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Simon Corley
ConcertoNet.com, October 2016

SWR Music poursuit à un rythme soutenu la publication des dix volumes de son édition en l’honneur de Michael Gielen: après un premier volume allant de Bach à Schubert et un deuxième intégralement consacré à Bruckner, le troisième regroupe des enregistrements d’œuvres de Brahms réalisés en studio entre avril 1989 et décembre 2005. Ce n’est pas non plus dans ce répertoire qu’on attend a priori le chef allemand et (feu) son Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden et Fribourg, dont il fut le directeur musical de 1986 à 1999 avant d’en devenir le chef honoraire, mais il se confirme que sa réputation de spécialiste de la musique du XXe siècle a injustement éclipsé ses qualités dans d’autres répertoires. Pourtant, comme le fait apparaître la notice (en allemand et en anglais), Gielen avoue préférer, chez Brahms, sa musique de chambre et pour piano, qu’il juge plus riche en moments «introvertis» (verinnerlicht), à l’image—on n’en sera évidemment pas surpris—de ce Brahms «progressiste» dont Schönberg fit l’éloge. Seuls inédits de ces cinq heures et vingt minutes de musique, un Premier Concerto pour piano (1991) presque plus classique que romantique mais avec Gerhard Oppitz, grand brahmsien s’il en est, poète d’une infinie subtilité, et un Chant du destin (2005) avec le Chœur de la WDR de Cologne, d’une chaleureuse spiritualité qui fait regretter l’absence du Requiem allemand. Mais on découvrira ou redécouvrira avec un même bonheur les quatre autres disques, tout au long desquels il impose une vision cohérente et convaincante, d’une tenue irréprochable: plutôt qu’un Brahms tout en rondeur, en épaisseur et en Gemütlichkeit, il fait primer la rigueur, la clarté, la révélation de certaines voix secondaires. Rien d’excessivement intellectuel, pour autant, dans cette approche, certes plus intransigeante que sensuelle, mais qui manque moins de générosité que, çà et là, de respiration, revers de son souci d’éviter tout alanguissement suspect. Ce n’est certes pas l’orchestre le plus séduisant qui soit, mais aucune faiblesse ne vient réellement ternir ni les quatre Symphonies (dont des Deuxième et Troisième denses et stylées), ni les «compléments» (Variations sur un thème de Haydn, Ouverture tragique). Bien plus, se détachent aussi bien un Double Concerto (1989) confondant de naturel—avec en solistes non pas des stars virtuoses mais de véritables musiciens, Mark Kaplan et David Geringas—qu’une «Cinquième Symphonie» (1991), c’est-à-dire l’orchestration par Schönberg—décidément—du Premier Quatuor avec piano, tout sauf anecdotique ou pesante, d’une vigueur stimulante et irrésistible. © 2016 ConcertoNet.com





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