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Jean-Charles Hoffelé
ARTAMAG’, November 2016

28 mai 2016, le public et le jury du Concours Reine Elisabeth couvraient sous des tonnerres d’applaudissements, Lukáš Vondráček, vingt-neuf ans. Il venait de ne faire qu’une bouchée du Troisième Concerto de Rachmaninov. Vous pourrez entendre, en ouverture du coffret documentant l’édition 2016, ce Troisième tout en panache, aussi héroïque que virtuose, qui chante avec une sorte de pureté irrésistible.

Sidérant de simplicité pour la ligne musicale, mais développant une syntaxe pianistique surprenante, d’une variété dans le toucher, dans les accents, dans la conduction des phrasés qui signale d’évidence un artiste singulier. Tout ce que touche le jeune homme s’anime, la virtuosité qu’il possède apparemment de naissance ne l’empêche pas de trouver le ton juste, et une toute autre éloquence dans le 21e de Mozart, avec encore une fois ce ton si particulier, cette manière de jouer différemment une musique si connue, d’y faire entrevoir de nouvelles perspectives.

Aussi formidables que soient certains de ses concurrents lors de cet concours—le 2e de Prokofiev selon Henry Kramer, le 20e de Mozart très tenu d’Alexander Beyer, les Etudes de jeunesse de Prokofiev par Dmitry Shishkin indiquent qu’ils furent redoutables—lorsque Vondráček paraît, la messe est dite.

Au demeurant, ce n’est pas une surprise. A vingt-cinq ans, il avait signé pour le label TwoPianists Records son premier disque qui disait déjà tout de son art. Une fringante et capricieuse Sonate en ut majeur de Haydn (Hob. XVI:50), articulée dans ses moindres recoins, piaffante et fantasque, le montrait pas si loin que cela de Gould. Lorsque je découvrais qu’en sus, il jouait un Bösendorfer, dont le clavier est souvent rétif à l’allégement, je manquais de m’étrangler.

Vraiment, quel pianiste ! De technique mais d’invention d’abord. Magique Sonate, impérieuse et volatile, subtile et péremptoire, Haydn tout entier dans son clavier. Suivaient des Variations Corelli inhabituelles à force de lumière, sculptées, aux polyphonies comme exposées, puis une Septième Sonate de Prokofiev d’une autorité folle, d’un drive hallucinant, tonnante, fulgurante, avec un Precipitato tenu qui laisse la menace monter, inexorable. Mais dans l’Andante, ce blues que si peu savent faire ressortir, languide, fatigué, sensuel pourtant, comme il le fait chanter !

Sacré pianiste, justement couronné. Maintenant il lui faut un vrai éditeur. © 2016 ARTAMAG’





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