulation lancinante des cordes structure superbement le meurtre du page. Au sein de la marine au climat si ambigu (bravo encore aux dames du chœur), quand l’Ondin fabrique la harpe avec l’os du défunt, on perçoit enfin le coloris singulier voulu par Schumann.

Ce sens poétique de l’étrangeté culmine dans la conclusion chorale, où la largeur du tempo flatte l’extinction troublante des sons. Les solistes sont hélas inégaux. Face à Werner Güra, simplement parfait comme dans tout le programme, Cornelius Uhle est un roi falot –kl’autre basse a plus d’envergure. La musicalité de Carolyn Sampson manque pourtant de liberté et de poids dans le discours (dernière partie). Confier le ciment de la narration à Benno Schachtner était enfin une idée bien baroquek: la voix a beau sonner au milieu comme un mezzo féminin, l’écriture romantique surexpose ses limites aux extrêmes, et surtout la phonation des mots s’enlise. Une ombre qui ne pèse guère sur le projet bienvenu d’une équipe inspirée. © 2018 Diapason





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