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Album Reviews



 
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Vincent Guillemin
ResMusica.com, March 2017

Prolongeant l’intégrale des symphonies de Chostakovitch parue chez Naxos, Vasily Petrenko s’attaque aux concertos avec un album plutôt centré sur le pianiste Boris Giltburg, grand passionné du compositeur russe et déjà connu chez Naxos pour des enregistrements de Rachmaninov et Beethoven. En plus des deux concertos pour piano, il ajoute les transcriptions par lui-même pour son instrument soliste de la valse du Quatuor à cordes n°2 op. 68 ainsi que l’intégralité du Quatuor n°8 op.110.

Il est intéressant de constater au fil des enregistrements et concerts comme le siècle actuel s’est assagi, et l’on parle de plus en plus souvent dans nos articles de douceur et de légèreté, quand un son plein paraît tout de suite « lourd » à certains. Nouvelle preuve après de nombreux exemples dans les parutions de ce début d’année, l’album Chostakovitch de Boris Giltburg surprend tant par la finesse du doigté que par celle de l’accompagnement d’un Vasily Petrenko qu’on a pourtant connu nettement plus dynamique dans certaines symphonies pour le même label, même si l’on remarquait déjà sa propension à ne pas sur-jouer le dramatisme dans ses propositions des Treizième et Quatorzième.

L’Allegro Moderato du Concerto pour piano et trompette n°1 op. 35, débute alors dans une atmosphère particulière, non tendue mais plutôt légère, trop même par rapport à cette œuvre composée quelques temps après Lady Macbeth. La dernière phrase de trompette à la coda du mouvement entraîne vers un très beau Lento, réflexif et réellement magnifique à partir de 6’40’’. Le Moderato d’à peine deux minutes présente un toucher joueur chez Giltburg et un style plus soutenu qu’auparavant, même s’il refuse toujours la pression, tandis que l’Allegro Con Brio final retrouve l’ambiance de départ et n’ose aucune vulgarité, au risque de ne pas vouloir jouer avec l’ironie de la partition, même pour Rhys Owens à la trompette, là ou Kissin au piano dirigé par Spivakov (RCA) apportait sans peur toute sa jeune ferveur.

Court interlude, la valse du Quatuor n°2 trouve presque une couleur française dans cette transcription, à la façon d’une pièce de Debussy dans le caractère dansant et syncopé. Puis retour aux concertos avec cette fois le Deuxième concerto, op. 102 composé en 1957 et dédié à son fils Maxime. Là encore on ne pourra reprocher l’excès de tension au risque de parfois en manquer, mais maintenant et dès l’Allegro l’atmosphère est particulièrement attirante, intéressante, pour conduire à l’un des plus beaux Andante de l’histoire de cette œuvre au disque, déjà superbe à l’introduction avec le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, puis passant au sublime à l’entrée du piano après une minute et demie.

La transcription intégrale du Quatuor n°8 avait déjà convaincu l’an passé en concert à la Salle Gaveau et réitère au CD l’impression de très grande qualité du travail de Boris Giltburg ; si le Largo initial ne passionne pas encore, dès l’Allegro Molto cette partition écrite en deux jours par Chostakovitch à Görisch près de Dresde semble autant l’avoir été pour le piano que pour formation à cordes. La dextérité du soliste ressort tout particulièrement dans l’Allegretto et se développe dans les deux derniers mouvements, sans jamais trop de tension, mais avec tout de même une superbe ambiance assombrie, notamment dans les coups introductifs du deuxième Largo, peut-être juste transcrit un peu trop aigu pour donner l’effet habituellement procuré par tous les instruments du quatuor à cordes sauf le premier violon. La dernière phrase du dernier Largo s’achève sur un pianissimo surprenant, au goût d’inachevé inquiétant. © 2017 ResMusica.com




Julien Hanck
Diapason, February 2017

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Bruno Peeters
Crescendo (France), January 2017

Une fois n’est pas coutume : je voudrais attirer l’attention sur l’excellente notice—en anglais uniquement, hélas—due à Boris Giltburg lui-même. Le pianiste y analyse chaque oeuvre de manière claire et détaillée, explique son travail de transcription, et confesse son affection pour Chostakovitch. Un véritable modèle dont presque tous les labels pourraient prendre exemple. Mais… le critique égale-t-il l’interprète ? Giltburg, né à Moscou en 1984, s’est fait connaître par son premier prix au Concours Reine Elisabeth 2013. Il y est apparu comme un pianiste étonnant, fantasque et original, qui a enthousiasmé autant que déconcerté. Et c’est exactement ainsi qu’il apparaît à l’écoute de ce nouveau CD. Voyons cela de plus près. Les deux premiers mouvements du Premier concerto pour piano, trompette et cordes (1933) se caractérisent par un joli jeu clair et détaché, presque dansant. Piano et trompette (Rhys est premier trompette du Liverpool Philharmonic) jouent en avant, l’orchestre un peu en retrait (prise de son ?). Tout se gâte au final. Ce morceau joyeux et brillant, qui doit se jouer vite et d’une traite, est ici interrompu, à plusieurs reprises, par le pianiste qui casse brusquement le rythme (à 1’07 », ou à 06′ 30 »), ralentissant puis réaccélérant sans motif particulier sauf à désarticuler la ligne. Pourquoi ? « One of the most fun to perform of the entire piano repertoire » : ainsi Giltburg qualifie-t-il le Deuxième concerto pour piano et orchestre (1957). Si l’allegro initial sonne pimpant et bien déluré, l’andante déconcerte par des tempi alanguis à l’extrême : la ligne mélodique s’en trouve brisée et le mouvement devient ennuyeux, un comble pour un mouvement aussi célèbre et aussi aimé. La prise de son étouffée réduit en outre l’orchestre de Vasily Petrenko à un tapis de fond sonore. Comme dans le premier concerto, le final pèche par des sautes d’humeurs rythmiques, sans doute en vue d’établir des contrastes dynamiques, à mon sens bien inutiles. Voilà pour le côté déconcertant de Giltburg; passons au côté original. A ma connaissance, il s’agit ici des premières transcriptions pour piano de quatuors à cordes du Maître. Le pianiste précise qu’il oeuvra avec l’autorisation de la famille. La valse du Deuxième quatuor (1944), fougueuse et virtuose, est conduite vers un climax haletant. Tout autre est le dramatique Huitième quatuor écrit en 1960 par le compositeur bouleversé après une visite à Dresde bombardée. Cette oeuvre capitale a déjà fait l’objet de transcriptions pour cordes. Que dire de celle pour piano ? Elle est étrange, curieuse, passionnante aussi. La fugue du début, ou la citation du Trio op. 67 donnent fort bien au clavier. Le climat violent du premier largo, avec ses gros accords brutaux, puis le climat désolé du second largo, qui rejoint l’ambiance lugubre du début, sont bien rendus : l’écriture pianistique débroussaille, rend moins touffu, et clarifie les lignes. Une belle réussite que cette transcription. « Shostakovitch is a composer I couldn’t live without. I am addicted to the raw, visceral power of his music« , confie encore Boris Giltburg à la fin de sa notice. On le sent bien à l’écoute de ses transcriptions. Un CD intéressant donc, mais certainement pas une première version pour les concertos. © 2017 Crescendo (France)





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