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Album Reviews



 
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Jean-Baptiste Baronian
Crescendo (France), August 2016

Pour des raisons qui ne sont pas toujours très claires ni très compréhensibles, Igor Stravinski a éprouvé le besoin, dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, de revenir sur certaines de ses premières œuvres et d’en écrire une nouvelle version. Il a ainsi remodelé en 1946 son ballet Petrouchka, dont la partition originale date de 1911. Mais dès 1921, il en avait déjà proposé une version pour piano seul intitulée Trois mouvements de Petrouchka. Par la suite, il en a donné une version pour piano à quatre mains, avant de composer diverses suites à partir des airs les plus célèbres de son ballet. La très populaire Dans russe a par exemple fait l’objet d’un arrangement pour violon et piano, qu’Igor Stravinski a lui-même créé en 1932, aux côtés du violoniste Samuel Dushkin.

Le chef d’orchestre et pianiste américain Dennis Russell Davies a eu l’heureuse idée d’enregistrer deux Petrouchka : la version de 1911 avec l’Orchestre symphonique de Bâle et la version pour piano à quatre mains avec Maki Namekawa. Bizarrement, le timing des deux œuvres n’est pas identique. D’une manière générale, la version pour piano à quatre mains est plus longue que la version orchestrale originale. La « Danse des nounous », le deuxième mouvement du quatrième tableau, dure ainsi près d’une minute de plus (5’ 55’’ contre 5’ 02’’—ce qui, en l’occurrence, est énorme). Cette version pour piano à quatre mains est par ailleurs beaucoup trop percussive et, forcément, elle est loin de rendre toutes les subtilités et les trouvailles de la version orchestrale de 1911, laquelle demeure un pur chef-d’œuvre et que Dennis Russell Davies dirige avec un remarquable sens des rythmes. © 2016 Crescendo (France)



Jean-Luc Caron
ResMusica.com, July 2016

Après la sortie de l’Oiseau de feu il y a quelques semaines, voici le tour de Pétrouchka dans la version originale de 1911.

On retrouve les mêmes interprètes, à savoir l’Orchestre symphonique de Bâle et le chef américain Dennis Russell Davis au pupitre puis au piano en compagnie de Maki Namekawa pour la version à quatre mains. On peut avancer d’emblée que Petrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux, créé à Paris en juin 1911 sous la direction de Pierre Monteux pour les Ballets russes au Châtelet dans une chorégraphie de Fokine, appartient au meilleur du catalogue du maître russe. Le court thème principal qui reviendra tout au long de la partition, précis et aisément mémorisable, lancinant presque, provoquant un impact puissant sur l’auditeur, signe ce chef-d’œuvre. Initialement, Stravinsky avait envisagé d’écrire un concerto pour piano et orchestre, mais l’idée d’un piano « pantin subitement déchaîné, qui par ses cascades d’arpèges diaboliques exaspère la patience de l’orchestre, lequel à son tour répond par des fanfares menaçantes », convainquit Diaghilev que cet argument revenait presque naturellement à un ballet. Le thème hoquetant évoqué, basé sur une rengaine occidentale bien connue, correspond au pantin désarticulé opposé aux rêveries mélancoliques et dissonantes. Le déroulement musical fourmille d’énergie et de pauses, d’enthousiasme et de tristesse, de multiples trouvailles et originalités au niveau des thèmes variés, des rythmes (cadences irrégulières, martèlements, attaques mordantes, polyrythmie…) et des timbres inouïs. Pétroucka est un authentique festival sonore aux couleurs exquises, au flamboiement orchestral attachant autant qu’impressionnant.

L’orchestre suisse apparaît au sommet de ses capacités et nous fournit là une version inoubliable tant il répond idéalement aux exigences du compositeur russe. Ce haut degré de réalisation doit beaucoup, évidemment, à Russell Davis. Le résultat est magique ! La version pour piano à 4 mains, sans démériter, a bien du mal à restituer la féerie de toutes ces inventions confiées à l’orchestre, et ce malgré une brillante exécution. © 2016 ResMusica.com





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