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Album Reviews



 
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Philippe Adelfang
Musique pour tous, June 2017

Le pianiste allemand Florian Uhlig poursuit son projet d’enregistrement des concertos « français » en présentant ce deuxième volume avec des œuvres connues et d’autres beaucoup moins jouées.

L’enregistrement commence avec le concerto de Ravel (1875–1937) en Ré majeur dit” Pour la main gauche”. Si la version est un peu martiale, Uhlig déploie un son époustouflant toujours très rond, et en faisant preuve d’une technique remarquable.

Quel plaisir d’entendre la ballade pour piano et orchestre de Germaine Tailleferre (1892–1983),très peu enregistrée et qui s’enligne dans la tradition française de Debussy, Ravel et D’Indy. Bien qu’elle a des accents modernes, l’œuvre ne perd jamais son repère d’appartenance.

Avec la Fantaisie variée pour piano et orchestre de Nadia Boulanger (1887–1979), on rentre dans un discours plus romantique, disons exotique ou oriental. Des influences de la musique russe sont présentes dans une œuvre tout à fait originale qui mérite d’être plus souvent jouée et enregistrée.

L’enregistrent se fini avec le concerto pour piano et orchestre de Jean Françaix (1912–1997), absolument classique dans sa forme et langage, mais avec des accents de musique disons plus populaires. Comme une petit brise d’air frais, il nous relaxe et nous transporte dans un monde plus enfantin.

Cet enregistrement nous montre comment la musique pour piano et orchestre composée en France après la Première Guerre Mondiale, était très différente de ce qui ce faisait dans d’autres pays, et en Allemagne plus précisément.

Un petit paragraphe pour parler du très jeune orchestre Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserslautern créé seulement en 2007 avec la fusion des orchestres SR et SWR, dont le son et les couleurs orchestrales sont absolument magnifiques. Tâche pas facile, de jouer un répertoire français où le son doit avoir une personnalité indépendante du discours. L’orchestre est guidé brillamment par le chef espagnol Pablo González, qui assure une cohésion remarquable. © 2017 Musique pour tous



Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, April 2017

Florian Uhlig, qui a offert à ce jour l’intégrale du piano de Maurice Ravel la plus complète, poursuit chez le compositeur du Boléro. Après un album regroupant autour du Concerto en sol la Fantaisie de Debussy, le Concerto de Poulenc et le Concertino de Jean Françaix, il marie cette fois le Concerto pour la main gauche avec des opus encore moins courus.

Françaix y reparaît avec son Concerto de 1936, danse tranquille au bord d’un volcan pas si endormi que cela. Son esprit de pur divertissement ricane plus qu’il ne devrait, c’est une partition où le caustique le dispute au délicieux, et Uhlig le musarde en bouts de doigts, s’y amuse et pince l’auditeur au plus impromptu. Que c’est bien fait ! et joué dans et avec l’orchestre dont Pablo González s’amuse en virtuose. Tout le Concerto est un babil subtil dont je ne me lasse pas.

Vraie perle de l’album, la Ballade que Germaine Tailleferre composa à l’orée des années vingt. De la musique « en rêve » qui finira par un prégnant coucher de soleil endormant une fête populaire, mais tout cela composé avec une invention, écrit pour un orchestre atmosphérique admirable qui regarde bien plus vers Ravel que vers ses amis des « Six » ; cette partition si suggestive plaide haut et fort pour une réévaluation de son œuvre. Florian Uhlig devrait nous révéler les deux Concertos pour piano et le Concerto pour deux pianos, saxophone et orchestre.

Autre découverte, tout aussi majeure, la Fantaisie (variée) que Nadia Boulanger achève en 1912, sommet (avec l’opéra sur un livret de D’Annunzio qu’elle composa à quatre mains avec Raoul Pugno, La ville morte) d’un œuvre qui cessera quasiment avec la mort de sa sœur Lili en 1918. La maîtrise de la forme—qui au prélude cite les Variations symphoniques de Franck pour mieux s’en défaire—s’y marie avec une invention poétique sciante qui indique qu’elle avait en grande part le talent de son génie de sœur. Le choix de la voie pédagogique nous aura donc privés d’un tout grand compositeur.

Et ce Concerto pour la main gauche par lequel Florian Uhlig ouvre son disque ? Il le joue dans des teintes de requiem, sans rien de fantasque, grande prière nocturne commencée dix ans après la fin de la Grande guerre. Le propos est inédit, saisissant, ce vaste tombeau si lyrique soudain dit une autre œuvre, tendre, recueillie, lecture assez admirable, inédite comme d’ailleurs les autres œuvres de ce disque qui me semble offrir trois premiers enregistrements mondiaux—à moins que, la Ballade de Tailleferre, j’ai un doute soudain, mais l’éditeur ne souligne rien.

Bravo, et maintenant tout un disque concertant de la magnifique Germaine, please ! © 2017 ARTAMAG’




Jean-Baptiste Baronian
Crescendo (France), March 2017

Tous les mélomanes connaissent le Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel et les circonstances qui ont poussé ce dernier à l’écrire, de 1929 à 1930. Il y va d’un pur chef-d’œuvre, qu’on ne se lasse pas d’écouter, surtout quand il est joué avec un mélange de fougue et d’intériorité, comme c’est le cas ici avec Florian Uhlig, qui enregistre beaucoup et qui a donné dans un précédent disque une forte belle exécution du Concerto en sol, un autre pur chef-d’œuvre de Maurice Ravel. La plupart des mélomanes connaissent sans doute aussi le Concerto pour piano et orchestre de Jean Françaix. Composé en 1936 et divisé en quatre mouvements, il symbolise fort bien l’art de ce compositeur si doué, amoureux des lignes claires, volontiers jovial et entraînant et qu’on ne surprendra jamais en flagrant délit de mauvais goût. Peu d’amateurs, en revanche, doivent connaître la Fantaisie pour piano et orchestre de Nadia Boulanger et la Ballade pour piano et orchestre de Germaine Tailleferre, achevées respectivement en 1912 et en 1922. Ces deux partitions sont remarquables, étonnantes de fraîcheur et d’inventivité, à la fois gracieuses (féminines ?) et énergiques. Et dire que Nadia Boulanger avait à peine vingt-cinq ans quand elle a composé sa Fantaisie, et Germaine Tailleferre, elle, tout juste trente au moment de mettre la dernière main à sa Ballade. Cette jeunesse—cette double jeunesse—Florian Uhlig la restitue sur ce CD tout à l’honneur de la musique française de la première moitié du XXe siècle, qui a été un âge d’or. © 2017 Crescendo (France)





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