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Jean-Philippe Grosperrin
Diapason, December 2018

Vocal Music (Baroque) – SENFL, L. / SCHÜTZ, H. / ROSENMÜLLER, J. / BUXTEHUDE, D. (Music before Bach) (Wunderlich) SWR19051CD
Lieder Recital: Wunderlich, Fritz – BEETHOVEN, L. van / BRAHMS, J. / SCHUBERT, F. / SCHUMANN, R. / WOLF, H. / STRAUSS, R. (1955-1965) SWR19064CD
Opera Arias (Tenor): Wunderlich, Fritz – CHERUBINI, L. / GLUCK, C.W. / HANDEL, G.F. / HOLZBAUER, I. / RIGHINI, V. (Mozart Contemporaries) SWR19059CD

Il était Apollon dans l’enregistrement pionnier de l’Orfeo de Monteverdi dirigé par August Wenzinger en 1955, car le ténor débutant chantait alors beaucoup de musique ancienne d’avant Bach. La collection de la Südwestrundfunk dévolue à Fritz Wunderlich poursuit son édition d’archives soigneusement restaurées avec un double album qui va de la Renaissance (chansons de Senfl, extraits du recueil d’Arnt von Aich) au baroque sacré.

Les trois Lamentations de Jérémie de Rosenmüller sont extraordinairement incarnées, la jeunesse de l’interprète respirant le mystère. Ce sens allemand de la piété, à la fois très grave et plein de tendresse, s’entend en particulier dans les pièces en duo avec le ténor Bernhard Michaelis (enrôlé dans l’Orfeo, comme Margot Guilleaume qu’on retrouve ici)e: les extraits de l’Opus 10 de Schütz allient noblesse cavalière et anxiété à fleur de voix, quand le Wo willst Du hin de Krieger déploie une méditation pénétrante sur «el’amitiée» pour le Christ. Si Wunderlich se fond dans le splendide quatuor de Graupner ou dans le Plorabo die ac noctes de Grandi, le charme naïf de ses vingt-quatre ans, sa musicalité toute simple, animent le bouquet de Senfl, contemporain de Hans Sachs.

Une longue ligne se profile ainsi dans l’histoire de la musique allemande, car ce naturel à la fois très physique et délicat, cette éloquence qui touche sans détour, étaient sa vertu dans le lied du siècle. Déjà publié, le live du 16 mai 1965 à Schwetzingen (Dichterliebe plus les Beethoven et Schubert accoutumés) diffère peu du disque DG qui s’ensuivra, sinon qu’on y sent mieux encore un don de communication, tendu entre extraversion lyrique et retrait songeur (ou dépressif). Toujours avec Hubert Giesen, dont les limites gênent moins que dans Schumann, la Müllerin de 1964 n’offre pas la qualité acoustique du studio DG à l’été 1966, mais fait entendre un piano plus articulé et constant. Le chant, sans doute moins détaillé et charnel (la voix est plus mate), gagne je ne sais quoi de plus soucieux – las, nombreuses sont les strophes supprimées (une sur deux dans la Berceuse finalee!).

C’est surtout le premier des trois disques du coffret qui intéressee: Volkslieder de Brahms (1955) évidents, extraits encore timides du Livre italien occultés en 1962 par quelques Mörike de Wolf (Nimmersatte Liebee!) et trois Strauss d’une tenue exemplaire.

L’album consacré aux contemporains de Mozart paraît secondaire en regard, hormis pour les extraits ardents (1962) du Porteur d’eau de Cherubini, longtemps un classique du répertoire germanique – l’intégrale est disponible (Myto ou Archipel). On apprécie certes la noblesse mâle, le grand ton de Wunderlich dans Holzbauer (Günther von Schwarzburg) et Gluck (un air repris d’Antigono), mais les duos avec soprano (l’extrait du Brenno de Reichardt est implacablement convenu) imposent une Elisabeth Verlooy sans grâcee: émission désagréable, expression figée, dommage pour La Molinara de Paisiello. © 2018 Diapason





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