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Album Reviews



 
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Tristan Labouret
Classica, November 2018

BRAHMS, J.: Violin Sonatas Nos. 1-3 / Lieder (arr. for violin and piano) (Kaakinen-Pilch, T. Hakkila) ODE1315-2
BRAHMS, J.: Violin Sonatas Nos. 1-3 / Violin Sonata, “F-A-E” (Schayegh, J. Schultsz) GCD924201

Parus à quelques mois d’intervalle, ces deux disques explorent l’intégrale des sonates pour violon et piano de Brahms sur instruments d’époque. C’est là leur seul point commun. Tandis que le duo finlandais se démarque peu des traditions interprétatives modernes, Schayegh et Schultsz prennent des décisions radicales qui renouvellent l’écoute : usage quasi systématique de l’arpège au piano, portamentos appuyés au violon, souplesse et autonomie des deux lignes instrumentales… Issus d’une réflexion sur le style du temps de Brahms, ces choix produisent un résultat rafraîchissant. Outre la transparence harmonique acquise grâce au pianoforte, on admire la liberté et la fluidité qui se dégagent de l’ensemble. L’architecture des oeuvres paraît ainsi allégée, dénuée d’un caractère monumental qui a longtemps été la norme (Perlman et Ashkenazy, EMI, 1983).

Ce Brahms intimiste et sensible souffre cependant de quelques excès qui empêchent d’être complètement séduit. Au piano, la diction délicate à l’extrême nuit régulièrement à la perception de l’harmonie tandis que la violoniste procède parfois à des choix de doigtés étonnants, peu propices à la clarté du chant (bariolages tortueux, glissades évitables). Le choix d’aiguiser violemment les sforzandos (premier mouvement de la Sonate n° 3) achève de surprendre au sein d’un album par ailleurs très cohérent.

Le jeu sur instruments d’époque apporte également une couleur singulière au duo Kaakinen-Pilch- Hakkila, qui installe un son rond et mat tout à fait agréable. En cultivant une unité de timbre et de tempo, au détriment de la variété des intentions, les deux finlandaises offrent une vision du corpus brahmsien beaucoup plus consensuelle que l’interprétation de Schayegh et Schultsz. Très homogène, l’album se distingue par le déploiement naturel du phrasé, qui rapproche ces sonates des lieder écrits par le compositeur. Sur le disque, chaque oeuvre est d’ailleurs intelligemment précédée d’un lied en rapport (transcrit pour violon). Le timbre relativement uniforme du violon et la discrétion des contrastes finissent toutefois par lasser. Les amateurs du répertoire brahmsien trouveront des expérimentations autrement plus passionnantes dans la profondeur de Leonidas Kavakos et Yuja Wang (Decca, 2013) ou dans la sensualité de Christian Tetzlaff et Lars Vogt (Ondine, 2015). © 2018 Classica




Nicolas Derny
Diapason, September 2018

Un Streicher de 1864 pour la transcription du Regenlied et la Sonate noV1, un Bösendorfer de 1892 pour le reste. Et le violone? Plus radicale qu’Isabelle Faust, qui assumait une bonne part de subjectivité à mi-chemin entre deux mondes, Sirkka-Liisa Kaakinen-Pilch applique sa stricte expérience de la musique ancienne à l’auteur du Requiem allemand. La Finlandaise, que l’on connaissait chez Bach et Graupner (Ondine), a-t-elle vraiment tenu compte des traces sonores laissées par Joseph Joachim en 1903-1905e? La courbure de l’archet réalisé par Luis Eilio Rodriguez lui dicte une articulation que l’on prêterait plutôt à Beethoven, inspirée par sa lecture des traités d’hier.

Gardons-nous de jeter le bébé avec l’eau du bain. Certes, Kaakinen-Pilch tarabiscote un certain nombre de phrases pour les décaper à tout prix. On peut aussi nourrir bien des réserves quant au timbre fragile de son instrument, à une intonation qui n’évite pas un certain nombre de vilains miaulements, et à quelques valeurs rythmiques raccourcies – le pompon aux blanches (pas) pointées (du tout) dans le Vivace ma non troppo de l’OpusV78 (mesure 29-35, 1’ 07’’). Un choix d’autant plus curieux que rien ne lui interdit de chanter ailleurs avec la juste longueur de crin, ni de trouver un souffle plus convaincant (Presto agitato de la Sonate no 3).

Qu’on adhère ou pas à la démarche, personne ne regrettera le rééquilibrage des parties de violon et de piano, qui n’allait pas forcément de soi avec le clavier de Melnikov (partenaire de Faust). Mieuxn: avec plus d’un tour dans son sac pour faire vivre l’écriture de Brahms, Tuija Hakkila édifie les murs porteurs d’une architecture qui, bien que solide, ne pèse pas un gramme de trop. Un soutien de loin préférable aux bégaiements de Natalia Grigorieva avec Ilia Korol (Challenge Classics). © 2018 Diapason





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