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Marc Vignal
Classica, October 2018

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Hugues Mousseau
Diapason, September 2018

Chef de la génération de Karl Böhm, et comme lui natif de Graz, Hans Rosbaud (1895-1962) fut un frère d’armes d’Hermann Scherchen. Même militantisme en faveur de la musique du XXe siècle, même approche incisive, philologique avant l’heure, du répertoire classique, Haydn en tête. Une anthologie, composée d’enregistrements effectués dans le studio du Südwestfunk de Baden-Baden de 1952 à sa mort, se concentre sur ce domaine d’élection.

La Symphonie no 87 constitue l’emblème de ces lectures franches, vertes même, à l’opposé du dramatisme et du pathos de Furtwängler. Rosbaud s’y montre plus proche de la verve directe d’Erich Kleiber, qui l’avait fortement marqué dans les années 1920. Pour autant, le chef autrichien n’offre jamais la pointe de radicalisme (de fanatismen?) de Scherchen dont les Haydn gravés à la même époque pour Westminster frappèrent tant les esprits – certains restent de véritables brûlotsn! –, alors que les présentes bandes avaient pour seule finalité d’être diffusées sur les ondes du Bade-Wurtemberg, ce qui en explique le profil davantage pédagogique. Et Rosbaud devait composer avec un orchestre certes mobilisé – il en était le directeur musical depuis 1948 – mais aux sonorités peu caractérisées. L’intérêt documentaire et historique de l’ensemble est indéniable, le plaisir qu’on prend à l’écouter un peu moins, d’autant que les solistes des concertos – Maurice Gendron excepté – ne sont que d’honnêtes seconds couteaux. La perle du coffret est dans ses margesn: une Symphonie no 45 «nLes Adieux » de 1958, enregistrée en stéréo pour Electrola avec les Berliner Philharmoniker. Interprétation sensiblement plus fouillée, d’une charge poétique plus prononcée, qui nous rappelle que Rosbaud avait signé, en 1956 et 1957, avec les mêmes, d’électrisantes Symphonies no 92 «nOxfordn» et 104 pour DG. © 2018 Diapason



Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, June 2018

BRUCKNER, A.: Symphonies Nos. 2-9 (Southwest German Radio Symphony, Baden-Baden, Rosbaud) SWR19043CD
HAYDN, J.: Symphonies / Concertos (South West German Radio Symphony, Baden-Baden, Rosbaud) SWR19056CD
WEBER, C.M. von / MENDELSSOHN, Felix (Hans Rosbaud, 1955-1962 SWR Tapes) SWR19040CD
WAGNER, R.: Opera Overtures and Preludes (South West German Radio Symphony, Rosbaud) (1955, 1957, 1959) SWR19056C

Ce petit homme sec, qui paraissait si sévère derrière ses lunettes avait mis le feu au Théâtre de l’Archevêché, inaugurant de sa battue vive une vraie révolution dans les opéras de Mozart qui fit la légende du Festival d’Aix-en-Provence : l’histoire est connue, illustrée par le disque, suivi années après années par les micros de la Radio française.

Mais les spectateurs de l’Archevêché se doutaient-ils que cette silhouette fluette était celle d’un des maîtres à penser de la nouvelle génération des chefs-d’orchestre allemands, leur aîné, celui qui inspirera le jeune Michael Gielen, disciple d’Erich Kleiber et donc déjà enclin à la modernité, mieux celui qui obtiendra l’admiration de Pierre Boulez. Incroyable Hans Rosbaud, passé à pied sec au travers des années de guerre, qui signait chez Deutsche Grammophon avec les Berliner Philharmoniker un stupéfiant disque Sibelius, connaissait chaque détail de Moses und Aaron, et créait Anaklasis de Penderecki parmi tant d’autres partitions que lui apportaient les jeunes gens dont il aimait s’entourer.

Pierre Boulez admirait sa direction pratique et son aisance à mémoriser les partitions les plus revêches, et devait certainement s’étonner de l’ampleur de son répertoire qu’il aura engrangé avec constance pour la Radio de la Südwestfunk. C’est justice de voir la SWR lui consacrer, contrant le relatif oubli où son art risquait de sombrer, une édition qui en est déjà à son quatrième volume et que je voulais saluer bien avant, vergogna !

Sous sa direction d’une lisibilité absolue—il savait faire une balance d’orchestre comme aucun autre—tout sonne avec une acuité insensée. Prenez ses Symphonies de Haydn, la précision du dessin, l’exactitude des dynamiques, la mise en place fanatique n’enlèvent rien à l’alacrité du discours, à l’envol des géniales fulgurances qui épicent ces partitions, si bien que le modernisme de l’auteur de La Création vous saisira très certainement.

Ce coffret est imparable, mais l’ensemble Bruckner auquel il ne manque que la Première et les symphonies « Nulte » le sera tout autant : Rosbaud se penchait avant tous sur les versions différentes et herborisait afin de faire entendre le véritable orchestre de Bruckner. Déstabilisant mais salvateur. Il aura été tout aussi loin dans sa réévaluation du corpus mahlérien qu’illustrera probablement un prochain volume de cette édition formidable : écoutes ses Ouvertures de Wagner rendue à l’os, d’une transparence où s’expose leur grammaire visionnaire, où s’explique le modernisme qui valut à Wagner tant de quolibets et d’encens, écoutez surtout les Ouvertures de Weber, pleines de fantaisie dans leur rigueur même, comme pour le Konzerstück où Robert Casadesus ose des rubatos, libre enfin et surtout certain que le chef le suivra, et le Capriccio brillant de Mendelssohn où il accompagne Yvonne Loriod !

Occasion de vérifier qu’il savait entendre ses solistes comme peu, ce que prouve également dans le coffret Haydn un superbe Concerto en ré majeur avec l’infatigable Maria Bergmann (en voilà bien une qui mériterait elle aussi un de ces hommages profus et courageux dont la SWR a le secret, ce fut sa pianiste, elle enregistra d’un goût certain, d’une technique parfaite, des kilomètres de bandes), mais aussi l’autre Concerto ré majeur avec Maurice Gendron, chantant si librement.

Quelle sera la suite de cette malle aux trésors qu’on nous débite par tranche ? En tous cas des ensembles Mozart, Beethoven, Schumann, Brahms, Mahler, un album Seconde Ecole de Vienne, un album français seraient indispensables, et des opéras… même studio. © 2018 ARTAMAG’





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