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Album Reviews



 
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Alfred Caron
Avant Scène Opéra, July 2015

L’adaptation de la tragédie de Racine aux schémas de l’opéra séria, dans ce melodramma de 1820, avant-dernier opéra de Mayr créé à La Scala de Milan, se révèle très habile et plutôt réussie. Elle dénote un métier remarquable chez Luigi Romanelli, le librettiste attitré du théâtre. Pas une péripétie ne manque à sa synthèse en deux actes, à part le personnage d’Aricie—seulement évoquée dans l’air d’entrée d’Ippolito—et quelques morceaux de bravoure comme le récit de Théramène, réduit ici à une banale intervention du chœur dans une belle scène de remords de Thésée. Si l’action qui en résulte est un peu précipitée—l’opéra dure à peine deux heures—et le climat psychologique, banalisé, le livret offre au compositeur l’occasion de construire, à côté d’airs un peu plus conventionnels, de belles scènes et des morceaux d’ensemble où s’exprime un authentique génie dramatique. Au meilleur de son inspiration—le duo de l’aveu de Phèdre, le magnifique quatuor qui ouvre le finale du Ier acte (dont la Tempête et les échanges des solistes et du chœur rappellent la fin du IIe acte d’Idoménée), ou encore la grande scène de la mort de Phèdre -, la musique de Mayr évoque souvent le Rossini séria napolitain dont cet opéra est l’exact contemporain, n’était l’usage du recitativo secco et de tournures mélodiques qui lui sont propres.

La vocalité des personnages nous renvoie aux mêmes codes, un soprano dramatique très central pour le rôle-titre, un baryténor pour Teseo et un mezzo colorature pour Ippolito. Les chanteurs réunis pour cette recréation par l’opéra de Braunschweig y laissent quelques plumes, à l’exception du soprano léger de Rebecca Nelsen, éblouissante de virtuosité. Capucine Chiaudani, avec sa belle voix centrale, donne beaucoup de relief au rôle-titre mais elle est souvent taxée par une écriture tendue dont son articulation paraît souffrir et arrive au bout de sa scène finale en ayant épuisé toutes ressources. De même, le Teseo de Tomasz Zagorski, à la belle voix claire de mozartien, laisse entendre toute la difficulté des écarts de registre de son air d’entrée et de certains aigus ; mais il s’impose par son autorité et une appréciable musicalité. Tous deux compensent largement leurs limites par un engagement remarquable qui emporte toute réserve et contribue à révéler la force d’une œuvre de grande originalité. Malgré quelques faiblesses du côté des chœurs et des seconds plans limités—le Teramene de Dae-Bum Lee, bonne basse certes mais émission bizarre, ou l’Atide (Oenone) de Hyo-Jin Shin dont les récitatifs demanderaient un peu plus d’engagement -, la tension ne faiblit jamais dans cette version enregistrée sur le vif et dirigée avec une conviction et un sentiment d’urgence très prenants par Gerd Schaller à la tête d’un excellent orchestre. © 2015 Avant-Scène Opéra




Jacques Bonnaure
Opéra (France), April 2015

Fedra, «melodramma serio» en deux actes, voit le jour à la Scala de Milan, daté 26 decembre 1820, avec Teresa Belloc-Giorgi dans le rôle-titre. De la tragédie de Racine, le livret retient essentiellement l’amour coupable de Phèdre pour Hippolyte. Le personnage d’Aricie est supprimé, ce qui déséquilibre l’action au profit de la prima donna, désormais sans rivale. Ou presque, car Ippolito est confié à une soprano au timbre plus léger que celui de sa belle-mère ! Le récit, qui ramène à deux les cinq actes reciniens, ne recule pas devant les effets spéciaux, notamment une tempête avant le grand finale du premier acte, la dramaturgie, conforme aux canons de l’opéra préromantique italien, s’avérant assez proche de celle des «opere serie» de Rossini à la même époque. L’héritage allemand est nettement perceptible dans la musique, et l’ouvrage se termine sur une mort de Fedra préfigurant les scènes finales d’Anna Bolena et des Troyens. L’enregistrement qui nous parvient, en première mondiale, a été réalisé au cours de représentations données au Staatstheater de Brunswick, en 2008. Capucine Chiaudani incarne Fedra avec une réelle présence tragique et beaucoup d’audace dans les vocalises. Son chant manque malheureusement de nuances, avec une émission un peu désordonnée et un vibrato trop prononcé, handicaps dont elle réussit à tirer parti dans la redoutable scène finale. Rebecca Nelsen (Ippolito), soprano lyrique léger du format de Despina, est plus élégante. Tomasz Zagorski, ténor rossinien brillant et agile, au registre grave bien assis, est à sa place en Teseo. Avec des comprimari très dignes et un orchestre fort bien mené par Gerd Schaller, on tient là une version qui, pour n’être pas parfaite, permet au moins de mesurer l’importance de Mayr dans l’histoire de l’opéra italien. © 2015 Opéra (France)





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