Classical Music Home

Welcome to Naxos Records

Email Password  
Not a subscriber yet?  
Keyword Search
 in   
 Classical Music Home > Naxos Album Reviews

Album Reviews



 
See latest reviews of other albums...

Simon Corley
ConcertoNet.com, March 2015

Chez Naxos, l’Orchestre philharmonique royal de Liverpool et Vasily Petrenko (né en 1976), son principal conductor depuis 2006, mettent un point final à leur entreprise, avec ce onzième disque, enregistré en septembre 2013. Tout au long de la Treizième «Babi Yar», le chef russe confirme les qualités qu’il a démontrées dans les précédents volumes de cette intégrale, fermement tenue et ne relâchant jamais la tension. Il peut en outre compter ici sur les forces chorales, très engagées (Chœur du Philharmonique de Liverpool et Société chorale de Huddersfield), et sur la basse russe Alexander Vinogradov (né en 1976), tout aussi convaincant que dans la Quatorzième parue l’an dernier. © 2015 ConcertoNet.com



Philippe Adelfang
Pulsion Audio, December 2014

Si jamais vous n’avez pas encore écouté cette symphonie de Shostakovich, voici une très belle, sinon, la version à tenir en compte.

L’effectif orchestral est impressionnant, basse soliste, chœur de basses, et un grand orchestre avec une percussion abondante. Le texte parle des massacres des Juifs soviétiques par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale, ainsi que d’autres scènes de la vie quotidienne du peuple russe. Le ton est donné,

Shostakovich réalise son «requiem» personnel en utilisant toute la batterie de thèmes et de rythmes qu’il a développés pendant toute sa carrière. On y retrouve non seulement les moments nerveux de ses symphonies dites de guerre, mais aussi des passages d’une méditation existentielle propre à un artiste qui vit sa dernière grande période créatrice. Ou ayant un regard introspectif sur son propre peuple, Shostakovich arrive à se placer au dessus de l’histoire, pour lui donner une de ses plus intenses partitions. En effet ce requiem est pour les hommes, leurs actes et leurs responsabilités. Les seuls tributaires de cette partition sont, comme toujours dans toute tragédie, les innocents.

La vision de Petrenko, est tout à fait époustouflante, il arrive à sublimer le discours, en développant une tension très dynamique, qui nous mène à “sentir” l’angoisse de ces moments si terribles. © 2014 Pulsion Audio



Christophe Huss
Le Devoir, November 2014

Voici un exemple rare et précieux d’une proposition artistique à même de changer votre perception d’une oeuvre. La 13eSymphonie, dite «Babi Yar» (un ravin où eut lieu un atroce massacre de plus de 30 000 Juifs par les nazis), a été vue comme un cri de révolte virulent, un missile lancé par Chostakovitch à la face des autorités soviétiques. La symphonie a donc été majoritairement abordée avec une violence lapidaire (cf. Barshaï, Haitink, Rojdestvenski). Peterenko, caustique et beaucoup plus insidieux, réserve la tension pour des moments qui deviennent encore plus insoutenables. Le changement majeur touche les parties vocales—le soliste Alexander Vinogradov, mélodiste plutôt que vociférateur, et le choeur, qui « constate les dégâts ». Du coup, c’est l’orchestre qui incarne véritablement la tragédie. Vision interprétative lucide, nouvelle, radicale et majeure…permettez-moi de dire « géniale » ! © 2014 Le Devoir




Jean-Luc Caron
ResMusica.com, October 2014

En 1941, plusieurs dizaines de milliers de juifs et de résistants furent exécutés par les SS. Cet endroit terrifiant, un ravin situé près de Kiev en Ukraine, avait pour nom Babi Yar. L’événement effroyable conduisit le poète Evgueni Evtouchenko à faire devoir de mémoire au début des années 1960 tout en provoquant les foudres des autorités soviétiques en partie motivées par des considérations bassement politiques, tant vis-à-vis de la situation sociale derrière le Rideau de fer qu’au niveau international teintée d’anti-américanisme. Ce terrain préalable délicat n’empêcha point Dimitri Chostakovitch de s’emparer du texte (à la fin de l’année 1962), de le parer et de l’enrichir d’une de ses plus remarquables musiques. La portée universelle de cette symphonie devient une évidence à l’écoute doublée de la lecture du texte, auquel le compositeur ajouta d’autres poèmes du même auteur dénonçant ainsi, l’un et l’autre l’antisémitisme et les injustices sociales criantes sévissant en URSS.

Le premier mouvement Adagio, profondément expressif, pétrifiant, fait intervenir une basse profonde et l’orchestre changeant dans une osmose potentialisant le désespoir insondable de la voix et une orchestration à couper le souffle, à vous glacer le sang ! L’Orchestre philharmonique royal de Liverpool, irréprochable, sonne plus russe que russe et la voix d’Alexander Vinogradov mènent aux tréfonds de la misère humaine, de sa destinée tragique, de ses conditions d’existence imméritées et invincibles. Sa diction vigoureuse et digne fait vraiment merveille tant dans l’Adagio initial—un zénith de l’art de Chostakovitch—que dans le second mouvement Humour (Allegretto) avec la critique ironique des dirigeants incapables heureusement de s’en emparer. Inspiré comme rarement, Chostakovitch habille à sa manière si caractéristique la défense des femmes silencieuses faisant la queue dans Au magasin (Adagio). Peur (Largo) et Une carrière (Allegretto) achèvent de dresser le bilan douloureux et pessimiste d’une société soviétique inique.

Toute cette entreprise exceptionnelle doit à l’évidence au travail incomparable du chef russe Vasily Petrenko, impérial d’autorité, impliqué jusque dans ses plus profondes racines, compteur implacable d’une douloureuse histoire de notre—presque—présent. Après la publication de l’enregistrement exceptionnel de la création par Kondrachine en 1962 (Praga) avec une restauration remarquable, la relève interprétative est assurée. © 2014 ResMusica.com





Naxos Records, a member of the Naxos Music Group